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VIDEO. « On va rentrer au poste, je vais te défoncer la gueule », un policier à Taha Bouhafs

Taha Bouhafs, le militant qui avait filmé la petite frappe Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2018 place de la Contrescarpe, a été de nouveau arrêté par la police. Après 24h de garde à vue, son téléphone, sur lequel sont enregistrés son travail et son interpellation, est confisqué par la police jusqu’en 2020.

jeudi 13 juin

« Il m’a dit : on va rentrer au poste, je vais te défoncer la gueule »

Il prenait simplement des témoignages alors qu’il était devant l’agence Chronopost à Alfortville pour relayer la lutte des 60 travailleurs sans papiers embauchés illégalement. Malgré une occupation pacifique qui n’a pas empêché l’activité, le porte-parole du collectif des sans-papiers de Vitry, Christian Cheiwer, ainsi que Taha Bouhafs se sont fait interpeller. Alors que ce dernier était à l’extérieur du site, il s’est mis à filmer les travailleurs qui refusaient que la direction ne retire leurs banderoles, après quoi la police s’est directement dirigée vers lui. Après avoir refusé de couper l’enregistrement, il s’est fait pousser puis frapper par des policiers qui n’ont visiblement pas apprécié qu’il filme la scène et leurs invectives.

Ce ne sont pas moins de 4 policier qui se sont mis sur lui et lui ont déboîte l’épaule tout en lui proférant des insultes racistes. Une fois au commissariat, ce sont des policiers qui n’étaient pas présents lors de l’interpellation qui ont insisté pour envoyer le journaliste à l’hôpital, duquel il ressort avec 3 semaines d’ITT et le constat de nombreux hématomes sur le visage. Il a dû ensuite retourner au poste pour 24h de garde-à-vue dans une cellule insalubre, pour avoir « seulement fait son travail »

« Je suis parti pour travailler comme tout le monde, et j’ai fini avec une épaule en moins et des hématomes au visage »

Le journaliste assure de porter plainte pour son interpellation et la mise sous scellé de son téléphone, dans un contexte où la cour d’appel de Paris s’est prononcé en faveur d’un autre homme il y a deux jours qui avait refusé de donner les codes de ses téléphones.

Il faut rappeler que c’est avec ce même portable que le journaliste et militant LFI avait filmé Alexandre Benalla, et qui contient aussi les images de sa propre interpellation. Aujourd’hui l’appareil, qui lui sert d’outil de travail, est sous scellé, et la police le convoque prochainement pour outrage et rébellion.

Accompagné de journalistes et de quelques soutiens, il s’est présenté en compagnie d’une petite dizaine de personnes au commissariat où son portable est retenu. Les forces de l’ordre ont immédiatement fermé les grilles et fuit tout dialogue, après lui avoir seulement répondu qu’il devrait le récupérer au tribunal, c’est-à-dire lors de son procès en 2020, et sans le justifier avec le moindre texte de loi.

La police mise ainsi sur le fait que beaucoup de personnes, notamment des « indépendants » qui filment par exemple les manifestations, ne connaissent pas forcément les droits français sur la protection des données privées. Au-delà des intimidations verbales et des mensonges sur la légalité de leurs pratiques, possibles tant la bureaucratie et l’impunité sont de mise, ce sont sur les agressions physiques qu’ils misent pour obtenir les informations de celles et ceux qui sont arrêtés. Gaspard Glanz, menacé récemment dans le cadre des activités militantes, a ainsi fait un reportage en solidarité :




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