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Débats

Ni Poutine, ni OTAN

VIDEO. « Les classes n’ont pas disparu avec la guerre » : retour sur la conférence sur l’Ukraine à Toulouse

Le 25 mars, Le Poing Levé et Révolution Permanente organisaient à l’IEP de Toulouse une discussion sur la guerre en Ukraine et la politique internationaliste de classe à y opposer. Un échange à retrouver en vidéo.

lundi 28 mars

Vendredi 25 mars Philippe Alcoy, spécialiste des questions internationales au comité de rédaction de Révolution Permanente, Gaetan Gracia, ouvrier dans l’aéronautique, militant à Révolution Permanente et à la CGT et Alberta Nur, militante à Révolution Permanente et au Poing Levé, animaient une discussion à Science Po Toulouse sur la guerre en Ukraine et les politiques internationalistes à mener dans cette période.

À l’encontre des discours belliqueux ayant la part belle chez la classe politique française et à l’international, défendant tour à tour les sanctions économiques qui vont impacter durement la population russe, ou encore les bénéfices stratégiques pour les puissances occidentales de faire de l’Ukraine un « deuxième Afghanistan » pour la Russie au détriment des Ukrainiens, cette discussion avait pour objectif de mettre en avant une politique internationaliste de classe, à même de défendre les intérêts de ceux qui subissent de plein fouet la guerre et ses conséquences.

L’occasion de faire un point sur le contexte et les dynamiques du conflit, alors qu’après un mois de combat et des gains territoriaux limités, les forces russes semblent se recentrer sur la région du Dombass dans l’Est de l’Ukraine.
Après avoir désigné cette guerre comme une guerre d’oppression menée par la Russie contre l’Ukraine, Philippe Alcoy est revenu sur les tensions entretenues par l’OTAN et les puissances impérialistes et le fait que les solutions progressistes au conflit ne sont pas entre leurs mains, d’autant plus que ces puissances mènent une politique de prédation et de contrôle économique sur l’Ukraine par l’intermédiaire d’une partie des élites locales comme le gouvernement de Zelenski. « Faut pas croire que l’OTAN est là pour distribuer des bonbons aux Ukrainiens. Avant la guerre, l’Ukraine avait reçu de l’argent de la part du FMI et de l’Union européenne, mais dans des conditions très dures : des destructions des quelques acquis sociaux, des privatisations, des réformes politiques et autres. Le prix du gaz a subi une augmentation de plus de 630 %. »

Seule une politique mené en toute indépendance par le bas, par celles et ceux qui font tourner la société au quotidien et subissent de plein fouet la guerre et ses conséquences, est à même de faire reculer le militarisme grand-russe de Poutine et les politiques belliqueuses des puissances impérialistes, occidentales. « Les classes sociales n’ont pas disparu parce que la guerre est arrivée. Depuis mon point de vue d’ouvrier, c’est hallucinant d’entendre le discours des éditorialistes, des politiciens et des bourgeois. C’est vachement facile d’appeler à la guerre et aux sanctions économiques quand ce n’est pas toi qui vas subir les conséquences. Tous ces gens-là, ni vont avoir froid, ni vont mourir dans la guerre, ni vont subir les sanctions économiques, ni l’inflation ni le litre de l’essence à 2 euros. De leur point de vue, c’est facile d’avoir un discours belliqueux, guerrier et brutal. Mais depuis mon point de vue d’ouvrier, les travailleurs de n’importe quel autre pays, soient russes ou ukrainiens, sont mes sœurs et mes frères de classe, je ne peux pas souhaiter que l’inflation fasse 50 % en deux semaines et qu’ils soient traînés dans la misère. Un point de vue de classe, c’est essayer de comprendre la situation : ce n’est ni Poutine ni Macron qui vont mourir dans ce conflit, c’est en fait des pauvres, des gens d’en bas qui subissent soit la guerre, soit les conséquences économiques » explique ainsi Gaëtan Gracia.

La discussion a également permis d’aborder le « non-alignement » de Mélenchon, cherchant une résolution diplomatique au conflit entre les mains des mêmes qui l’attisent actuellement, et refusant les sanctions dans une perspective de protection du patronat français, et en aucun cas de défense des travailleurs. En tant que militant CGT en désaccord total avec la position du syndicat sur la guerre en Ukraine, Gaëtan Gracia a détaillé les contradictions de cette position, qui défend les sanctions économiques vis-à-vis de la Russie, prône une résolution diplomatique du conflit de la même manière que Mélenchon. « Accepter cette guerre économique, c’est catastrophique, y compris quand tu vas revendiquer des hausses de salaire »

Retrouvez ici l’intégralité du débat



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