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Politique

Vu sur le Huffington Post

VIDEO. Quand Marine Le Pen reprochait d’avoir acheté “sans raison” trop de masques pendant l’épidémie de H1N1

« Gouverner c’est prévoir » : après l’épidémie de H1N1, une vidéo publiée par Le Huffington Post montre Marine Le Pen qui reprochait vertement à Roselyne Bachelot d’avoir acheté “sans raison » trop de masques « avec l’argent des contribuables »… Aujourd’hui, même adage : mais dans le sens strictement inverse ! Certes, aujourd’hui, « on n’a pas assez de masques », mais Le Pen a perdu tout droit de s’indigner.

lundi 6 avril

Quand le Pen fustigeait les dépenses sanitaires

L’opportunisme est l’une des caractéristiques de la présidente du RN, mais quand il s’agit d’une crise sanitaire aussi grave que celle du Covid 19, un peu de décence ne ferait pas de mal. Si on ne peut que souscrire à la dénonciation de l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire sans précédent que nous vivons dans des conditions pénibles, voire dramatiques, on ne peut, en revanche que trouver énorme l’indignation d’une Marine Le Pen sur RMC et BFM le vendredi 3 avril. Elle déclare, ainsi que le rapporte le Huffington Post, que « Nous sommes aujourd’hui victimes de l’impréparation d’hier ». Une déclaration qui sonne comme un écho à la formule de Thiers - responsable de la répression de la commune de Paris - qui visiblement lui est chère : « gouverner c’est prévoir ».

Or, c’est de cette phrase que s’était saisie en 2010, à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, la vice-présidente du FN pour lancer une attaque en règle contre Roselyne Bachelot, alors ministre de la santé, lors de son audition par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale. Embouchant la trompette de tous ceux qui contestaient sa gestion de l’épidémie, elle lui avait reproché, en quelque sorte, d’en avoir « trop fait » et d’avoir acheté trop de vaccins et de masques « sans raison ».

Et de faire les comptes en bonne gestionnaire des deniers publics en ajoutant : « Quand on n’est pas capable de prévoir on dépense l’argent des contribuables sans raison, car là en l’occurrence, on parle de près de 2 milliards d’euros ». Et elle précise que ces milliards d’euros concernent des vaccins….mais aussi des masques.

Du H1N1 au COVID 19, un virage à 180° sans repentance

Des masques, des vaccins, n’est-ce pas de cela qu’il s’agit justement aujourd’hui ? Faut-il rappeler à Marine Le Pen que la grippe H1N1 de 2009 a fait entre 200 000 et 400 000 morts, et que l’ampleur de la catastrophe, même si elle présente cette fois-ci un caractère inédit, ne justifiait pas à l’époque une telle indignation sur les deniers consacrés à l’une des plus grandes crises sanitaires depuis les années 2000. Elle ne les justifiait pas plus hier que maintenant, et nul doute que le choix de faire passer « les deniers » avant la santé n’ait ouvert la voie aux restrictions sur les matériels et protections sanitaires. Si nous en sommes là, Marine Le Pen en partage la responsabilité historique. Et elle a le culot aujourd’hui de s’indigner, préférant laisser le passé aux oubliettes plutôt que d’exprimer la moindre repentance.

Depuis le début de la crise sanitaire mondiale enclenchée par la diffusion du nouveau coronavirus, le gouvernement tâtonne et ajuste au fil de l’eau ses stratégies en gardant bien entendu la boussole des intérêts capitalistes. Et la Présidente du Rassemblement National a beau jeu de reprocher aux autorités le manque de masques de protection. Mais c’est une œuvre de salubrité publique que de lui faire ravaler une indignation qui, dans sa bouche, devient une insupportable duperie.




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