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VIOLENCES POLICIÈRES

VIDÉO. Révoltes au Mexique après la mort d’un homme arrêté par la police

Ce jeudi 4 juin, à Guadalajara au Mexique, des dizaines de personnes ont manifesté dans les rues pour réclamer justice après la mort de Giovanni Lopez. Ouvrier de 30 ans, il est décédé le 4 mai dernier, suite à son arrestation par des policiers municipaux dans la ville d'Ixtlahuacán de Los Membrillos, à une trentaine de kilomètres au sud de Guadalajara. Sa famille n’a dénoncé les circonstances de sa mort que cette semaine. Mercredi, une vidéo de l'incident a été publiée montrant les policiers municipaux armés de fusils d'assaut forcer G. López à monter dans un véhicule de police alors que des passants plaident pour sa libération et s’indignent du comportement des policiers.

vendredi 5 juin

Crédits photo : ZonaDocs

Ses proches, voulant aller le chercher au poste de police, ont trouvé son cadavre à l’hôpital, une balle dans le pied et avec de nombreuses contusions. Son autopsie a révélé qu’il était mort d’un traumatisme à la tête provoqué par un objet contondant. Le chef de la police municipale aurait proposé 200 000 pesos (8 100 €) au frère de Giovanni pour étouffer l’affaire et ne pas diffuser la vidéo dont il disposait. Selon certaines sources, il aurait été arrêté car il ne portait pas de masque pour se protéger du Covid-19. Le parquet, qui a ouvert une enquête, a de son côté évoqué une arrestation pour motif « administratif », mais affirme qu’il a vraisemblablement succombé à des coups reçus après son arrestation. Le procureur Gerardo Octavio Solís et le gouverneur de l’État de Jalisco, Enrique Alfaro, ont d’abord nié publiquement l’arrestation de Giovanni, pour modifier leurs déclarations a posteriori. Le procureur a affirmé que le comportement « agressif » du jeune homme aurait été la cause de son arrestation. Quant à E.Alfaro, il a promis que les coupables seraient punis. « Nous n’allons pas permettre des abus d’autorité et encore moins des violations des droits de l’Homme », assure-t-il dans un post Twitter. Une pétition a été lancée pour que justice soit rendue et a dépassé, vendredi 5 juin, les 125 000 signatures. De plus, suite à la vague d’indignation suscité par la mort de Giovanni, de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux ont dénoncé la corruption et les abus de pouvoir de la police au Mexique.

La colère n’a pas tardé à se faire entendre, et des centaines de personnes sont sorties dans les rues, s’attaquant aux voitures de police, aux policiers eux-mêmes et au bâtiment du gouvernement régional, aux cris d’ "Assassinos !". Une radicalité qui fait écho aux révoltes qui se produisent depuis quelques semaines aux États-Unis suite à la mort de George Floyd, tué par un policier à Minneapolis le 25 mai dernier, et aux manifestations dans de nombreux pays contre les violences policières, à l’image de celle à Paris qui a compté plus de 40 000 manifestants. Cette indignation et cette colère reflètent l’illégitimité et l’injustice de ces actes impardonnables qui perdurent contre des personnes racisées, dissidentes ou défavorisées, et montre le racisme systémique de la police. Que ce soit en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, à Hongkong ou aux États-Unis, ces crimes ne doivent pas rester impunis. C’est dans la rue et par la mobilisation que nous obtiendrons justice, en criant les noms des victimes de la police : George Floyd, Giovanni Lopez, Clément Méric, Adama Traoré, Cédric Chouviat, Camilo Catrillanca, Steve Maia Caniço, Ahmaud Arbrey...




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