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Urgences. La grève continue après les mesures annoncées par Buzyn

Après trois mois de grèves aux Urgences, la Ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a proposé ce vendredi 14 juin des mesures pour répondre à la colère des urgentistes. Face à leur insuffisance, le collectif Inter-Urgence a annoncé la reconduction de la grève.

mardi 18 juin

Après les annonces de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ce vendredi 14 juin, les 119 services d’accueil des urgences actuellement en grève se sont réunis en assemblée générale et ont constaté le caractère insuffisant des mesures envisagées par le gouvernement face à la gravité de la crise que connaissent actuellement ces services hospitaliers. Le collectif Inter-Urgences a votés la poursuite du mouvement de grève et appelle, comme les syndicats, à une nouvelle manifestation nationale le 2 juillet prochain.

Le ministère des solidarités et de la santé propose en effet 70 millions d’euros à l’occasion de la « mission nationale de refondation » des urgences pour répondre à la colère des personnels de santé, en grève depuis 3 mois. Agnès Buzyn entend négocier avec les personnels paramédicaux pour que le mouvement de grève cesse avant l’été, période de forte affluence des urgences.

Pourtant, comme le rappelle le Collectif Inter-Urgence, ces 70 millions d’euros débloqués ne représentent qu’une augmentation de 0,08% du budget total alloué aux services hospitaliers. Autant dire qu’il s’agit d’un montant dérisoire face à celui qui serait nécessaire pour régler la crise que vivent les 524 services d’urgences publics aujourd’hui.

Les revendications des urgentistes n’ont d’ailleurs pas été réellement prise en compte puisque sur ces 70 millions d’euros, 55 millions seraient consacrés à une prime de 100€ net mensuel pour les personnels des urgences en dehors des médecins. La base revendicative des grévistes indiquait pourtant une augmentation de salaire de 300€, mais aussi et surtout l’embauche de 10 000 personnels soignants supplémentaires, sans qui il serait impossible de résorber la crise des services d’urgences.

Le ministère a aussi proposé de débloquer 15 millions d’euros pour permettre « aux services d’urgences en tension » de « renforcer leurs effectifs paramédicaux durant la période estivale et de maintenir ainsi un maximum de lits ouverts ». Encore une mesure insuffisante puisque cela ne représenterait qu’ « une personne de plus pendant 60 jours dans les 524 services d’accueil des urgences publics » comme le notait le Collectif.

Ce que veulent les grévistes aujourd’hui ce n’est pas simplement une augmentation de salaire, mais bien une véritable amélioration de leurs conditions matérielles de travail pour subvenir aux besoins des patients. Ce sont les conditions de travail extrêmement difficile auxquelles ont affaire les personnels soignants des urgences qui expliquent la radicalité de leur grève. En effet, pour la première fois certains grévistes ne se sont pas présentés lors de leur prise de service, alors qu’habituellement les personnels continue à travailler pour assurer la continuité des soins en indiquant leur grève par un brassard.

Une action du Collectif Inter-Urgences devrait avoir lieu le 20 juin devant les ARS en attendant la manifestation du 2 juillet.

Crédit photo : Aurore MESENGE. AFP




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