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Jeunesse

Stop au tri raciste des réfugiés !

Universités de Bordeaux. Les présidences de l’UBM et de l’UB doivent inscrire les étudiants réfugiés !

Après s'être engagée dans une tribune publiée du journal Le Monde, puis dans une motion de la CFVU, la présidence de l'Université Bordeaux Montaigne recule sur l'inscription des étudiants réfugiés de la guerre en Ukraine. Pourtant 42 demandes d'inscription ont été remontées pour les universités bordelaises : les présidences doivent prendre leurs responsabilités en main, en inscrivant sans discrimination les étudiants fuyant la guerre !

mercredi 4 mai

Crédits photo : BourgeonPhoto

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les étudiants fuyant le pays sans avoir pour autant la nationalité, subissent un tri raciste orchestré par le gouvernement, suivi par les directions des universités. Bénéficiant d’un statut de protection temporaire différencié de ceux ayant la citoyenneté ukrainienne, l’autorisation de séjour en France pour ces réfugiés est d’un mois, contre six pour les nationaux ukrainiens. Sans carte étudiante, ceux-ci ne peuvent être régularisés et sont aujourd’hui menacés de recevoir sous peu des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF), alors qu’ils fuient les bombes et souhaitent poursuivre leurs études en France.

Face à cette situation d’urgence, le 7 avril dernier, les élus du collectif Le Poing Levé à l’Université Bordeaux Montaigne avaient soumis au vote dans les conseils centraux de la fac une motion exigeant leur inscription et leur régularisation. Si la présidence avait en partie réécrit la motion, celle-ci avait été votée à l’unanimité dans la CFVU. Celle-ci demande des moyens afin "d’accueillir tous les étudiant.e.s qui fuient la guerre en Ukraine et qui demandent à intégrer l’université dans les disciplines que nous portons, quelle que soit leur nationalité". Un pas en avant, qui faisait suite à la tribune signée par le président Lionel Larré aux côtés d’autres présidents d’Université de l’AUREF intitulée "Continuons de former les étudiants que l’Ukraine avait choisi d’accueillir".

Pourtant, sans nouvelle et passage à l’acte pendant plusieurs semaines, et alors que la situation devenait urgente avec la fin de l’autorisation de séjour en France pour une grande partie des étudiants réfugiés, les élus du collectif Le Poing Levé ont demandé un rendez-vous le 26 avril afin d’exiger la possibilité d’inscription pour ces réfugiés.

Un rendez-vous qui a débouché sur l’engagement oral de la présidence d’inscrire "quelques dizaines" d’étudiants si une liste lui était transmise. Le 28 avril, le collectif fait remonter à la direction une liste de 42 étudiants réfugiés demandant une inscription à l’Université Bordeaux Montaigne qui devait transmettre en retour une garantie écrite de leur prise en charge. Pourtant, aucun retour n’est fait pendant deux jours. Interpellée directement dans ses bureaux par les élus étudiants, la direction annonce finalement qu’elle n’inscrirait que 7 étudiants sur les 42 demandes car elle ne pouvait accueillir tout le monde. Un pas en arrière aussi scandaleux que les arguments avancés. Alors même que la présidence s’était engagée à ne pas sélectionner les dossiers et d’inscrire administrativement les étudiants, cette dernière retourne sa veste et avance que certaines filières demandées sont trop sélectives. Si elle prétexte maintenant que cela est impossible, alors pourquoi cela n’a pas été un frein à l’université Aix-Marseille qui a inscrit administrativement plus de 100 réfugiés ?

Mais la conclusion de la présidence pour justifier son recul sur ses propres engagements est d’autant plus honteuse : « La situation des OQTF ne serait pas si urgente car Macron ne se risquerait pas à les expulser alors qu’il a une image électorale à conserver jusqu’aux législatives. Il n’y a pas d’urgence, on peut donc rediriger les étudiants vers Campus France ». La présidence ne considère pas l’urgence de la situation, pourtant des étudiants ont déjà reçu une OQTF. Pour bénéficier d’une "protection temporaire", l’étudiant doit avoir un certificat d’inscription ou un contrat de travail... mais les universités refusent de les inscrire et leur situation les oblige à travailler sans se déclarer.

Avec les demandes actualisées à ce jour, les 47 étudiants qui ont demandé une inscription à l’UBM ont décidé d’interpeller la présidence, parmi eux Alaeddine, étudiant réfugié qui a demandé une inscription affirme que « la présidence a pris la parole, elle a dit qu’elle recevait et accueillait les étudiants. Elle ne peut pas revenir sur ses paroles, elle doit prendre ses responsabilités ». Nadjet quant à elle dénonce le traitement réservé aux étudiants étrangers : « on n’est pas des Ukrainiens mais on a fui la même chose »

Si d’autres universités ont décidé d’accueillir les étudiants réfugiés sans discrimination, nous exigeons que l’Université Bordeaux Montaigne fasse de même, dans la continuité des engagements que la présidence a pris. De même, alors qu’elle justifie certains refus par le manque de cohérence pour certaines demandes par rapport aux parcours et diplômes universitaires que peuvent avoir certains réfugiés, elle devrait interpeller la présidence de l’université de Bordeaux voisine proposant ces formations. Sur les 47 demandes reçues à ce jour, cela concerne 20 étudiants diplômés des disciplines de l’UB qui auraient préféré poursuivre leur formation en droit, en économie, en psychologie ou sociologie. De son côté l’Université de Bordeaux, et ceci est d’autant plus scandaleux, applique seulement les prérogatives de la circulaire du gouvernement, impliquant directement un tri raciste parmi les réfugiés.

Il ne suffit pas au vu de l’urgence de signer et faire voter des déclarations d’intention, mais de transformer ces paroles en actes. Après s’être mobilisés aux côtés des étudiants étrangers, Le Poing Levé a obtenu l’inscription d’une quinzaine d’étudiants réfugiés de la guerre d’Ukraine à Sorbonne Université, sans condition de nationalité. C’est le cas également de l’Université Paris-Cité ; ainsi que l’Université d’Aix-Marseille], bien qu’en demi-teinte puisqu’elle a reculé elle-aussi sur ses propres engagements.

Le seul obstacle à l’inscription et la régularisation des étudiants réfugiés est la volonté des présidences d’universités et le gouvernement. Nous continuerons à défendre leur inscription et leur régularisation, sans distinction de nationalité. Pour gagner cette bataille, l’ensemble des organisations de jeunesse et des universités, mais aussi le plus grand nombre d’étudiants, doivent la soutenir et se mobiliser pour exiger leur prise en charge par l’université. Stop au traitement discriminatoire et raciste ! Après avoir fui la guerre, les jeunes réfugiés doivent pouvoir poursuivre leurs études en France et en toute dignité !



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