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Notre classe

Etudiant.e.s travailleurs, ensemble pour gagner

VIDEO. Des étudiant.e.s de Paris 8 aident les grévistes de la RATP à bloquer le dépôt du Barrage à Saint-Denis

Mardi 10 décembre nouvelle journée de la mobilisation contre la réforme des retraites, celle-ci fut marquée par de nombreux blocages sur les dépôts de bus de la RATP. Au dépôt du barrage à Saint-Denis, où 60% des travailleurs sont en grève, des étudiant.e.s de Paris 8 ont aidé les grévistes qui ont reconduit la grève en AG, à bloquer le site.

mercredi 11 décembre 2019

A cinq heures du matin des étudiant.e.s de paris 8 sont arrivés sur le dépôt du Barrage à Saint-Denis (39-41 avenue Lénine) pour aider les grévistes à bloquer les départs de bus du site qui compte plus de 800 conducteurs et plus de 500 départs par jour. Alors qu’un camion de police était présent, un blocage filtrant a été mis en place, laissant sortir un bus toute les 15 minutes sur seulement deux lignes, après que le Responsable des Ressources Humaines du dépôt ait menacé les étudiants de demander à la police d’intervenir en cas de blocage complet.

Alors que ces derniers jours, [le secrétaire général de l’UNSA RATP avait annoncé la possibilité d’« adaptations » pour « la RATP ou la SNCF qui pourraient avoir une clause du grand-père sans modifier l’équilibre général » de la réforme → https://www.revolutionpermanente.fr/Quand-l-UNSA-et-la-CFDT-negocient-dans-le-dos-des-travailleurs-de-la-SNCF-et-de-la-RATP ], laissant ainsi une porte de sortie à Edouard Philippe dont l’entourage a déclaré ce soir que la réforme s’appliquerait aux conducteurs nés après 1985, les grévistes réunis en Assemblée Générale vers les coups de 10 heures, ont voté la reconduction de la grève pour le retrait pur et simple de la réforme, refusant par là même que la réforme soit appliqué aux jeunes générations. La présence d’étudiant.e.s à leur côté renforce cette volonté de se battre tous ensemble, y compris contre toute forme de négociations qui viseraient à faire payer la facture aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Salmane, du Rassemblement Syndical a ainsi témoigné à notre micro : « le mouvement est parti de la base, c’est le ras de bol des dernières années, on s’est fait trahir par les grandes directions des organisations syndicales, ils ont trahis leurs militants, le mouvement doit avancer avec la base ».

L’Assemblée Générale a également permis aux travailleurs de dénoncer leurs conditions de travail et de vie qui se dégradent alors que la patronne de la RATP a augmenté son propre salaire de 12,5% quelques semaines avant le début de la grève : « certains de nos collègues dorment dans des voitures, et Delevoye qui touche quatre retraites vient nous enlever la notre ». Mais aussi des interventions des étudiants soutenant les travailleurs, invitant à l’auto organisation et à la coordination des grévistes de la RATP, de la SNCF et de l’Education Nationale qui s’est tenu ce mercredi après-midi à Saint-Lazare, affirmant que « la grève doit appartenir aux grévistes ».

Car la mise en place de cadre d’auto-organisation, qui rassemble tous les grévistes, syndiqués ou non, est la condition pour que les piquets tiennent le coup face à la répression, alors que plusieurs ont été délogés par la police ces derniers jours à Pleyel, Pavillon-sous-Bois, ou encore à Vitry, et face directions de l’UNSA RATP et de la CFDT qui ont annoncée la couleur en déclarant qu’elles pourraient sortir du conflit en cas d’application de la « clause grand-père ». Pour gagner contre la réforme des retraites, c’est bien tous ensemble, jeunes et vieux, comme sur le piquet du Barrage, qu’il faudra se battre.