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Variant Omicron : il faut lever les brevets de façon urgente et exproprier les Big Pharma !

L’arrivée d’un nouveau variant, nommé Omicron, potentiellement plus dangereux et contagieux, sur le sol sud-africain n’est pas une surprise L’accaparement des vaccins par une poignée de grandes puissances est la première responsable de cette situation. Cela réactualise une fois encore ce qui est une évidence : combattre une pandémie ne peut se faire à l’échelle nationale. Pour en finir avec cette situation, il est indispensable d’exiger la levée immédiate des brevets, ainsi que l’expropriation des Big Pharma.

samedi 27 novembre 2021

Crédits photo : ISTOCK

Un virus plus résistant aux vaccins ?

Rien d’étonnant. De nouveaux mutagènes, plus contagieux, font leur entrée. Les scientifiques ont depuis le début de la pandémie alerté sur cette caractéristique « normale » des virus et leurs variations, plus ou moins dangereuses. Le nouveau variant baptisé « B.1.1.529 » ou variant Omicron a été détecté sur une vingtaine de personne depuis le 22 novembre pour la première fois en Afrique-du-Sud, pays africain le plus touché avec 2,9 millions de cas et plus de 89 600 décès. Deux cas ont aussi été détecté à Hong Kong, un en Israël et en Belgique notamment.

Pour l’heure, il n’est pas encore devenu le variant majoritaire dans un pays, mais les premières informations sont pour le moins inquiétantes à plusieurs titres. D’abord, il présente un nombre « extrêmement élevé » de mutations et « nous pouvons voir qu’il a un potentiel de propagation très rapide », a expliqué le virologue Tulio de Oliveira, scientifique sud-américain, lors d’une conférence de presse. Plus précisément, le variant B.1.1.529 connaît une trentaine de mutation par rapport à la souche initiale du début de l’épidémie dont 10 mutations au niveau de la protéine Spike - relatif à la pénétration du virus dans les cellules. C’est ce qui préoccupe particulièrement les scientifiques : « des chercheurs britanniques ont pu montrer que c’est vraiment la protéine Spike, ce trousseau de clés qui permet au virus de rentrer dans les cellules, qui apparaît très mutée. Et c’est ce qui nous pose des soucis et des préoccupations  », a affirmé l’épidémiologiste Antoine Flauhaut sur Europe 1.

Si ces nombreuses mutations ne signifient pas forcément une plus importante dangerosité, elles inquiètent plus en termes de capacité d’échappement aux vaccins actuels. Comme le rapporte les Échos «  les scientifiques s’inquiètent d’une potentielle résistance de ce variant aux vaccins ». Interrogé par le journal, le professeur Richard Lessells, un autre scientifique sud-africain précise « Ce qui nous préoccupe, c’est que ce variant pourrait non seulement avoir une capacité de transmission accrue, mais aussi être capable de contourner certaines parties de notre système immunitaire ». Par déduction, sur l’efficacité des vaccins existants, le chercheur Antoine Flauhaut explique, toujours au micro d’Europe 1 : « Sur le variant Delta il y a certainement une perte de protection vaccinale sur la transmission mais pas de perte sur les formes graves. Pour ce nouveau variant, il est beaucoup trop tôt pour dire qu’il aurait une résistance vis-à-vis des vaccins  ». Le laboratoire Pfizer/BioNTech étudie les conséquences que pourraient avoir ce nouveau variant sur l’efficacité de la vaccination au regard des cas graves notamment, les premiers résultats devraient arriver d’ici deux semaines.

Des experts de l’OMS ce sont réunis hier et « devraient rapidement indiquer si ce variant est considéré comme "Variant d’intérêt" ou "Variant préoccupant"  » comme le rapporte Top Santé. «  Rappelons que les variants préoccupants (ou VOC pour "variant of concern" en anglais) du coronavirus SARS-CoV-2 se transmettent plus facilement que la souche initiale, ou échappent mieux aux anticorps développés par l’organisme pour lutter contre le virus, ou sont à l’origine de symptômes plus sévères (ou différents), ou répondent moins bien aux tests de diagnostic, aux vaccins et/ou aux médicaments » poursuit le magazine.

Face à la situation sanitaire et à la ségrégation vaccinale, imposons l’expropriation de l’industrie pharmaceutique !

Si seuls 35% des Sud-africains sont vaccinés, c’est que l’accès au vaccin est encore très insuffisant. Le New York Times avait révélé en août dernier que l’entreprise Johnson&Johnson exportait ses vaccins produits en partie sur le sol sud-africain vers l’Europe. L’émergence d’un nouveau variant réactualise à nouveau la nécessité d’en finir avec l’accaparement du vaccin par une poignée de puissance.

Près de deux ans après le début de la pandémie, la non-levée des brevets est criminelle, de même que la pénurie en matériels et moyens médicaux dont souffrent les pays sous domination impérialiste. La contradiction entre la logique du profit et la résolution de la pandémie va si loin que les grands laboratoires refusent toujours de partager les brevets pour en premier lieu maintenir leur monopole juteux, ce qui met en danger la vie de milliers de personnes dans les pays dépendants et sous domination impérialiste et compromet la situation sanitaire mondiale. A nouveau, accélérant de facto la circulation du virus à une échelle de masse, favorise l’émergence de nouveaux variants qui risquent d’aggraver une nouvelle fois la pandémie.

En Europe, et en Russie notamment, la baisse dans le temps de l’immunité conféré au vaccin, a ouvert la voie à une cinquième vague. Si cela ne remet pas en question l’outil vaccinale comme mesure clé de protection contre les formes graves, mais plus globalement comme clé de la résolution de la crise, les limites de l’efficacité vaccinale notamment en termes d’infection et donc de transmission réactualise la nécessité de maintenir la recherche scientifique de manière permanente. Malheureusement, cette recherche reste conditionnée en dernière instance aux profits des Big Pharmas, qui après avoir ouvert la voie à l’élaboration de vaccins en un temps records tendent à rentabiliser leurs vaccins, une fois développée.

Pour trouver une véritable issue sortie à la crise à la crise sanitaire, il en ressort donc l’urgence toujours plus importante d’exproprier les grands labos pharmaceutiques qui maintiennent les brevets, et la recherche scientifique captifs de leurs profits. Plus que jamais, il est nécessaire de nationaliser les laboratoires pharmaceutiques sous contrôle des travailleurs du secteurs. Ce sera en l’occurrence la meilleure manière d’imposer la levée des brevets.




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