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Jeunesse

Précarité étudiante

Université de Bordeaux. Malgré la précarité, la direction refuse la mise en place d’une épicerie solidaire

Alors que la précarité s’est profondément aggravée depuis le début de la crise sanitaire, l’université de Bordeaux répond par la négative aux étudiants du Comité de lutte contre la précarité étudiante qui souhaitent auto-organiser une épicerie solidaire sur le campus Victoire, dans le centre-ville de Bordeaux. Un rassemblement pour s'opposer à ce refus inacceptable est appelé vendredi à 13h devant l’université et imposer l’épicerie solidaire qui sera effective dès ce vendredi.

mercredi 10 mars

Photo : distribution alimentaire - repas solidaire du 9 mars

Il est maintenant impossible de le nier, la crise sanitaire a plongé la jeunesse dans une situation alarmante tant sur le plan psychologique que matériel. La perte des petits jobs souvent vitaux pour les étudiants a entraîné une perte, ou du moins une baisse importante des revenus d’une majorité de la jeunesse estudiantine. Les distributions alimentaires ont explosé ces derniers mois, et jouent maintenant un rôle nécessaire pour l’alimentation de milliers d’étudiants avec trop peu de revenus pour finir le mois décemment. Sans elles, beaucoup d’étudiants n’auraient pas de quoi se nourrir, et beaucoup encore aujourd’hui sont loin de manger à leur faim, comme l’a montré l’enquête à l’Université Bordeaux Montaigne menée par plusieurs organisations étudiantes, qui a récolté 5000 réponses : 9% des étudiants ne mangent pas à leur faim, 12% n’arrivent plus à payer leur loyer. Alors même que nous sommes dans la sixième puissance mondiale, qui a mis sur la table des milliards pour les grandes entreprises et augmente sans cesse les budgets militaires, les étudiants sont contraints de devoir compter sur la charité pour survivre.

En effet depuis mars dernier, le gouvernement ne donne que des miettes aux étudiants, fait preuve du mépris le plus total face à leur réalité, impose la sélection et refuse d’investir dans les universités. Que ce soit le CROUS à 1 euro souvent peu effectif, les 3 chèques psy dont nous ne voyons pas la couleur ou encore le plan « 1 jeune 1 solution » nous « offrant » seulement des emplois précaires ou des fausses annonces, nous devons comprendre que l’État ne nous donnera aucune solution concrète et pérenne pour sortir de la crise. Seules des mesures liberticides et autoritaires sont prises par le gouvernement, peut être pour mieux répondre à « Cette situation [qui] est une véritable bombe à retardement sociale et humaine » pour reprendre les mots du regroupement très élitiste des 10 universités les plus reconnues de France et du promoteur de la LPR, l’UDICE en janvier dernier. Tout ceci combiné avec des coups de communications s’adressant à la jeunesse aux côtés d’influenceurs loin de connaître notre situation de précarité illustre une nouvelle fois que nous ne devons pas compter sur le gouvernement.



C’est dans cette optique que l’association Onzième Thèse a initié trois semaines des comités de lutte contre la précarité afin de s’organiser sur cette question. Avec celui de l’université Bordeaux du campus Victoire, nous avons décidé de lancer une épicerie solidaire sur ce même site suite au constat d’un besoin alimentaire toujours plus grand et du peu de distribution alimentaire gratuite en centre-ville.

Cependant, l’université de Bordeaux le refuse catégoriquement. Plus précisément, elle refuse de nous ouvrir l’une des nombreuses salles fermées depuis des mois car la règle serait ainsi, et que les activités associatives ne peuvent reprendre dans le contexte sanitaire actuel. Alors même que les cours ont repris en petite partie en présentiel et que nous présentions un plan sanitaire exigeant, la direction de l’université de Bordeaux refuse de nous ouvrir une salle afin de pouvoir assurer une épicerie solidaire pouvant répondre aux nécessités et soulager les étudiants dans le besoin. En plus d’imposer une pression universitaire rude et de ne prendre que peu en compte la situation des étudiants comme l’ont montré les partiels en présentiel de décembre dernier, la direction de l’université de Bordeaux refuse notre initiative solidaire au moment même où elle devient de plus en plus nécessaire.

Nous dénonçons fermement cette décision et appelons à un rassemblement vendredi à 13h sur les marches de l’Université Bordeaux Victoire, pour obtenir ces moyens minimaux qui ne coûterait rien à part utiliser une paire de clé. L’épicerie solidaire sera bien en place dès ce vendredi malgré le refus de l’université, sur le parvis si nécessaire, car l’urgence rattrape les refus bureaucratiques de la direction de la fac, qui a montré qu’elle n’est que le relai du gouvernement dans l’application très concrète de l’austérité à l’encontre des étudiants.




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