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Politique

Solidarité internationaliste

VIDEO. Acte XV à Paris : des Gilets jaunes solidaires avec le peuple algérien

Alors qu'hier l'Algérie a été secoué par d'immenses manifestations partout dans le pays contre le dictateur Bouteflika qui compte se représenter pour un 5ème mandat, plusieurs milliers de Gilets jaunes ont manifesté à Paris ce samedi 23 février pour l'Acte XV. En solidarité avec la mobilisation du peuple algérien, des Gilets Jaunes portaient le drapeau algérien.

samedi 23 février

Si Emmanuel Macron fait face à la contestation des Gilets Jaunes, sans précédent depuis mai 68 de par son ampleur et sa radicalité, son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika est lui aussi confronté à une mobilisation populaire. En effet, alors que Bouteflika est au pouvoir depuis 1999, et ne prend plus la parole depuis qu’il a été victime d’un grave accident vasculaire cérébral en 2013, il brigue aujourd’hui un cinquième mandat aux prochaines élections qui auront lieu en avril 2019. Mais si les institutions démocratiques sont formellement maintenues en Algérie, il est clair que celle-ci sont clairement truquées. Au dernières élections Bouteflika était ainsi réélu avec plus de 80% des suffrages, et 90% à celles de 2009. Car les classes dominantes algériennes sont faibles est subordonnées à l’impérialisme notamment français, elles ne peuvent donc s’accommoder d’élections démocratiques et sont obligées de diriger par la matraque.

C’est dans ce contexte qu’hier des manifestations spontanées ont eu lieu dans tout le pays non seulement contre Bouteflika, mais plus généralement contre le régime et les conditions de vie et de travail dans lesquelles les politiques d’austérité de la dernière décennie ont plongé le peuple algérien. On voit donc que la mobilisation présente des similitudes d’avec les Gilets jaunes français, toutes proportions gardées, qui manifestent contre l’autoritarisme de Macron et contre le faible pouvoir d’achat et les bas salaires. C’est ainsi qu’on a pu voir dans la manifestation parisienne de ce XVème Acte des drapeaux algériens portés par des Gilets Jaunes.

Le président français Emmanuel Macron avec son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 6 décembre 2017. © APS/Handout via REUTERS

Si la mobilisation est revendiquée par les Gilets Jaunes, on peut l’interpréter par le fait que le peuple algérien a d’abord été soumis au colonialisme français depuis 1830, puis par l’impérialisme après la guerre d’indépendance, lorsque le pouvoir gaulliste s’était assuré de maintenir sa main mise sur les ressources et la sphère politique algérienne. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron rencontrait Abdelaziz Bouteflika en décembre 2017, et que Le Monde Afrique révélait le 16 février 2019 que l’Elysée prend « acte du scénario du cinquième mandat ». La DGSE jugeait qu’une transition ouvrirait une période d’instabilité et dérangerait les intérêts de l’Etat français en Algérie, ouvrant la voie à une reconfiguration du paysage politique dans lequel il ne pourrait peut-être pas maintenir son hégémonie.

La solidarité qu’ont exprimé les Gilets Jaunes français montre donc que les intérêts de l’Etat français ne sont pas ceux des travailleurs, chômeurs et précaire de France, qui reconnaissent les masses populaires algériennes comme des camarades, à l’inverse des récits nationalistes qui voudraient faire croire qu’un prolétaire français aurait plus à voir avec un Vincent Bolloré qu’avec un prolétaire algérien. Pour finir, terminons sur la fameuse phrase que Karl Marx écrivait en conclusion du Manifeste du Parti Communiste : « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »




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