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Culture et Sport

Vague d’occupation des théâtres : contre la précarité, organisons nous !

Contre la réforme de l'assurance chômage et pour l'extension de l'année blanche, ce 10 mars c'est une vague d'occupation que connaît le secteur théâtral à l'appel des occupants de l'Odéon. Pour ce mouvement embryonnaire, le défi d l'extension du mouvement et de l'organisation doivent être à l'ordre du jour.

mercredi 10 mars

Crédit Photo : THOMAS COEX / AFP

Ce mardi 9 mars a vu poindre une vague d’occupation puisque trois des quatre théâtres nationaux sont désormais occupés : l’Odéon et le Théâtre de la Colline à Paris ainsi que le Théâtre National de Strasbourg mais aussi les théâtres de Pau, Châteauroux et Nantes. Ce sont des étudiants en art dramatique et des intermittents du spectacle qui se sont mobilisés à l’appel des occupants de l’Odéon. Des rassemblements de soutien sont en outre prévus ce 10 mars dans plusieurs villes de France : Bordeaux Toulouse et Lyon entre autres.

Les revendications de ces nouvelles occupations sont claires, les mêmes que celles qui s’étaient exprimés lors de la première AG de l’Odéon : outre la réouverture des lieux culturel, le retrait de la réforme de l’assurance chômage et le prolongement et extension de l’année blanche à tous les précaires sont les deux exigences principales. A travers ces revendications qui sont vitales pour l’ensemble des travailleurs et étudiants de ce secteur, à l’arrêt depuis mars dernier, c’est la colère de ceux qui sont volontairement oubliés du gouvernement qui s’exprime. Si cette radicalité prend la voie d’une contestation sociale d’une ampleur inédite dans le paysage culturel depuis des années, la problématique principale du mouvement doit être comment faire en sorte que ces exigences soient appliquées.

Ainsi, le piège d’un mouvement qui se subordonnerait au dialogue social, toile qu’est en train de tisser Roselyne Bachelot en se rendant ce 7 mars à l’Odéon pour tenter un coup de com’ en jouant la carte de la compréhension, est le danger principal qui guette la mobilisation. Pourtant, on ne sait que trop où s’arrête la compréhension de la ministre, celle qui fait partie du gouvernement qui tente d’imposer par la force réforme des retraites et de l’assurance chômage et qui refuse le renouvellement de l’année blanche a des intermittent qui ont fait chou blanc Alors qu’un rapport de force important prend de l’ampleur nationalement du côté des travailleurs et petites mains de la culture, la logique d’un mouvement qui ne serait qu’une béquille pour la négociation des miettes que daignerait nous donner Bachelot, risque grandement d’isoler une mobilisation dont les revendications - contre la précarité et contre la réforme de l’assurance chômage - sont susceptibles d’être portées par l’ensemble de notre camp social.

Ainsi, si la réouverture des lieux culturels est aujourd’hui vitale pour tous les travailleurs les plus précaires du monde de la culture, celle-ci doit être soumise à des conditions, que de telles occupations sont susceptibles d’imposer. Contre un déconfinement des lieux culturel qui ne seraient que le reflet du « monde d’avant », avec les mêmes conditions de travail, les mêmes salaires de misère, c’est pour une réouverture dans les conditions fixées par les travailleurs des lieux concernés que le mouvement doit lutter. Pour cela, ces occupations peuvent devenir le centre névralgique de l’organisation des luttes en cours et futures. Un lieu d’auto-organisation pour l’ensemble des travailleurs de la culture, où syndiqués et non syndiqués doivent s’unir pour penser ensemble la lutte.

Plus largement, les occupations que connaît aujourd’hui le secteur théâtral devraient s’ouvrir en grand vers les mouvements sociaux et ouvriers. Les lieux occupés pourraient en effet devenir des lieux de solidarité pour répondre à l’urgence de l’ensemble des secteurs les plus précaires qui meurent de faim à commencer par les étudiants, mais surtout des lieux de lutte pour s’organiser en interpro. D’ores et déjà les ouvriers de la métallurgie en grève ont ainsi envoyé un beau message de solidarité aux occupants de l’Odéon, c’est cette solidarité là qu’il faut continuer de nouer.

A rebours du dialogue social avec une ministre qui ne nous promet que des miettes, nous devons engager un dialogue avec l’ensemble de notre classe et pousser ces initiatives progressistes jusqu’au bout. La culture, secteur en première ligne des conséquences dramatiques de la gestion catastrophique de la crise du Covid par le gouvernement, pourrait alors jouer le rôle central de détonateur et montrer la voie à l’ensemble des colères accumulée par cette année de misère. En ce sens donc, c’est aujourd’hui le moment de faire la jonction avec les étudiants en détresse, avec le salariat précarisé et surexploité durant la crise, de faire montre d’une solidarité de classe qui se répand à partir de ces théâtres occupés.




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