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Jeunesse

Scandale anti-démocratique

Université de Bordeaux. La Présidence attaque la liberté d’expression des étudiants et associations

En ce début d’année universitaire, la Présidence de l’Université de Bordeaux Victoire limite les activités associatives et la liberté d’expression au sein de la faculté en imposant un préavis pour la moindre activité et en allant jusqu’à vouloir contrôler et valider ou non le contenu des tracts. Une situation inadmissible pour toutes les associations étudiantes qu'il faut combattre pour exiger des droits démocratiques élémentaires !

mercredi 8 septembre

Après avoir passé une année de crise sanitaire loin des campus et des facultés, les associations ont la vie dure à l’Université de Bordeaux Victoire puisque la présidence impose d’emblée des mesures anti-démocratiques limitant grandement les activités et la possibilité d’être en contact avec les étudiants. Par exemple, notre collectif Le Poing Levé (anciennement Onzième Thèse) qui existe sur la faculté depuis plus de trois ans n’est toujours pas domicilié administrativement et ne possède pas de local. Et cela alors même que plusieurs locaux associatifs sont vides, tout à fait en mesure d’être utilisés, et que nous avons une activité sur le campus. Mais au-delà de notre collectif, ce sont au moins cinq autres associations qui sont concernées par cette situation insupportable, sur la faculté de Bordeaux Victoire.

Mais depuis la rentrée, la présidence de l’Université durcit le ton en exigeant d’appliquer strictement les règles de base, déjà en vigueur les années précédentes, rendant l’activité associative d’autant plus difficile voire impossible.

Si les années précédentes les associations avaient pu bénéficier de plus de souplesse dans l’organisation d’activités et projets grâce au travail du Bureau de Vie Étudiante, cette année, l’application des règles strictes émanant de la direction présente de sérieux problèmes anti-démocratiques, et mettent en danger notre liberté d’expression.

En effet, l’administration de la faculté de Victoire demande un préavis de dix jours pour réserver un amphithéâtre ou encore seulement poser une table à l’intérieur de la faculté Sciences de l’Homme. Aussi, il est désormais nécessaire de “réserver” avec un préavis de cinq jours pour pouvoir pouvoir coller des affiches ou tracter. Mais le plus scandaleux c’est que la présidence veut avoir un contrôle total sur le contenu des tracts ! Celle-ci exige que l’administration les regarde et doit les valider pour avoir le droit de les distribuer !

Ces mesures handicapent lourdement les associations pour développer leur contenu et activités en toute liberté. Ce n’est pas seulement un droit de regard que la direction de l’Université s’octroie mais surtout la possibilité de pouvoir accepter ou refuser à sa guise les projets d’associations.

Ce sont des mesures anti-démocratiques inadmissibles et qui témoignent du tournant répressif de la présidence dans sa politique d’application des règles strictes, envers les activités qui ne lui conviennent pas, dont notamment les activités politiques.

Si c’est l’argument de la neutralité qui est mis en avant pour bloquer des activités, la Présidence n’est non seulement pas à son coup d’essai, mais loin de garantir une soi disante neutralité. Bien au contraire, elle a été jusqu’à faire appel aux CRS pour réprimer violemment des étudiants qui occupaient un amphithéâtre dans le cadre de la lutte contre la loi ORE du gouvernement ainsi que pour contrôler les étudiants. Une répression qui s’était incarnée à coups d’insultes tel que « vieux singe », « sale pute », « bande de PD » mais aussi de violents coups de matraques, blessant violemment certains étudiants.

Loin de la pseudo neutralité dont la direction de l’Université se pare, le Président Manuel Tunon de Lara a grandement participé à l’élaboration pour le compte du gouvernement de la loi LPR (Loi de programmation de la recherche) qui précarise les travailleurs de l’Université tout en criminalisant l’organisation et la mobilisation des étudiants. Ce sont alors toutes les mobilisations, les assemblées générales et les occupations que cette loi vient mettre à mal. Encore plus en tant que nouveau président de la « Conférence des Présidents d’Universités » (CPU), le président de l’UB se pose de fait en tant que relais principal de la politique de Frédérique Vidal et son gouvernement.

Encore plus, ces attaques s’inscrivent dans un climat d’escalade sécuritaire de la part du gouvernement, qui touche également les Universités et les droits démocratiques des étudiants et des organisations étudiantes. Dans la logique de l’amendement UNEF qui permet de dissoudre des organisations qui font des réunions en non-mixité, une attaque sans précédent, ces offensives tentent de museler la jeunesse et plus largement les organisations contestataires. Dans un contexte de crise, d’attaques successives aux libertés, aux droits démocratiques mais aussi aux services publics, où les jeunes ont mille raisons de se battre, ces attaques sont les premières marches pour les discipliner au sein des Universités.

Pour ces raisons, il est essentiel de ne pas rester passifs, et au contraire nous unir pour exiger la levée des restrictions mais aussi plus largement exiger des droits démocratiques et des libertés d’activité pour les étudiants et organisations à l’Université. Il faut se battre pour garantir et arracher ces acquis dans les facs pour le mouvement étudiant, et faire des démonstrations pour montrer la force et la capacité des organisations étudiantes à ne pas se laisser intimider.

Pour toutes ces raisons nous appelons alors l’ensemble des syndicats, associations et toutes organisations de l’Université de Bordeaux, des étudiants, des BIATSS et des enseignants ainsi que leurs collectifs à refuser les restrictions imposées par la direction et de s’organiser pour garantir ces droits démocratiques à la faculté !




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