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Politique

Les conséquences de l'austérité

VIDÉO. Coup de gueule d’un médecin : « On joue avec nos vies ! »

Jérôme Marty, médecin généraliste, déplore sur BFM TV la manière dont sont traités les patients et les soignants face à la crise sanitaire. D’innombrables dysfonctionnements surgissent, alors même que les personnels hospitaliers alertent depuis plusieurs années sur leurs conditions de travail.

mardi 17 mars

Présent sur le plateau de BFM TV afin de donner des informations sur l’actuelle crise sanitaire que vit la France, Jérôme Marty, médecin généraliste, dénonce les conditions auxquelles doit faire face le personnel soignant. Depuis plusieurs mois, les grèves successives des différents services hospitaliers avaient pourtant alerté sur les coupes budgétaires.

« On a en gros quinze jours de retard. Et ces quinze jours on ne les rattrapera pas »

Dans l’Est, ce sont notamment les hôpitaux de Strasbourg et de Mulhouse qui vivent une situation très difficile. Les soignants sont déjà éreintés alors que nous sommes seulement au début de l’épidémie. Ces derniers se trouvent démunis face au manque de moyens et au manque de personnel, causés par la casse de l’hôpital ces dernières années.

« On n’a pas de masque, pas de moyen de protection. On n’a rien ! On veut même pas tester les soignants libéraux ! Quand un soignant libéral qui a les symptômes de la maladie demande à être testé, l’ARS le refuse ! »

Alors que lors de sa dernière allocution, Emmanuel Macron annonçait être en guerre sanitaire, la Santé ne semble pas être armée pour endiguer cette crise. Car si les soignants ne peuvent être protégés, le risque de contaminer à leur tour d’autres patients en est d’autant plus dangereux.

« On est en manque de tenues, on est en manque de tests, on est en manque de tout »

Le médecin prédit alors une véritable hécatombe. « En Soins de Suite et de Réadaptation (SSR), qui sont les établissements où il y a les patients les plus à risque (…) ils n’ont plus les moyens de se protéger. Ça veut dire que si jamais un patient a la maladie, automatiquement un soignant va l’attraper et ça va se transmettre de chambre en chambre ».

Le personnel hospitalier n’a eu de cesse d’alerter sur leurs conditions de travail, et ce depuis des années. Cette dégradation de leurs conditions d’exercice est due aux politiques d’austérité. Aujourd’hui ce sont eux, en première ligne, qui vont encore devoir en payer le prix de la dégradation de l’hôpital – mais ce sont aussi l’ensemble des usagers.

Ainsi, un certain nombre de mesures d’urgence s’imposeraient face à la crise : en premier lieu, la production devrait être réorganisée pour répondre aux besoins matériels, notamment ceux des hôpitaux (masques, équipements médicaux, etc) ; de plus, les institutions privées devraient être réquisitionnées et de nouveaux hôpitaux devraient être construits, suivi d’un plan d’embauche massive de personnels hospitaliers.




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