^

Politique

Vaccination : pour une campagne large mettant les soignants et la population au cœur

Face au nouvel échec sanitaire gouvernemental, et à la faillite de la haute administration de l’Etat, il est nécessaire d’opposer une stratégie de vaccination alternative. Une stratégie qui, loin de toutes mesures liberticides, mette au cœur les soignants ainsi que la population, auto-organisée à la base.

mardi 12 janvier

Crédits photo : Georges Gobet / AFP

En ce début d’année 2021, marqué par une résurgence importante de la pandémie de covid-19 au niveau international, on observe des flambées épidémiques dans de nombreux pays, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne. Des pays comme la Corée du Sud ou la Chine qui étaient parvenu à maîtriser le virus ou comme le Japon, jusque-là assez peu touchés connaissent eux aussi une certaine résurgence de cas.

On peut expliquer cette tendance par plusieurs facteurs. Le premier est l’épuisement des méthodes de semi-confinement et de couvre-feu autoritaires mises en pratique jusqu’ici par les gouvernements des différents pays. Le deuxième pourrait être le facteur de saisonnalité même s’il reste encore beaucoup de débats scientifiques à ce sujet.

Mais un autre facteur qui aujourd’hui inquiète les gouvernements et les épidémiologistes : l’apparition des nouveaux variants sud-africain et britannique, jusqu’à 70% plus contagieux que la souche majoritaire du covid-19. Au Royaume-Uni, la nouvelle souche baptisée VOC 202012/01 est même devenue majoritaire avec 62% des nouvelles contaminations, ce chiffre s’élevait à 25% en novembre et pourrait atteindre plus de 90% d’ici mi-janvier. Au Royaume-Uni, l’épidémie est désormais hors de contrôle, obligées de confiner juste avant les vacances de noël, les autorités londoniennes estiment qu’aujourd’hui, un londonien sur vingt serait contaminé.

Un autre variant, appelé 501.V2, est lui aussi désormais majoritaire en Afrique du Sud où il représente actuellement 80 % à 90 % des souches. Il semblerait qu’il soit encore plus transmissible que le variant britannique. Bien que minoritaires hors de leurs frontières, ces nouvelles souches ont déjà été répertoriées dans d’autres pays comme au Danemark, où l’on compte déjà 86 cas du variant britannique, et en France, où l’on dénombre plusieurs clusters du variant britannique, notamment dans les Bouches-du-Rhône, en Ile-De-France et en Bretagne.

Alors qu’en France, le gouvernement oscille depuis le mois de mars entre différentes solutions aussi répressives qu’inefficaces pour enrayer la propagation de l’épidémie, ce début d’année est également marqué par la production et la mise sur les marchés d’un vaccin, seul moyen arriver à l’immunité collective sans passer par l’immunité naturelle et ses milliers de morts. Si le vaccin ouvre pour la première fois, la voie à une sortie de crise, et représente une réelle solution qui pourrait briser la spirale des confinements et des couvre-feux à répétition, l’incertitude demeure quant à son efficacité sur les deux principaux variants qui se diffusent déjà à large échelle.

En France et au lendemain des fêtes de fin d’année qui se sont déroulées à peu près normalement, le spectre d’une troisième vague est au cœur des préoccupations, gouvernementales mais aussi populaires. Si selon Santé-Publique France, la France « avec un R aux alentours de 1, parfois un peu en dessous, parfois un peu au-dessus, elle peut encore se placer dans les pays qui maîtrisent l’épidémie, […] son cas peut s’aggraver à tout moment », en effet, après avoir annoncé le maintien des restrictions sanitaires, Jean Castex a annoncé la semaine dernière que le gouvernement se tenait prêt à « renforcer [les mesures] dès l’instant où cela s’avérait nécessaire en fonction de l’évolution des prochains jours et des prochaines semaines » dès lors que les données des fêtes seraient disponibles, c’est-à-dire en milieu de semaine.

Dans ce contexte, une défiance importante de la population s’est installée quant à la capacité du gouvernement à gérer correctement la crise sanitaire. Après une gestion catastrophique marquée par le scandale des masques, des tests ou encore des lits de réanimations, le gouvernement a ouvert la nouvelle année par un scandale sanitaire de premier ordre : celui de la stratégie vaccinale. Ainsi, comme le révèle Médiapart, le ministère de la santé n’a pas été assez réactif, ne prévoyant la mise en place que de 38 des 113 congélateurs susceptibles de stocker les doses de vaccin fin décembre. Une illustration des erreurs très grave de logistique de la haute administration d’Etat.

Face à ce scandale sanitaire, résultat de la stratégie de la lenteur du gouvernement, il est nécessaire d’opposer une autre stratégie de vaccination. Premièrement, une stratégie qui ne soit pas déléguée à des cabinets de conseil privé. Payée deux millions d’euros pour son intervention, la multinationale de conseil Mc Kinsey et Company a été appelée à l’aide par le gouvernement pour la mise en place de son plan de vaccination national. Une pratique devenue récurrente chez l’exécutif mais qui reste scandaleuse, notamment dans un contexte de crise économique et sociale. Selon l’Humanité, l’exécutif, se déléguant de la gestion de la crise au profit de cabinets privés, y avaient déjà fait appel : « Dès avril, comme l’avait alors révélé la presse, une autre entreprise de conseil, le cabinet Bain, avait déjà été sollicitée sur le déploiement des tests en France. »

Pour une campagne de vaccination qui mette au cœurs les soignants et la population

Deuxièmement, face à l’enjeux fondamental que revêt le vaccin quant à une possible sortie de crise, face une inégalité d’accès criante au vaccin pour les semi-colonies expression des rapports de domination impérialiste, mais aussi face à la pénurie générale qui force à un rationnement du vaccin dans l’ensemble des pays, il est plus que nécessaire de poser la question de son accessibilité, en quantité suffisante et gratuitement, à toutes et à tous.

Pour cela, il est nécessaire de réquisitionner immédiatement les laboratoires pharmaceutiques en les mettant sous contrôle des travailleurs, d’en finir avec le monopole des brevets pour les mettre dans le domaine public, pour fournir ce bien commun universel.

A très court terme, alors que le gouvernement a pris trois semaines de retards en termes de vaccination, il est plus que nécessaire d’opposer une stratégie vaccinale alternative. Une stratégie qui se refuse premièrement à toute obligation de se vacciner, qui est par nature liberticide. Cela d’autant plus que cette question reste dans les cartons du gouvernement mais aussi du MEDEF qui cherchent à mettre en place un « passeport sanitaire ».

Il s’agit aussi de lancer une campagne de vaccination de grande envergure, qui mette les soignants et les travailleurs de la santé, ainsi que la population, au cœur du dispositif. C’est une condition sinéquanone pour rétablir la confiance vis-à-vis du vaccin. Il s’agirait aussi de rendre beaucoup plus transparent la gestion des effets secondaires pour permettre à la population de mesurer concrètement le rapport bénéfice-risque du vaccin.

En termes de logistiques, il ne faut se refuser à aucuns moyens de vaccinations par dogmes, et combiner, la vaccination chez des médecins généraliste, avec de grands centres de vaccinations respectant strictement le protocole de vaccination, l’écarts entre l’injection des doses, et le non- panachage du vaccin, le respect de la chaine du froid.

Face au chaos de la stratégie sanitaire gouvernementale, et à la faillite haute administration de l’Etat, démontrant qu’ils mettront toujours les profits devant nos vies, il est plus que nécessaire de reprendre nos affaires en main.




Mots-clés

vaccin   /    Crise sanitaire   /    Coronavirus   /    Emmanuel Macron   /    Politique