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Politique

VIDEO. "Une catastrophe prévisible !", un médecin urgentiste accable le gouvernement sur BFM-TV

« A l'issue de la crise, il faudra que les responsables passent à la caisse ». Le médecin urgentiste et porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France, Christophe Prudhomme accuse le gouvernement et sa gestion catastrophique de la crise en mettant en lumière l'écart entre les discours ministériels et présidentiel face à la réalité du terrain.

lundi 30 mars

Des sirènes d’alarme depuis longtemps tirées sans la moindre réaction politique

La situation décrite par Christophe Prudhomme, urgentiste dans le 93, est alarmante : tous les personnels et étudiants, la totalité des lits pleins, plus aucune réserve matérielle que ce soit en matériel de protection comme de réanimation, l’ensemble des moyens disponibles donc, réquisitionnés, alors même que l’épidémie n’a pas atteint son pic et que seules quelques régions sont touchées durement par le coronavirus (Grand Est, Ile de France).

Une crise, qui prend de cours les politiques et qui pourtant est loin d’être une surprise pour les personnels médicaux qui ont été confrontés aux précédentes crises sanitaires (H5N1, H1N1 etc) et surtout manque de moyens depuis des années déjà. Il a fallu 15 ans aux gouvernements successifs pour fermer quelque 100 000 lits, 15 ans dit Christophe Prudhomme, que lui et l’association des médecins urgentistes de France se battent et dénoncent à chaque épidémie hivernale de grippe, à chaque canicule, le manque de moyen, les fermetures systématiques de lits, de centres etc Il décrit un hôpital "en flux tendu", déjà en période normale, sans aucune marge de manœuvre pour quelle crise que ce soit, tant les stocks et moyens de l’hôpital public sont pauvres "nous choisissons aujourd’hui les patients en réanimation et ça c’est du à l’incurie du gouvernement !".

Aujourd’hui c’est le [système D qui prime dans les hôpitaux - https://www.revolutionpermanente.fr/Une-infirmiere-temoigne-Des-soutiens-gorge-sont-recycles-pour-faire-des-masques ] et l’on compte sur des solutions de solidarité collective comme des cagnottes en ligne pour allouer des moyens à la seule structure qui peut nous sauver de la crise sanitaire. Ce n’est pas à nous de payer la crise qu’ils ont causé : "il faudra que les responsables passent à la caisse et payent !".

Les mesures annoncées et les politiques mises en place largement en deçà de la réalité du terrain

En France, ce qu’a choisi le gouvernement pour désengorger les hôpitaux dans les régions les plus touchées, plutôt que l’allocation de moyens supplémentaires, c’est le transport de patient en TGV, des mesures non seulement chronophages mais surtout très couteuses en termes de personnel à mobiliser, soit précisément ce dont l’hôpital manque cruellement.

« Les frontières se ferment, on se bat pour obtenir des masques, on ne sait pas ce qu’on est capable de produire en france et on fait un pont aérien avec la chine [...] pour nous amener quelques millions de masques. Rien que pour nos collègues des ephad aujourd’hui où il y a 700 000 résidents, il faut, au minimum 2 millions de masques par jour ! » rappelle Christophe Prudhomme suite aux annonces d’Olivier Véran le 28 mars, ce qui montre de manière particulièrement cruelle, une nouvelle fois l’écart immense entre les discours gouvernementaux et la réalité vécue par les soignants.

Au-delà des frontières française, aucune coordination sanitaire européenne, aucune gestion de crise commune n’a été prise en charge par les états membres dénonce Christophe Prudhomme. Alors même que l’on constate des replis nationalistes les politiques entrent dans une mise en concurrence, au prix de milliers de victimes, tandis que l’Allemagne et les Etats Unis se lancent dans une course commerciale au vaccin, c’est à celui qui tirera le plus de profits de cette crise.

Face a système global pourrissant qu’est le capitalisme, organisons-nous

Christophe Barbier, premier défenseur de la macronie, défendait face au médecin les "choix politiques" du gouvernement à savoir choisir entre les services publics lequel privilégier (on connait d’ores et déjà le choix que fait Macron ), ou encore le fait que pour maintenir du stock dans les hôpitaux il eut fallu abaisser le niveau de remboursement de la sécurité sociale, augmenter les impôts et donc le faire peser sur la collectivité. "De l’argent il y en a aujourd’hui la question ce n’est pas si on en met plus à l’hôpital y en aura moins dans l’éducation [...] la question c’est d’en mettre moins dans les paradis fiscaux, moins de dividendes aux actionnaires" répond Christophe Prudhomme. Ce n’est pas aux travailleurs de subir l’appétit grandissant des capitalistes pour leur profits aux dépend des services publics mais bien au grand patronat qui engrange des milliards de profit chaque année et aux gouvernements à leur solde de payer la crise qu’ils ont eux-mêmes engendré !

"Les lanceurs d’alerte sur la transmission des virus animaux aux humain du fait de la déforestation massive, on ne les a pas écoutés ! Parce que le Sida, Ebola et ce virus viennent du monde animal ! Parce qu’on déforeste, parce qu’il y a des problèmes écologiques majeurs et la transmission de virus qui viennent du monde animal, qu’on ne connait pas qui peuvent être particulièrement virulents [...] risquent de se multiplier dans les années qui viennent" En effet, l’hôpital public n’est pas la seule victime collatérale de ce système capitaliste nécrosé. A l’heure où la crise sanitaire fait envisager à tous les économistes mondiaux une crise inédite, où un changement de système s’impose comme la seule issue possible aux désastres sociaux sanitaire et environnementaux, se pose encore un fois la question "socialisme ou barbarie".




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