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Jeunesse

Un appui pour les luttes à venir

Université Bordeaux Montaigne. Le Poing Levé devient la 1ère force politique de la fac avec 33% des voix

Avec près de 400 voix récoltées lors des élections pour les conseils centraux à l'Université Bordeaux Montaigne, Le Poing Levé s'impose désormais comme la première force politique à gauche de l'université. Une réussite qui doit être un point d'appui pour les luttes à venir.

lundi 18 avril

Les résultat officiels viennent de tomber, et ils marquent un franc succès de la liste le Poing Levé pour sa deuxième campagne électorale. Avec près de 400 voix obtenues lors des élections étudiantes au Conseil d’Administration (CA) et à la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU), Le Poing Levé, collectif étudiant anticapitaliste et révolutionnaire animé par des militants de Révolution Permanente, devient la deuxième organisation étudiante à l’Université Bordeaux Montaigne, et la première force politique ouvertement engagée. 

Recueillant 33% des suffrages exprimés, la liste de l’organisation d’extrême-gauche obtient ainsi deux sièges au CA et 5 à la CFVU, devenant ainsi la deuxième organisation du campus derrière la liste EBM (Etudiants Bordeaux Montaigne) qui obtient 3 élus sur 6 au CA, et 9 sur 16 à la CFVU. Une place donc considérable pour la liste Le Poing Levé qui s’impose comme la force politique de gauche incontournable sur l’université bordelaise.

Pour comprendre ces résultats, il faut d’abord prendre en compte la faible participation de 7% - en recul de cinq points par rapport à 2020 - qui témoigne de la non-attractivité habituelle de ces élections, de par son caractère anti-démocratique (le poids des élus étudiants étant très faible). Cela a très certainement été renforcé par la crise sanitaire et la fermeture des facs. De plus, ces élections se sont déroulées lors de la dernière semaine de cours avant les examens, et en plein entre deux tours présidentiel. Autant de facteurs participant au désintérêt des étudiants pour cet évènement politique.

Les résultats expriment néanmoins des dynamiques politiques que nous tenterons de décrire dans cet article. Il faut tout d’abord noter que la liste se revendiquant historiquement « apolitique », EBM (Etudiant Bordeaux Montaigne), et largement majoritaire ces dernières années, enregistre un net recul. Si en 2020 cette liste avait largement remporté les élections avec 60% des suffrages, cette année elle passe en dessous de la majorité absolue avec environ 42% des suffrages recueillis. Elle a pourtant été rejointe cette fois par l’UNEF, ainsi que la FSE qui était déjà présente à ses côtés en 2019. Finalement, cette alliance pourtant composée des forces qui font traditionnellement les meilleurs résultats (syndicats étudiants classique et regroupement d’association de filière), n’a pas amélioré ses résultats.

Au contraire, une liste marquée explicitement à gauche comme celle du Poing Levé double son nombre de voix par rapport aux dernières élections et recueille près de 33% des suffrages. Ainsi, elle fait concéder 3 sièges à la liste EBM (1 au CA et 2 à la CFVU) pour un total de 7 élus dans les conseils centraux. La liste inter-assos quant à elle n’obtient seulement qu’un siège au CA.

Dans le même temps, la liste réactionnaire de l’UNI enregistre une importante défaite en n’obtenant, encore une fois, aucun siège au Conseil d’Administration. Intitulée - non sans ironie - « contre l’extrême-gauche », l’échec de leur liste marque le refus majoritaire des idées d’extrême-droite dans cette Université. Il faut cependant souligner que l’UNI maintient son nombre de voix par rapport à l’élection de 2020 (87 voix en 2020 et 104 en 2022) qui leur permet d’obtenir deux sièges à la CFVU, à laquelle il se présente pour la première fois et où il est plus facile d’obtenir des places.

Concernant la liste Le Poing Levé, les 7 sièges acquis dans les conseils centraux de l’université pour une organisation anticapitaliste et révolutionnaire doivent servir de point d’appui pour la défense de nos droits. En effet, le rapport de force dans ces instances n’est pas suffisant, il est nécessaire d’étendre la lutte politique dans les Assemblées Générales et dans la rue si nous voulons réellement prétendre arracher des victoires face aux politiques anti-sociales à venir, mais aussi pour lutter contre l’extrême droite.

Finalement, les résultats des élections apparaissent à l’université comme une caisse de résonance de certaines tendances politiques qui traversent la société et la dynamique de la période actuelle. D’un côté, le refus d’une partie de la jeunesse des politiques gouvernementales et du quinquennat réactionnaire à venir que le second tour impose, comme le montre le très bon score de la liste Le Poing Levé dont le mot d’ordre principal était « Ni Le Pen, Ni Macron ». D’un autre côté, malgré le climat sécuritaire, islamophobe et réactionnaire impulsé par le gouvernement et l’extrême droite, l’UNI stagne à l’université, ce qui reste un acquis pour la jeunesse politisée et votant à ces élections. 

Le Poing Levé, 1ère force politique à gauche de l’UBM : un appui pour construire la résistance face au quinquennat réactionnaire à venir

Ces élections ont été le moyen de faire entendre une voix de la jeunesse qui revendique : "Ni Macron, Ni Le Pen, Ni Peste Ni Choléra !". Cette radicalité, qui s’est exprimée d’une certaine manière dans le vote Le Poing Levé, trouve un écho particulier avec le refus d’une partie de la jeunesse en refus de ce second tour. Il n’est pas anodin que ce soit une partie de la jeunesse qui ait, en premier, exprimé spontanément le rejet du choix mortifère entre Le Pen et Macron en occupant et bloquant leurs lieux d’études comme à la Sorbonne ou Sciences Po Paris.

D’autant plus que la répression immédiate de la part du gouvernement qui a envoyé ses CRS à la Sorbonne démontre son inquiétude face au souvenir du potentiel explosif de la jeunesse lorsqu’elle se met en mouvement. Encore plus après un mandat Macron traversé par le mouvement des Gilets Jaunes, de la grève contre la réforme des retraites jusqu’au mouvement contre le racisme et les violences policières. Ces dernières années, la jeunesse s’est impliquée dans les luttes qui défendent un autre avenir, tant sur le plan climatique à l’heure où le rapport du GIEC sonne l’alarme que dans les mobilisations contre les violences sexistes et sexuelles pour une société débarrassée du patriarcat.

La combativité exprimée par la jeunesse parisienne au lendemain du coup de massue du premier tour nous montre la voie d’une mobilisation indépendante du régime, qui ne place aucun espoir dans le résultat des élections présidentielles et ne veut pas du moindre mal ! Nous devons montrer à la jeunesse parisienne que nous les avons entendus et que nous organiserons cette colère partout en France, notamment dans nos facs, avant que le gouvernement ne tue dans l’œuf la mobilisation.

Nous appelons donc les 400 étudiant•e•s qui ont voté pour la liste Le Poing Levé, ainsi que l’ensemble de la jeunesse bordelaise révoltée face aux perspectives que nous promettent le second tour, les enseignants et le personnel de l’université, mais également les organisations de gauche présentes dans les facs, de s’atteler à la construction de la mobilisation et de cadres démocratiques d’organisation pour préparer la résistance au prochain gouvernement.

Dans ce sens, suite à la campagne "contre Macron et Le Pen" qu’a mené la liste Le Poing Levé et au vu du succès qu’elle a rencontré, nous souhaitons être à l’initiative d’une Assemblée générale des Universités de Bordeaux mardi 19 avril, à 12h30, sur le parvis de l’Université Bordeaux Montaigne. Au moment où la jeunesse parisienne se mobilise pour un autre monde que celui de Macron et Le Pen, la jeunesse bordelaise se doit de donner une réponse : les braises sont encore chaudes, construisons dès maintenant le bloc de résistance nécessaire pour notre avenir !



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