^

Monde

IMPUNITE POLICIERE

VIDEO. Un policier tabasse une femme menottée dans un commissariat au Brésil

La vidéo atroce du policier rouant de coups une femme au commissariat est une nouvelle et violente illustration de l'impunité policière particulièrement violente au pays de Jair Bolsonaro.

mercredi 25 novembre 2020

Dimanche dernier, la vidéo d’une femme se faisant tabasser par un lieutenant de la police militaire brésilienne dans un commissariat de Bonito (à 296km de Campo Grande) a fait le tour du monde dès sa publication. On y voit une femme assise sur un siège du commissariat et un policier la rouant de coups jusqu’à ce qu’une de ses collègues ne l’arrête. Malgré le mois qui s’est écoulé depuis les faits (qui datent du 26 septembre), la colère a été telle que ces images, d’une grande violence, ont rapidement fait le tour du monde.

La femme agressée raconte qu’elle était, plus tôt dans la journée, dans un restaurant avec son mari, son fils, et sa fille atteinte de trouble autistique. Une altercation a éclaté avec le patron du restaurant en raison de la nourriture de sa fille qui aurait mis plus d’une heure et demie à être servie, plainte à laquelle le patron aurait répondu en traitant l’enfant de « parasite de la société ». Le ton est donc monté, jusqu’à ce que la mère de famille et le propriétaire d l’établissement soient séparés. En fin de journée, la police est venue la chercher dans l’auberge où elle séjournait avec sa famille. La version des faits de la police est, bien sûr, tout autre puisqu’elle rapporte que la femme était « soupçonnée de crimes d’outrage, dommages matériels, menaces, résistance à l’emprisonnement et ivresse. »

Si bien sûr les versions de la femme de 44 ans et de la police divergent quant aux raisons de son arrestation, ou du fait qu’elle porte des menottes, ou encore de sa détention en prison pendant 48h, la violence physique glaçante qu’elle a subie – une première fois sur les lieux de l’arrestation, et une seconde fois, par un deuxième policier au poste –, ne peut être contestée par les « forces de l’ordre », dans la mesure où elle a été pratiquée devant témoins et caméras.

La violence sans retenue du policier sur cette vidéo qui ne peut que révolter - et qui n’est pas sans rappeler celle il y a à peine quelque jours qui a conduit à la mort d’un homme noir dans un supermarché, tabassé par un vigile et un policier - c’est celle de toute une institution dont chaque jour notre classe paye au prix fort le racisme, le machisme et la haine des classes populaires. Le Brésil subit une police très violente et à l’impunité sans limite, particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de la personnalité ultra-réactionnaire de Bolsonaro, en croissance constante durant ces dernières années, avec des meurtres des mains de la police qui ont augmenté dans plusieurs régions du pays.

Le chef de la police, qui a déclaré avoir identifié le policier coupable, a lancé une enquête de la police militaire. Au Brésil, comme en France et partout dans le monde, ces enquêtes laissent l’immense majorité du temps impunis les crimes de la police. Et cette réaction, purement défensive, du chef de la police face au buzz qu’a fait la vidéo, ne peut bien sûr pas représenter un espoir de justice pour cette femme et sa famille, comme pour toutes les victimes de violences policières.

En ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les violences de l’institution policière contre les femmes, partout dans le monde et quelle que soit leur nature, nous rappellent que nous ne pouvons compter sur l’État pour défendre nos droits et nos vies, et que nous devons nous organiser nous-mêmes pour notre émancipation !




Mots-clés

Répression policière   /    Jair Bolsonaro   /    Brésil   /    Monde