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Uruguay. Après une mobilisation de masse, des élections pleines d’incertitudes

Une semaine après l'impressionnante mobilisation à Montevideo contre le déploiement de l'armée pour le maintien de l'ordre public, les uruguayens sont appelés aux urnes, dans le cadre des élections présidentielles. Si Daniel Martinez, candidat de gauche en tête au premier tour, est favori, l'issue du scrutin s'annonce incertaine.

mardi 29 octobre

Des élections polarisées par le débat sur la présence de militaires dans les rues pour assurer l’ordre public

L’Uruguay, sous présidence de la coalition de gauche du Frente Amplio depuis 2004, est réputé comme étant le régime le plus stable d’Amérique Latine. Une image entachée par, entre autre, une inflation énorme (7,56%) et surtout par un taux de chômage qui ne cesse de s’accroître, concernant à l’heure actuelle 9% de la population active. Dans ce cadre, l’insécurité (agressions, vols, etc) est en hausse depuis 2017 (+45%).

Dans ce contexte, les réactionnaires en tout genre sont de sortie. Ainsi, un projet de réforme constitutionnelle propose la création d’une garde nationale composée de militaires qui aura pour mission d’effectuer des tâches traditionnellement effectuées par les policiers. Cette initiative, du sénateur de droite Jorge Larrañaga été tranchée par référendum et la réforme à été rejetée par 54% de voix contre. La question se retrouve aussi, de fait, au centre du débat présidentiel.

L’impressionnante manifestation du 22 octobre à Montevideo

Le 22 octobre dernier, une manifestation gigantesque contre le projet de réforme constitutionnelle s’est tenue dans les rues de Montevideo. Les images, impressionnantes, démontrent toute la vitalité de la contestation.

Nos camarades de La Izquierda Diario Uruguay et du groupe Pan y Rosas Uruguay ont participé et ont appelé à la mobilisation. Ils et elles sont également impliqués dans les collectifs contre la réforme.

Le Frente Amplio en tête au premier tour des présidentielles, mais l’issue du scrutin reste incertaine

Bien sûr, cette situation sous-tendue par les questions sécuritaires et la mobilisation de la semaine passée ont une influence directe sur les élections présidentielles. Si, au premier tour, le candidat du Frente Amplio Daniel Martinez, est arrivé en tête avec 40% des voix, l’issue du scrutin est elle bien plus imprévisible.

Au second tour, Martinez sera confronté à Luis Lacalle Pou, candidat du Parti National (parti de droite) qui a recueilli 30% des voix. Cependant, et dès dimanche soir, le Partido Colorado (centre droit, 13% au premier tour) et le nouveau parti d’extrême droite uruguayen Cabildo Abierto, qui a fait une percée impressionnante avec 11% des voix, ont annoncé sans réserve leur soutien à Lacalle Pou. Autant dire que le Frente Amplio est en ballottage défavorable, et que la droite, alliée aux pire réactionnaires, pourrait reprendre le pouvoir après 14 ans de gouvernement de gauche. Réponse le 24 novembre prochain, date du second tour.




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