^

Notre classe

Mouvement ouvrier

Vermilion Energy supprime des emplois du fait de l’arrêt du raffinage à Grandpuits

Vermilion, filiale du groupe pétrolier canadien Vermilion Energy, a annoncé 26 suppressions de postes, dues notamment au surcoût du transport du pétrole induit par la fermeture des activités de raffinage à Grandpuits. Alors que les grévistes de Grandpuits dénoncent les ravages sur l'emploi induit, voilà un premier exemple des conséquences du plan de Total.

mercredi 13 janvier

« Le problème, c’est que ça va être nos emplois à nous, mais aussi les emplois autour, aussi bien au niveau des entreprises sous-traitantes mais que tous les emplois indirects » témoignait ce mardi [au micro de Révolution Permanente - > https://www.facebook.com/732277203520737/videos/2886180828373419] Mathieu, raffineur de l’usine Total à Grandpuits en grève. Son poste sera supprimé par le plan de suppressions de 700 emplois que Total veut imposer, et contre lequel les raffineurs sont en grève depuis maintenant plus d’une semaine - > https://www.revolutionpermanente.fr/Apres-une-semaine-les-raffineurs-reconduisent-la-greve-et-continuent-de-structurer-leur-mouvement-23584].

Et alors même que le PSE n’est pas encore mis en place, les conséquences concernant l’emploi apparaissent déjà dans le paysage. C’est le cas de la société Vermilion REP SAS, filiale française du groupe canadien Vermilion Energy et prestataire de la raffinerie de Grandpuits. La République de Seine-et-Marne rapportait ce matin l’annonce faite par son directeur général, Sylvain Nothhelfer, qui va supprimer 26 postes en France.

L’entreprise que emploie environ 150 salariés actuellement répartira ces suppressions de postes entre l’Ile-de-France et l’Aquitaine. Pourtant, le directeur général de Vermilion affirmait dans [une interview donnée fin septembre à La République de Seine-et-Marne concernant l’annonce de la fermeture de la raffinerie de Grandpuits : « je n’envisage pas d’impact sur le personnel à cause de l’arrêt du raffinage à Grandpuits. Au contraire même. En fonction du mode de transport, il pourrait même falloir recruter des opérateurs pour l’acheminement ». Quelques mois se sont écoulés, et l’acheminement est désormais l’une des causes de ces suppressions de postes, selon Sylvain Nothhelfer qui justifie le PSE par : « les surcharges fiscales liées à la loi Hulot, le prix du baril pendant la crise sanitaire, mais aussi le surcoût entraîné par le transport du pétrole brut au Havre, plutôt qu’en Seine-et-Marne. »

Alors même que Vermilion REP SAS atteignait près de 200 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2019, et que le groupe pétrolier Vermilion Energy auquel la filiale appartient est [au premier rang quant à la production de pétrole brut en France - > https://objectifaquitaine.latribune.fr/business/2016-02-22/petrole-en-france-le-producteur-vermilion-reste-rentable.html], et atteignait 2 milliards de dollars en 2018, la première solution pour le patronat, c’est à nouveau de faire payer leur crise aux travailleurs. Et pour ça, Total est au premier rang, puisqu’alors que le groupe prétend que la fermeture des activités de raffinage à Grandpuits n’entraînera aucun licenciement, ce sont 700 postes qui sont supprimés sur le site.

A ce titre, les grévistes de Grandpuits dénoncent non seulement la suppression des 700 emplois, mais également les conséquences dramatiques que va avoir la fermeture de la raffinerie sur tout le département de Seine-et-Marne et sur de nombreuses entreprises, dont Vermilion est un des premiers exemples. Interrogé par Révolution Permanente, Adrien Cornet, délégué CGT à Grandpuits, réagit à cette annonce : « « Selon moi, les personnes licenciées sur Vermillion, c’est directement lié à la casse du raffinage sur la raffinerie de Grandpuits, puisqu’ils n’ont pas d’autres solutions pour l’instant pour raffiner le pétrole brut sur la région parisienne, et c’est pour ça qu’ils suppriment les emplois. De nouveau 26 emplois dont Total est responsable, c’est des gens qui demain vont être au chômage ! Il y a très peu de représentativité syndicale sur la boîte, et les travailleurs doivent probablement être inquiets en se demandant qui va être dans la remorque des licenciements ».

Dénonçant un [« nouveau Bridgestone déguisé », - > https://www.revolutionpermanente.fr/Greve-contre-les-suppressions-d-emplois-a-Grandpuits-c-est-un-nouveau-Bridgestone-deguise], la grève des raffineurs de Grandpuits, qui se battent pour 0 suppressions d’emploi et pour démasquer le plan de Total est en ce sens exemplaire. Et s’ils deviennent déjà un symbole de la lutte pour l’emploi face à l’offensive patronale, les grévistes de Grandpuits peuvent également être à l’avant-poste d’une lutte collective des secteurs du monde du travail attaqués, dans lequel les travailleurs de Vermilion peuvent s’inscrire, pour construire une véritable riposte contre le patronat. Comme le note Adrien Cornet : « Nous on appelle à la convergence, à ce que les travailleurs de Vermillion nous rejoignent dans la bataille, pour lutter tous ensemble pour préserver l’emploi. »




Mots-clés

Raffinerie Grandpuits   /    Seine-et-Marne   /    Lutte des classes   /    mouvement ouvrier   /    Grève   /    Notre classe