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Jeunesse

Un réveil du mouvement étudiant ?

Universités : contre la hausse des frais d’inscription, les étudiants vont-ils rejoindre les Gilets Jaunes ?

Une semaine après l’annonce par Edouard Philippe d’une hausse très importante des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, plusieurs assemblées générales s’organisent dans les universités, seulement 6 mois après la bataille contre la sélection.

mercredi 28 novembre 2018

Le mouvement étudiant va-t-il se joindre à la colère des Gilets Jaunes ? Alors que « l’Acte 3 » du mouvement démarré le 17 septembre devrait réunir une fois de plus des dizaines de milliers de personnes sur les Champs Elysées et un peu partout en France, plusieurs signes semblent annoncer qu’un mouvement étudiant pourrait lui aussi démarrer, notamment contre la hausse des frais d’inscription à l’université. En effet, il y a dix jours, Edouard Philippe annonçait que les étudiants étrangers non ressortissants de l’Union Européenne devraient payer 2770€ par an pour une licence et 3770€ pour un master ou un doctorat, et ce dès la rentrée prochaine. Après une première assemblée générale réussie à l’ENS, plusieurs universités organisent des Assemblées Générales pour lutter contre cette énième attaque du gouvernement contre le mouvement étudiant.

« Pour nous, il s’agit déjà de défendre les dizaines de milliers d’étudiants étrangers qui devront retourner dans leur pays s’ils doivent payer ces sommes dès l’an prochain, explique Arthur, militant au Poing Levé à Paris 1 (Université Tolbiac Sorbonne). Mais cela dépasse les étudiants étrangers : c’est la première étape d’une hausse des frais d’inscription pour tous les étudiants. » En effet, dans la foulée, la Cour des Comptes a sorti un rapport préconisant une hausse des frais d’inscription à 965€ pour les masters, et 755€ pour les doctorats. C’est d’ailleurs ce que proposait Robert Gary Bobo, conseiller de campagne d’Emmanuel Macron : augmenter rapidement à près de 1000€ les frais d’inscriptions pour passer dans un second temps à 3000 ou 4000€. « C’est le round 2 contre Parcoursup et la sélection ! » explique quant à elle Anna, militante à Solidaires Etudiants Mirail (Université Toulouse Jean Jaurès).

A Paris 1, une Assemblée Générale aura lieu vendredi midi : sur Facebook, 1400 personnes ont annoncé y participer ou être intéressées. Dans d’autres facultés, les Assemblées Générales ont déjà eu lieu, comme à Paris 8, réunissant près de 600 étudiants (Mettre en lien l’article de P8) dont un tiers d’étudiants étrangers (ils sont 20 % dans cette université). Dans cette université, qui est la seule de France à accueillir des étudiants sans titre de séjour, la situation est particulièrement tendue au point où même la présidence de l’université s’est déclarée contre la mesure. Si, dans l’AG, il a notamment été décidé de rejoindre le cortège lancé par le Collectif pour Adama, en lien avec des cheminots parisiens, qui doit partir de Saint Lazare pour rejoindre les Gilets Jaunes aux Champs Elysées.

A l’université Montpellier 3 Paul Valéry, une centaines d’étudiants se sont réunis ce mercredi, tandis qu’à Paris 6 Jussieu, entre 150 et 200 étudiants ont commencé à discuter d’une mobilisation sur ce sujet. Toute la semaine, les premières assemblées générales donneront le ton : jeudi et vendredi, les étudiants de Paris 1, Nanterre, Lille, Nantes ou encore Rennes 2 sont appelés à se réunir pour s’organiser contre cette attaque. A la fac du Mirail à Toulouse, les militants de Solidaires Etudiants ont poussé à ce que s’organise aussi une Assemblée Générale étudiante qui aura lieu jeudi prochain. D’ici là, l’objectif est de faire un maximum de bruit pour informer l’ensemble des étudiants de l’attaque qui est en cours, en passant dans les salles de classe notamment.

D’ores et déjà, une question centrale va se poser, celle du lien entre les étudiants et les Gilets Jaunes. Les lycéens du syndicat UNL ont déjà tranché en appelant ce vendredi à bloquer leurs lycées en soutien au mouvement qui gronde depuis le 17 novembre De la même façon, en défendant une université ouverte à tous et toutes et gratuite, en luttant contre la précarité, les étudiants devraient rejoindre la colère qui s’exprime aujourd’hui contre le gouvernement. Car si nous n’avons pas réussi à faire reculer Macron au printemps dernier faute d’être parvenu à construire un mouvement d’ensemble, cette fois-ci, le gouvernement apparait bien isolé et pourrait avoir du mal à désamorcer la colère profonde qui s’exprime à une échelle de masse.




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