^

Débats

Contre l'offensive réactionnaire et raciste

Unef, Comité Adama, Sans-Papiers : y a-t-il encore besoin de faire un dessin ?

Nous relayons cet article de la Marche des solidarités qui répond aux attaques de la droite et de l'extrême-droite contre la manifestation qui a eu lieu samedi 20 mars à l'initiative du Réseau d'Entraide Vérité & Justice et à laquelle appelait notamment la Marche des Solidarités.

mercredi 24 mars

Photo : Révolution Permanente

Nous relayons en tribune libre cet article de la Marche des Solidarités initialement paru sur le blog Mediapart

La réalité c’est que nous n’étions « que » 5000 à manifester à Paris samedi contre le racisme et les violences policières. C’est aussi cela qui laisse les coudées franches pour des offensives qui nous visent toutes et tous. Parce que les choses deviennent claires non ? Et sales.

La veille de la manifestation Le Figaro faisait plusieurs pages contre l’Unef en demandant sa dissolution pour organisation de réunions « non-mixtes » de raciséEs. Puis, lundi, le quotidien demande la même chose pour le Comité Adama suite à une intervention dans la manifestation « invité par la Marche de Solidarités ». L’inénarrable Valeurs Actuelles a renchéri : « La Marche des Solidarités, soutenue par Médiapart, a laissé place de nouveau à des discours de haine envers les autorités, samedi 20 mars. Organisée pour « stopper l’impunité policière, régulariser les sans-papiers, contre l’islamophobie, le racisme et le fascisme », elle avait invité le comité Adama. »

Rappelons au Figaro et à Valeurs Actuelles que le Comité Adama n’était pas « invité » à cette manifestation mais, aux côtés des autres comités de familles victimes des violences policières, de la Marche des Solidarités et des Collectifs de Sans-Papiers, il faisait partie des organisateurs de cette manifestation.

Et cela avait un sens, qui a sans doute « échappé » à tous les autres médias qui ont passé sous silence – encore une fois - la présence des Collectifs de Sans-Papiers – et leurs revendications d’égalité et de régularisation pour touTEs – comme celles de la Marche des Solidarités, contre le racisme, le fascisme et l’islamophobie.

Cela avait un sens car, en ce qui concerne les violences policières, comme en ce qui concerne l’islamophobie ou les politiques anti-migratoires, le racisme systémique est structurant, sert de légitimation et, en gagnant en audience, ouvre grand les attaques contre toutes et tous.

Il y a un an, pour le 21 mars, l’appel de la Marche des Solidarités (voir ci-dessous) reprenait la logique de la citation célèbre du pasteur Niemöller en 1946 : « Quand ils sont venus chercher les juifs je n’ai rien dit. Je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes je n’ai rien dit. Je n’étais pas syndicaliste. (…) Quand ils sont venus me chercher il n’y avait plus personne pour me défendre. »

Hier ce pouvoir fermait des mosquées et interdisait des associations musulmanes. Il n’y a pas eu de mobilisations d’ampleur pour s’opposer à cette attaque. Puis les ministres du gouvernement se sont attaqués au milieu universitaire. Désormais ce sont l’Unef et le Comité Adama qui sont menacés. A St Denis des syndicalistes enseignants sont menacés de sanctions pour avoir laissé des lycéennes avec un foulard dans le lycée.

Pendant ce temps on nous présente comme symbole de vitalité démocratique un débat télévisé entre Darmanin et Le Pen qui font la course à l’échalotte sur qui sera le plus raciste et sécuritaire ! La liberté d’expression n’existe semble-t-il que quand il s’agit d’humilier et de stigmatiser les musulmanEs et les Sans-Papiers.

Notre camarade du Comité Adama est attaqué pour avoir dit que la majorité des policiers sont racistes ? Qui peut contester cela quand des études ont montré que les policiers votent à plus de 50% pour le Rassemblement national ? Comment imaginer que la police dont la fonction – de violence et de répression – est d’imposer un ordre de plus en plus inégalitaire et raciste pourrait – au-delà des individus qui la composent - ne pas l’être ? Interrogé sur le contenu des discussions lors d’un déjeuner avec Darmanin, Brice Hortefeux a répondu aux journalistes : « De quoi discutent un ministre et un ex-ministre de l’intérieur ? En entrée c’est délinquance dans les quartiers, en plat de résistance c’est immigration et en dessert élections ».

Nous étions plusieurs milliers dans les rues de Paris ce samedi 20 mars dont un imposant cortège de collectifs de Sans-Papiers. Et des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes. Nous rappelons que ces derniers mois les Sans-Papiers ont été à l’avant-garde des luttes, organisant les plus grosses manifestations depuis un an, malgré la crise sanitaire, celle du 30 mai, celles du 20 juin dans toute la France, celle du 17 octobre à Paris arrivée de marches qui ont traversé toute la France, celles du 18 décembre, malgré le couvre-feu. Tout cela dans un silence politique et médiatique quasi-total.

Malgré cela, malgré le dégueuloir raciste et sécuritaire venant des plus hautes sphères du pouvoir squattant les plateaux télé, nous relevons qu’un sondage paru ce week-end indique que 60% des sondéEs sont favorables à la régularisation des travailleurs sans-papiers.

Un vieux slogan disait « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ». En ces temps de pandémie ça devrait percuter, non ? Le terreau premier du fascisme qui vient c’est le racisme.

Notre solidarité est totale, sans mais, envers l’Unef et envers le Comité Adama comme envers les associations musulmanes attaquées. Cela devrait être une évidence, une exigence et se traduire en actes de la part de tout le mouvement social.

Les débats au sein du mouvement sur nos stratégies de luttes communes n’en seront pas affaiblis. C’est notre conception, sans concession, de la vitalité démocratique.

A l’encontre de celles et ceux qui légitiment le racisme et le fascisme tout en invoquant la démocratie.




Mots-clés

Racisme d’État   /    Répression policière   /    Anti-racisme   /    Comité Vérité et Justice   /    Comité Vérité pour Adama   /    UNEF   /    Racisme   /    Répression   /    Débats