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Politique

Scandale écologique

VIDEO. Selon une enquête, l’entreprise Lafarge déverserait du béton dans la Seine

Selon une enquête menée par Europe 1, l’entreprise Lafarge déverserait délibérément ses eaux usées, contenant du ciment et du plastique, dans la Seine. Des soupçons s’inscrivant dans la longue liste des crimes écologiques commis par de grandes entreprises dans leur course aux profits.

mardi 1er septembre

Crédits photo : Franck FIFE / AFP

Dans une vidéo publiée par Europe 1, un camion à béton de Lafarge déverse ses cuves d’eaux usées dans la Seine, en plein jour et à quelques pas de Bercy.

Si l’entreprise, mise en porte-à-faux, affirme qu’il s’agit d’un acte involontaire voire d’une prétendue « détérioration manifestement délibérée » du camion, un agent de développement de l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique interrogé par la station de radio affirme au contraire que ces déversements sont pratiqués sciemment, et cela depuis des années. Il explique à Europe 1 : "Clairement, c’est volontaire. Dans ces cuves, ce sont toutes les eaux et les restes de béton fabriqué dans la journée qui reviennent dans les camions en fin de journée. Ensuite, la société est censée traiter ses déchets".

Le déversement de ces eaux usées dans le fleuve a pour principale conséquence l’étouffement des poissons et la pollution des algues. Si les faits sont avérés, il s’agirait d’un véritable scandale, alors que ces déchets pourraient être recyclés. Cette potentielle affaire n’est pas sans rappeler d’autres cas de destructions environnementales commises par les grandes entreprises, comme le déversement de boue réalisé par une station d’épuration de Nestlé dans une rivière, ayant causé la mort de trois tonnes de poissons dans les Ardennes.

Ces deux affaires et tant d’autres démontrent une nouvelle fois l’irresponsabilité du grand patronat, prêt à sacrifier la nature et la santé des populations pour générer toujours plus de profits. Mais ils illustrent également l’impunité qui règne, alors que le gouvernement ferme les yeux sur ces scandales écologiques et leurs conséquences. On se souvient notamment d’une autorisation préfectorale délivrée pour la réouverture de l’usine Lubrizol après un grave incendie impliquant des produits toxiques, et cela en dépit des données alarmantes révélant de lourdes répercussions sur la santé des habitants.

Face à des comportements aussi destructeurs, et pour une gestion de la productions transparente et soucieuse des normes sanitaires et environnementales, il n’est plus possible de croire en la bonne foie des entreprises. Aujourd’hui, c’est clairement avec une perspective anticapitaliste et sans conciliation qu’on pourra lutter contre ces désastres. Cette affaire montre bien, en plus, que si les travailleurs, qui sont ceux qui dénoncent ces agissements aujourd’hui et savent le mieux comment fonctionne ces usines, dirigeaient l’activité, il en serait tout autrement.




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