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Politique

Vaccins. L’impréparation gouvernementale causerait la perte de 25 à 30% des doses

En dessous de tout sur toute la ligne, le gouvernement pourrait, selon Le Figaro, être responsable de la perte de 25 à 30 % des doses de vaccins, faute d'avoir prévu assez de supercongélateurs pour les stocker.

lundi 4 janvier

crédit photo : Reuters

La gestion catastrophique de la pandémie par le gouvernement n’en finit pas. Après les masques et le gel, c’est au tour du vaccin. La France accuse, en effet, un retard important dans la mise en place de sa campagne de vaccination. Là où l’Allemagne est parvenue à vacciner 200 000 personnes en à peine quelques jours, la France peine à dépasser les quelques milliers. Un tel écart trouve en partie sa raison dans le caractère approximatif de la gestion de la crise par le gouvernement, qui n’a pas anticipé l’aspect logistique de l’approvisionnement et de la conservation des vaccins.

Le vaccin Pfizer/BioNtech que la France a choisi nécessite deux injections pour atteindre sa pleine efficacité là où celui confectionné par AstraZeneca ne nécessite qu’une seule injection. Le nombre de doses commandées a donc atteint donc les 200 millions. Jean Castex justifiait cette commande bien plus importante que le nombre de doses nécessaires comme une « marge de sécurité que nous prenons car certains des vaccins en cours de développement pourraient ne pas obtenir in fine leur autorisation et qu’un taux de perte doit être pris en compte ». En tout cas, affirmait-il : « nous ne paierons à la fin que ce qui nous sera effectivement livré ».

La réalité risque d’être beaucoup moins radieuse que ne le dit le premier ministre puisque, comme le révèle Le Figaro, d’après une source proche de Jean Castex, 25 à 30 % des doses pourraient être perdues en raison des problèmes d’approvisionnement logistique. Le gouvernement n’a pas préparé la logistique suffisante à conserver les vaccins à ARN messager se conservent à – 70°C dans des congélateurs spéciaux et que la chaîne du froid doit être respectée tout au long du processus. Une fois décongelés, les vaccins doivent être injectés dans les 5 jours sous peine d’être inutilisables. Un élément qui aurait dû être anticipé bien en amont et qui témoigne une fois de plus de la gestion court-termiste d’un gouvernement qui n’en finit pas de naviguer à vue.

Selon Le Journal du dimanche qui a recueilli la parole d’un membre du gouvernement, le lancement précipité de la campagne de vaccination a pris de court l’exécutif. Une dizaine de supercongélateurs, indispensables pour stocker les vaccins, ne sont toujours pas homologués alors que l’objectif de vacciner un million de personnes d’ici la fin janvier est affiché comme cap par le ministre de la santé. Le « rythme de promenade en famille » que fustigeait Macron et le coup de poing sur la table qu’il a donné en déclarant : « ça doit changer vite et fort et ça va changer vite et fort » n’est qu’un effet d’annonce face à l’incapacité du gouvernement à « organiser une campagne de vaccination massive » comme le souligne un ministre.

Après les masques jugés d’abord inutiles puis indispensables et finalement obligatoires et à la charge de chacun, après la pénurie de gel hydroalcoolique, c’est au tour des vaccins d’être mal gérés et potentiellement gaspillés, faute d’une véritable politique de préparation à une campagne massive de vaccination.




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