^

Culture et Sport

Action coup de poing

Vague d’occupation des théâtres : les occupants de l’Odéon envahissent la DGEFP

Après plus d’un mois d’occupations dans les théâtres, les occupants de l’Odéon ont mené une action coup de poing et envahi la Direction Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle, avec comme mot d'ordre le retrait définitif de la réforme de l’assurance-chômage et le prolongement de l’année blanche.

vendredi 9 avril

Crédit photo : Loïc Venance / AFP

Ce jeudi 8 avril, les occupants de l’Odéon ont envahi la DGEFP ((Direction Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle). Les occupants sont montés sur le toit du bâtiment et ont déployé des banderoles où on pouvait lire « retrait de la réforme de l’assurance chômage », « de l’argent il y en a, construisons de nouveaux droits ». Dans un communiqué, le collectif rappelle leurs revendications : « le retrait, pur, simple et définitif de la réforme de l’assurance-chômage », le prolongement de l’année blanche, « le refinancement des caisses sociales et la garantie du maintien de l’ensemble des droits sociaux, notamment formation, retraite, santé et prévoyance, médecine du travail », l’accès pour tous et toutes aux congés maternité, paternité et maladie, ainsi que des mesures concernant les autres secteurs mobilisés, comme les personnels de santé.

Le mouvement des occupations des théâtres a commencé à la suite de la manifestation des travailleurs de la culture du 4 mars à l’Odéon à Paris. À la suite de cette première occupation, plus de 70 lieux sont occupés à ce jour. Les travailleurs de la culture réclament la réouverture des lieux culturels, ainsi qu’un plan massif d’aides : en effet, les acteurs de la culture ne sont pas concernés par les plans d’aides du gouvernement qui ne visent qu’à soutenir les profits du CAC40. Ils réclament également le prolongement de l’année blanche pour tous les intermittents, et enfin ils sont radicalement opposés à la réforme de l’assurance chômage qui va drastiquement toucher l’intégralité des demandeurs.
 

Une réforme pour précariser les plus pauvres

Pendant sa campagne en 2017, Emmanuel Macron promettait la reforme de l’assurance chômage pour faire au moins 1 milliard d’euro d’économie, et clamait qu’il n’y avait pas d’argent magique pour aider les plus précaires. Pourtant, avec la crise du Covid depuis maintenant plus d’un an, les plans d’aides à hauteur de millions d’euros pour les entreprises n’ont pas manqué. Le gouvernement justifie alors cette réforme par une volonté de la rendre plus juste et d’apporter plus d’égalité. En réalité, comme nous écrivions il y a quelques semaines, la réforme de l’assurance-chômage s’attaque principalement aux possibilités d’accès au chômage ainsi qu’au mode de calcul des allocations qui vont largement être abaissées : alors qu’actuellement il faut avoir travaillé au moins 4 mois sur une période de 28 mois, il faudra désormais en avoir travaillé 6 sur une période de 24 mois.
Le mode de calcul journalier sur les indemnités chômage perçues par jour est aussi modifié : alors qu’avant n’étaient comptés que les jours travaillés sur la période de travail, dorénavant ce seront les jours travaillés et non-travaillés. Cette réforme, qui devrait être effective en juillet 2021, vise à pénaliser principalement les chômeurs à répétition, des chômeurs déjà en difficultés et qui seront encore plus précarisés par cette réforme. 

Comme nous le disions au début du mouvement des occupations, l’occupation de l’Odéon ne doit donc être que la première étape d’un plan de bataille qui puisse faire plier le gouvernement. Le mouvement prend de l’ampleur et il est maintenant crucial de s’allier avec les secteurs en lutte, avec les travailleurs menacés de licenciement ou encore avec la jeunesse pour lutter ensemble contre la casse des services publics.




Mots-clés

Réforme de l’assurance chômage   /    Culture   /    Précarité   /    Théâtre   /    Culture et Sport