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Politique

Violences policières à la Pitié-Salepêtrière

VIDEO. Témoigne Pitié-Salpêtrière : « Devant nous arrivent des voltigeurs et là ils ont tapé »

Dans l'union locale de la CGT du 13ème arrondissement de Paris s'est tenue la conférence de presse du « collectif des 34 de la Pitié » pour rétablir leur version des faits contre les mensonges de Castaner.

lundi 6 mai

Trente quatre. C’est le nombre de manifestants arrêtés le 1er mai dans l’enceinte de l’hôptial de la Pitié-Salepêtrière lors de la manifestation parisienne. Alors que cette journée était placée sous le signe de la convergence entre Gilets jaunes et syndicalistes, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait accusé les manifestants d’avoir mené une « attaque » contre l’hôpital. Un mensonge démenti par les vidéos et témoignages du personnel de l’hôpital présent au moment des faits, ainsi que par celui des interpellés, qui ont tenu à dénoncer les violences policières commise à l’encontre du mouvement lors d’une conférence de presse ce samedi.

C’est dans l’union locale de la CGT du 13ème arrondissement de Paris que s’est tenue la conférence de presse du « collectif des 34 de la Pitié », un geste qui montre la volonté des secteurs de base de la confédération syndicale de se rapprocher des Gilets jaunes. En effet, depuis le début du mouvement en novembre dernier, seuls quelques timides appels à la grève on tété formulés par les directions syndicales. Mais tandis que de nombreux syndicalistes se retrouvaient déjà dans les manifestation du samedi, ce 1er mai devait précisément se tenir sous le signe de la convergence entre les deux secteurs. L’ampleur de la répression qui s’est abattue ce jour-là sur tous les manifestants, cortège de la CGT compris, n’est donc sans doute pas indépendante de cela, le gouvernement cherchant à empêcher par la peur toute tentative de rapprochement dans ce sens.

C’est donc avec effroi que l’on découvrait ce soir-là les vidéos de manifestants frappés, insultés, humiliés, allongés face contre terre par les forces de répression dans la cour de l’hôpital, qui démontait le mensonge d’un Christophe Castaner en difficulté pour légitimer le dispositif répressif mis en place dans Paris. C’est sur ces violences que sont revenus les interpellés ayant accepté de témoigner lors de cette conférence de presse. Si les trente-quatre n’étaient pas présents au complet, une grande partie d’entre eux s’était toutefois mis d’accord pour lire devant la presse un texte écrit collectivement, pour dénoncer les violences policières commises à leur encontre, mais également contre l’ensemble du mouvement et contre les habitants des quartiers populaires.

Le mensonge grotesque du ministre de l’Intérieur a ainsi été vite balayé. Si les manifestants sont rentrés dans l’enceinte de l’hôpital cela n’est évidemment pas pour l’attaquer, mais pour s’y réfugier (parfois sans même savoir que c’était un hôpital) des gaz lacrymogènes et des matraques et flashballs des policiers déchainés ce jour là. Et alors que les quelques Gilets jaunes paniqués essayaient de reprendre leurs esprits, des voltigeurs (policiers en moto) et des CRS pénètrent à leur tout dans la cour de l’hôpital et s’en prennent violemment à eux. Jacques, un des interpellé témoigne « ça m’a rappelé Malik Oussekine », en référence au jeune homme tué en décembre 1986 sous les coups des mêmes voltigeurs en marge d’une manifestation étudiante.

Cependant malgré les efforts du gouvernement pour empêcher la convergence entre Gilets jaunes et syndicats, ce sont bien les travailleurs soignants de l’hôpital qui ont les premiers apporté un démenti aux accusations mensongères de Castaner. En filmant et diffusant les scènes de violences et en rapportant notamment une vidéo où on voit les Gilets jaunes paniqués faire marche arrière une fois avoir compris qu’ils étaient sur le point d’entrer dans le service de réanimation, ils permettaient de rétablir la vérité sur l’affaire de la Pitié. Florence, infirmière et syndicaliste dans cet hôpital affirme que « l’hôpital a été pris comme un refuge et pas du tout attaqué. Ce qui était violent c’était la réaction des CRS et de la police ». D’ailleurs il semble bien cynique de la part d’un gouvernement qui ne cesse de s’attaquer au service public de jouer les défenseur de l’hôpital. Il faut souligner à ce sujet que le personnel des urgences de la Pitié est mobilisé contre les suppressions de postes et les mauvaises conditions de travail qui les empêchent de réaliser leur mission, et que lors de la visite éclair de Castaner ce soir du 1er mai, la direction a pris soin de faire appel à la police pour faire retirer les banderoles accrochées là par les grévistes. Des revendications également reprises par les Gilets jaunes, pour la gratuité des soins et l’accès d’un service public de qualité à toutes et tous.




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