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Politique

VIDEO. OM-Nîmes : enfants gazés et « grenade de désencerclement dans le bus », la police se déchaîne !

Samedi 21 décembre, la 19ème journée du championnat de France de football a été marquée par la terrible répression des supporters de Nîmes par la police. Un nouveau coup d'éclat des forces de l'ordre, qui semblent avoir bien compris qu'elles bénéficient d'une impunité totale depuis plus d'un an et le début du mouvement des Gilets Jaunes.

mardi 24 décembre 2019

Le club gardois se déplaçait au stade Vélodrome pour affronter l’Olympique de Marseille, dans ce qui devait être une soirée festive et un spectacle garanti entre un dauphin qui assume son rang, et un relégable qui joue néanmoins avec beaucoup de cœur et d’envie.
Devant l’attrait d’une telle affiche, de nombreux supporters nîmois n’ont pas résisté à l’envie de venir encourager leur équipe en famille : « On préparait ce déplacement depuis plus d’un mois, car on est interdit de stade à Montpellier, alors pour Marseille il y avait beaucoup de demandes, donc malgré l’arrêté et avec l’accord du club, on a voulu y aller », explique Cyril Roure, président du groupe de supporters Nemausus 2013.
Ainsi, alors que le préfet n’avait autorisé le déplacement que de 200 supporters, un peu plus de 400 Nîmois ont cédé à leur passion et tenté de rejoindre Marseille en bus.

Informée de cette tentative bon enfant de contourner l’arrêté préfectoral, la police intercepte le convoi sur l’autoroute. C’est à partir de cette intervention des forces de l’ordre que la soirée va prendre un tout autre visage, et tourner au drame pour les supporters des Crocos.
La police force le convoi à s’arrêter sur l’aire de Lançon-Provence, et l’immobilise deux heures, pendant lesquelles les Nîmois ont essayé de négocier avec le préfet afin d’obtenir l’autorisation d’assister au match. En vain. Les forces de l’ordre obligent le convoi à faire demi-tour, et l’escortent jusqu’à Nîmes.

Le trajet est marqué par une première scène surréaliste où les policiers s’en prennent aux supporters
« en plein milieu de l’autoroute ». « Le chauffeur du bus des Gladiators a fait des appels de phare aux policiers pour leur demander de rouler plus vite car c’était dangereux » raconte Embarek, 19 ans. Le jeune homme était présent dans un bus dans lesquels les policiers sont intervenus et a pu filmer la scène. Cyril Roure confirme « on roulait maximum à 45 km/h », et témoigne de la réaction totalement gratuite des CRS : « les CRS se sont arrêtés, ils sont montés à bord du bus, ont gazé le chauffeur et ont lancé à l’intérieur une grenade de désencerclement ».

Après cette première agression, et après avoir forcé le chauffeur qui venait de se faire gazer à reprendre la route, les policiers ont escorté le convoi jusqu’à Nîmes, et l’étape suivante de la répression.
Alors que les supporters arrivent dépités aux Costières de Nîmes, une nouvelle surprise attend les Nîmois. « Tout le monde est déprimé, tout le monde a juste envie de rentrer chez soi et d’oublier cette journée. On voit une rangée de CRS devant un bus, la foule devant, aucun signe virulent des supporters. Et là, les CRS avancent, lancent des gaz. » raconte Embarek.

Les supporters Nîmois, que la police présente aujourd’hui comme belliqueux, alcoolisés, violents et agressifs pour justifier son intervention, ne sont malheureusement pas les premières victimes des forces de l’ordre dans le monde du football.
En effet, le milieu des supporters et des ultras est de longue date, à l’instar des quartiers populaires, un laboratoire pour les forces de l’ordre, qui se permettent d’essayer des tactiques de répression en situation réelle, afin de les appliquer ensuite lors de mouvements sociaux comme ca a été le cas lors du mouvement des Gilets Jaunes. On se souvient ainsi de Casti, supporter Montpelliérain, qui a été éborgné en 2012 par un tir de flashball en marge d’un match de foot pendant lequel la BAC s’était illustrée par une violence inouïe

Alors que le pays est secoué depuis plus d’un an par différents mouvements sociaux, et notamment le mouvement des Gilets Jaunes, la banalisation des violences policières et l’impunité totale dont bénéficient les forces de l’ordre ne semblent pas avoir de limite.
Conscients que le gouvernement et la justice protègeront coute que coute ceux dont le rôle est de défendre l’ordre établi, les policiers n’ont jamais semblé autant décomplexés lorsqu’il s’agit de gazer, matraquer, mutiler ou tabasser.




Mots-clés

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