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Jeunesse

Université Occupée de Bordeaux. Gonzalo revient sur la situation au Chili

De retour à Bordeaux, à l'Université occupée de Victoire, on a interviewé Gonzalo, militant à Révolution Permanente et étudiant français qui suit un échange international au Chili, prenant activement part à la mobilisation historique des travailleurs chiliens au sein du Parti des Travailleurs Révolutionnaires du Chili.

mercredi 25 décembre 2019

[Révolution Permanente] : Est-ce que tu peux te présenter, et raconter quelle est ton expérience au Chili ?

[Gonzalo] : Je m’appelle Gonzalo, je suis un étudiant français qui suit un échange international au Chili. Depuis le 18 octobre j’assiste et participe à une mobilisation historique de la classe ouvrière chilienne qui se soulève contre le néo libéralisme et contre l’impérialisme occidental qui pille leurs ressources et précarise la population par la privatisation de tous les services publics de la société, tel que la santé, l’éducation et les retraites. J’ai pu observer un mouvement étudiant d’avant-garde avec des éléments révolutionnaires qui ont permis de créer une mobilisation comme le pays n’en n’avait jamais vu. Ce mouvement étudiant qui s’organise à travers des cellules d’auto-organisation et d’inter-organisation avec les secteurs privés et publics des travailleurs et travailleuse en occupant leur lieu d’études, a réussi à instaurer un réel rapport de force avec le gouvernement qui depuis plus de deux mois aujourd’hui n’a pas réussi à se sortir de la situation prérévolutionnaire qui s’est ouverte suite à une réforme des retraites et à des mesures d’autorités imposée par le FMI et par l’impérialisme occidental.

[RP] : Tu es de retour en France pour les fêtes, que peux-tu nous dire du mouvement contre la réforme des retraites ?

[G] : Étant de retour en France pour les fêtes de fin d’année, j’ai pu observer les secteurs en lutte qui se sont ouvert lors de la grève reconductible à partir du 5 décembre. J’ai pu me rendre à l’université de Bordeaux, Campus Victoire Segalen, unique université occupée de France dans la perspective de faire de ce lieu un qg de la lutte pour se coordonner avec les travailleurs et travailleuses des différents secteurs pour construire un plan de bataille vers la victoire qui fasse trembler le gouvernement.

Cette occupation lancée, organisée et menée par les étudiant.e.s du site de la faculté de sciences humaines, tient depuis le 4 décembre grâce à l’auto organisation estudiantine et au travers d’une réelle vie politique et culturelle qui se développe chaque jour dans l’enceinte de ses murs.Tous les jours sont organisées, au-delà des assemblées générales de lutte, des conférences, concerts, meetings, projections, ... que l’on peut suivre grâce à un programme élaboré par tous et toutes. L’occupation ressemble à une fourmilière, il y a énormément d’activités qui continuent à se maintenir malgré les fêtes, un noël est organisé pour le 25 au soir à la fac. Il y a un coin bibliothèque avec des livres qui ont été offerts ou prêtés, des ateliers lecture ou encore des projections de film, les amphithéâtres ont même été renommés avec les noms de femmes révolutionnaires, comme Louise Michel pour l’amphi anciennement Pitres ou Rosa Luxembourg pour précédemment Gintrac.

J’ai d’ailleurs pu des mon arrivée, animer une conférence, organisée par les militants de Révolution Permanente sur la mobilisation chilienne et l’internationalisme ainsi que tourner une vidéo de soutien pour le peuple chilien.

Dans ce sens, jeudi 26 décembre, aura lieu la projection d’un film, « La bataille du Chili  » dans un des amphithéâtres de l’université occupée, qui relate jour après jour le processus d’élection du président socialiste Salvador Allende ainsi que les trois premières années de son mandat avant que le coup d’état du 11 septembre 1973 n’éclate. Le réalisateur, Patricio Guzman disait à propos du film : « c’est la preuve cinématographique, jour après jour, de l’agonie d’une expérience révolutionnaire qui touche le monde entier parce qu’elle se présente comme une expérience pacifique du passage au socialisme ».

L’événement facebook de la projection à l’université occupée ici




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