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Politique

Choisit par Le Pen

VIDEO. Bloc identitaire, chant néo-nazi : Philippe Vardon pour la communication de Marine Le Pen aux européennes

Pour Marine Le Pen, la campagne des européennes est lancée. Pour mener la communication, un poste clé, la présidente du RN a choisi Philippe Vardon comme responsable. Une consécration pour celui qui toque depuis des années à la porte des hautes instances du RN (ex-FN) sans y être accepté, stratégie de dédiabolisation oblige. Pour la communication, ce sera donc Philippe Vardon, l’ancien dirigeant du Bloc identitaire, groupuscule fascisant dissout, celui qui entonnait des chant néo-nazis….

jeudi 17 janvier

Le choix de Philippe Vardon connu selon Le Point pour avoir longtemps fréquenté la mouvance skinhead, antisémite et négationniste à la direction de la communication pour la campagne de Marine Le Pen aux prochaines Européennes n’est pas anodin. La figure essayait de rentrer en politique depuis 2013 lorsqu’il tente en vain se présenter sur les listes du FN et adhérer au Rassemblement Bleu Marine, son organisation satellite, pour ensuite être mis à la porte par Gilbert Collard après le tollé médiatique d’une vidéo datant de 1998 dans laquelle Vardon entonnait un chant néo-nazi du groupe Evil Skins. Plus tard, le bureau du RBM a rejoint Collard dans son jugement et a confirmé l’impossibilité de l’appartenance de Vardon à l’organisation en raison de ses engagements passés, lesquels ils affirmaient être en contradiction avec leurs principes. Pour preuve, il a été élu vice-président du groupe RN au conseil régional de PACA. Mais en nommant Philippe Vardon comme directeur de communication de la campagne du parti, c’est un signal politique que Marine Le Pen compte donner. La dédiabolisation, d’accord, mais avec un « en même temps » avec l’extrême-droite fascisante, bienvenue au sein du RN.

Le cas comme celui-ci ou celui de l’identitaire Damien Rieu qui se trouvait à la direction de communication de la mairie RN de Beaucaire, illustrent comme la mouvance identitaire est devenue un vivier pour le RN, ouvrant voie à ceux qui veulent s’expérimenter dans le terrain électoral. Vardon étant lui-même le cofondateur du Bloc Identitaire, impliqué dans plusieurs rixes et actions telle que l’occupation d’une mosquée à Poitiers, n’arrête pas de monter au sein du RN. Comme un de ses fondateurs, Fabrice Robert, dit « le mouvement identitaire est un peu à la politique ce que les forces spéciales sont à l’armée. Nous allons où les autres ne vont pas. Nous passons devant comme nous l’avons fait avec les prières de rue. Derrière nous, l’infanterie classique du Front national ou les officiers d’état-major de l’UMP de Copé arrivent et raflent les honneurs électoraux. Mais, du moins, avons-nous servi ».

« Partout en Europe, nos alliés arrivent au pouvoir »

En vue des élections européennes et du scénario politique français, le RN a lancé une campagne sur le thème « Partout en Europe, nos alliés arrivent au pouvoir » et a commencé a tisser liens avec ses alliés européens – rencontre avec Salvini en octobre en Italie, participation à une conférence sur « un nouveau modèle pour les citoyens européens » en novembre en Bulgarie et réunion du groupe parlementaire en décembre en Hongrie –, rendant explicite l’intention à capter la colère qui s’est exprimé dans les rues avec les gilets jaunes. Le soi-disant soutien aux gilets jaunes n’est autre que la volonté d’instrumentaliser la colère légitime des Gilets jaunes au service de sa politique xénophobe et racistes, une politique en définitive qui souhaite choyer le grand patronat bien de « souche » avec sa politique en néo-libéral, comme en témoigne l’arrivée au RN de l’ancien sarkozyste, Thierry Mariani. Comme on a pu voir récemment dans l’arrivée au pouvoir de l’ultraréactionnaire Bolsonaro avec un discours populiste au Brésil, soutenu par Le Pen. Comme le dit un communiqué du NPA « L’Italie, la Pologne et la Hongrie dessinent la vision de la société voulue par le RN, une Europe qui « respecte les peuples et la démocratie »... comme cette récente loi d’Orban qui augmente le nombre possible d’heures supplémentaires dont les patrons pourront retarder le paiement, qualifiée de « loi esclavagiste » par le mouvement de contestation hongrois. ».




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