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Politique

Islamophobie ordinaire

Une proviseure appelle la police pour l’impression d’un document en arabe

Ce lundi matin, la police est intervenue dans un lycée suite à l'appel de la proviseure après qu'un élève ait photocopié un texte en arabe. Un fait divers symptomatique du climat de suspicion qui règne et qui découle de l'offensive islamophobe menée par le gouvernement.

jeudi 5 novembre

Crédits photo : Radio France - Marc Bertrand

La police est intervenue lundi dernier, en plein hommage à Samuel Paty, dans un lycée du Mans qui compte environ 2000 élèves. La cause de l’appel ? Un élève aurait été aperçu au CDI en train d’imprimer une feuille portant une inscription en arabe rapporte France Bleu La proviseure a déclenché le « protocole de sécurité » et a appelé la police et l’élève en question a tout de suite reconnu être l’auteur de la photocopie. Cependant, la proviseure et le policiers ne parlant pas arabe, ils ont donc fait appel à des « spécialistes » pour avoir une traduction de l’inscription. Après la vérification experte de ces « spécialistes », il en est conclu que la phrase n’avait « rien de polémique » et « ne pouvait aucunement prêter à interprétation ».

La proviseure a refusé de révéler ce que signifiait exactement cette mystérieuse phrase pour laquelle elle a déclenché un protocole de sécurité. Dans un mail envoyé à l’équipe pédagogique de l’établissement, elle a refusé d’en dire davantage. Comme le précise France Bleu : « Elle ne donne aucune précision non plus dans une adresse aux parents d’élèves postée mardi soir sur le site du lycée » mais « réaffirme en revanche, comme pour se justifier, que le document “pouvait sembler suspect” ».

Au-delà du ridicule de ce fait divers, cette histoire est symptomatique du climat islamophobe, marqué notamment par la dissolution anti-démocratique d’associations musulmanes. Comme l’affirmait le NPA dans un communiqué récent, l’islamophobie ordinaire est banalisée et encouragée par la politique du gouvernement : « Les thèses des extrêmes droites sont ainsi banalisées et légitimées, et l’on n’est dès lors guère surpris que de plus en plus d’individus se sentent autorisés à injurier et menacer publiquement, voire à passer à l’acte. Les musulmans, particulièrement les musulmanes, sont de loin les premierEs viséEs, et les autorités, plutôt que de condamner ces agressions, préfèrent s’en prendre au CCIF dont le rôle est précisément de venir en aide aux victimes de l’islamophobie. » Avec l’instrumentalisation du meurtre de Samuel Paty et l’offensive sécuritaire et raciste, le gouvernement a cherché à enfoncer le clou de la peur irrationnelle et la méfiance au sein de la population, ce qui conduit soit à des affaires aberrantes comme celle-ci, soit dans le pire des cas à des agressions comme celle des jeunes femmes poignardées à la Tour Eiffel.




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