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Une rentrée scolaire chaotique : on veut des masques gratuits, des tests massifs et des embauches !

Ce 1er septembre, plus de 5 millions d'écoliers, lycéens et collégiens ont repris le chemin de l'école. Une rentrée scolaire sous tension qui, malgré les discours optimistes de Blanquer, a été chaotique.

mardi 1er septembre

Crédits photos :FREDERICK FLORIN / AFP

Depuis plusieurs jours Jean-Michel Blanquer est au four et au moulin affirmant être « préparé à tout ». Pourtant, cette rentrée scolaire, version 2020, n’a pas manqué d’alimenter les inquiétudes, et ce alors que l’épidémie de Covid19 sévit toujours.

Dès le matin, le ministre de l’Education Nationale s’est vu contredit par la réalité, comme le souligne Libération. Ainsi, alors que Blanquer expliquait que ce 1er septembre, toutes les écoles, lycées et collèges étaient ouvertes, une école maternelle des Hauts de Seine était bel et bien fermée, tout comme un collège privé bordelais, qui a annoncé il y a deux jours une fermeture d’une semaine. Entres autres.

Mais c’est surtout la colère des enseignants qui transparait lors de cette rentrée scolaire. En effet, la gestion catastrophique de la crise sanitaire combinée à la casse de l’enseignement public amène à des situations intenables, notamment dues à la surcharge des classes.

Dans ce cadre, et alors que nombre de médias dominants insistent sur la nécessité, pour Blanquer, de « reconquérir » les enseignants, de premiers phénomènes de grèves, certes isolés, ont été d’ores et déjà recensés dans divers établissement de l’hexagone, notamment dans les écoles élémentaires Anatole France A et B à Gennevilliers qui reconduiront jeudi et revendiquent l’ouverture de nouvelles classes. Une dynamique qui pourrait aller en s’accélérant dans les prochains jours et les prochaines semaines. Ainsi, un enseignant du 93 que nous avons interviewé sur Révolution Permanente ce 1er septembre, trouve « particulièrement inquiétant le fait que la principale préoccupation de notre ministre soit actuellement de ne surtout pas fermer les établissements qui seraient confrontés à des cas de contamination avérés à la COVID 19, alors qu’il faudrait tout faire pour stopper la diffusion du virus afin d’éviter des morts inutiles ou des séquelles graves chez les personnes contaminées. Il ne fait aucun doute pour beaucoup d’entre nous que si le gouvernement poursuit dans la même voie au plan scolaire et sanitaire, il faudra passer à la vitesse supérieure et ne pas hésiter à recourir à l’outil classique qu’est la grève, et ce dans l’intérêt de toutes et tous ».

Protocoles sanitaires insuffisants, manque de moyens humains et matériels pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions sanitaires, les raisons de la colère des enseignants ne manquent pas. En ce sens, il est tout à fait indispensable d’exiger tout autant la gratuité des masques que des campagnes de tests massifs, pour éviter que la rentrée scolaire ne transforme les établissements en clusters potentiels. Mais il est tout aussi clair que, pour accueillir les élèves dans de bonne conditions, une embauche massive d’enseignant et de personnels est absolument nécessaire.

La gestion gouvernementale, comme depuis le début de la crise, est plus qu’en deçà des nécessités imposées par la situation, et répond plus à des impératifs économiques, alors que la reprise de l’école sert avant tout à permettre aux parents de retourner travailler. A ce titre, il est urgent et vital de reprendre nos affaires en main, et que des comités d’enseignants, de parents d’élèves, de personnels et d’élèves, indépendants des directions d’établissements et de l’Etat, émergent dans la situation pour proposer une alternative à la gestion capitaliste de la rentrée scolaire et de ses suites. Il s’agit là d’une nécessité, tant les plans et protocoles de l’Etat mettent en dangers la santé des enseignants, des personnels, des enfants et de leurs parents.




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