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Société

Expédition punitives et xénophobes

Vague d’agressions de Rroms dans le 93 : L’extrême-droite se déchaîne

Ces derniers jours, une vague d'agressions contre des Rroms sont à déplorer en Seine-Saint-Denis. A l'origine de ce déferlement xénophobe, une fake news émanant de l'extrême-droite.

jeudi 28 mars

Crédits photo : AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Retour sur les faits

Il y a quelques jours, d’ignobles rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Une fake news savamment préparée et propagée dans la plus grande tradition de l’extrême-droite sur internet, affirme que des Rroms en camionnette s’adonnent au kidnapping d’enfants et de jeunes femmes en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine.

La conséquence de ces rumeurs nauséabondes a été immédiate. Une vague d’agressions est à déplorer contre des campements et des personnes Rroms, en particulier en Seine-Saint-Denis. A Clichy-sous-Bois, une vingtaine de personnes armée de bâtons, a ainsi attaqué un pavillon où logent des Rroms dans la nuit du 25 mars. L’un des assaillant à même lâché son chien sur des Rroms. Scène similaire à Bobigny dès le lendemain où une cinquantaine d’individus s’est lancée dans une expédition xénophobe du même ordre, armés de couteaux. Des faits similaires ont eu lieu à Bondy, Aubervilliers ou encore Noisy-le-Sec. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées dont, cynisme absolu, plusieurs Rroms !

Cette nouvelle séquence xénophobe et de véritable chasse à l’homme rappelle le potentiel réactionnaire de l’extrême droite, banalisé par des décennies de discours xénophobes véhiculés sur les antennes et une série de « penseurs ». Il s’agit ainsi de lutter pied à pied contre l’ensemble des discours racistes.

La conséquence dramatique des discours xénophobes... au delà de l’extrême droite

Mais si les discours xénophobes, arrosés de nationalisme et « d’identité nationale », occupent une place centrale dans les médias, ils ne sont pas la simple conséquence de l’extrême-droite.

Ces dernières décennies, la droitisation générale de l’échiquier politique, jusqu’au plus au sommet de l’Etat, y compris sous mandature de « gauche », ne sont pas sans avoir une responsabilité majeure dans la vague de déferlement raciste à laquelle nous assistons.

De Sarkozy à Valls, de Hollande à Macron en passant par les déclarations fracassantes de responsables politiques, la propagande anti-Rroms n’est pas nouvelle. Elle dépasse même la question de la communauté aujourd’hui frappée de plein fouet par cette chasse à l’homme, comme nous l’avons vu par exemple sur la question des réfugiés, et bien sur sur le terrain islamophobe.

Griveaux, l’opportunisme à l’état brut

En ce sens, les déclarations d’individus comme Griveaux sont d’un cynisme absolu. Des larmes de crocodile, affichant une horreur de façade face à ces actes réellement ignobles, pour ensuite enchaîner sur les fakes news sur les réseaux sociaux.

Une instrumentalisation en bonne et due forme, alors que les gouvernements successifs ne cessent de harceler l’ensemble des personnes issus des « minorités » et dans le cas des Rroms ne cessent d’envoyer la police en action jusque dans les campements. Derrière la posture, il s’agit ainsi de tenter de justifier un plus grand contrôle des réseaux sociaux, à l’heure ou le gouvernement dans son ensemble intensifie la répression contre les Gilets Jaunes qui ne disposent que des réseaux sociaux pour dénoncer les violences policières que Castaner en personne nie dans le plus grand cynisme.

Ce ne sont pas du côté des gouvernants et des « élus de la République », de droite comme de gauche, que la lutte contre les exactions de l’extrême droite peut se mener. Bien au contraire, c’est aux organisations du mouvement ouvrier, de la jeunesse et des classes populaires de se positionner et d’intégrer la lutte dans la rue et par l’action contre l’extrême-droite et le racisme. C’est en ce sens, en intensifiant le rapport de force, qu’il sera possible de faire reculer l’extrême-droite.




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