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Patrons voyous !

Victoire pour la caissière de Super U licenciée pour 3,46€ de charcuterie et une pause pipi

Elle vient de gagner son procès et a reçu une indemnité : retour sur l'histoire de cette caissière au Super U licenciée pour des raisons plus qu'absurdes, après 18 ans d'ancienneté.

jeudi 14 octobre

Crédits : Loic Venance / AFP

Elle vient de se voir attribuer 10 000 € d’indemnités de licenciement et 8 600 € de dommages et intérêts. La cause ? Cette caissière employée au Super U de Russ dans le Bas-Rhin avait été licenciée pour un bout de charcuterie à 3,46€ et une pause pipi « abusive » datant de 2012. En effet, au mois d’avril dernier, à la fin de son service, elle achète un morceau de presskopf dans la charcuterie du magasin. En sortant, elle s’aperçoit que le fromage de tête est périmé et retourne l’échanger directement à sa collègue. Ainsi la direction du magasin décide de la licencier pour « faute grave », simplement car elle aurait dû passer par l’accueil comme le font les clients.

La direction du magasin a donc justifié son licenciement par le non respect de cette procédure, déclarant : « Vous êtes employée en qualité d’hôtesse de caisse. À ce titre, vous avez parfaitement connaissance de la procédure à respecter en cas de litige ou de problème qualité. Mais vous avez choisi de faire pression sur votre collègue de la charcuterie, en l’obligeant à être complice. ». Une déclaration des plus absurdes, à laquelle il faut ajouter que l’entreprise a tenté de ternir l’image de son ancienne employée en rappelant qu’en 2012, cette dernière avait reçu un avertissement pour « avoir pris une pause pipi sans avoir prévenu son supérieur ». Un récit qui ressemble à une mauvaise blague, et montre le mépris absolu de la part du patronat après deux ans de crise sanitaire pendant lesquelles les caissières ont été en première ligne.

Pourtant, ce licenciement est loin d’être un cas isolé. En mars dernier, notre camarade Rozenn, étudiante et travailleuse, était licenciée suite à un tweet dans lequel elle dénonçait le greenwashing de Chrondrive, où elle travaillait. Bien qu’en réalité, il s’agissait de répression face à une travailleuse qui relève la tête – Rozenn ayant mené une campagne contre le sexisme dans l’entreprise –, l’excuse du tweet, du bout de charcuterie ou de la pause pipi s’inscrivent dans des méthodes de pression de la part du patronat qui peut mettre ses salariés à la porte sous n’importe quel prétexte.

Après 8 mois d’instruction, cette caissière a finalement été entendue par le conseil des Prud’hommes de Saverne qui lui a donné raison et lui a concédé 10 000 € d’indemnités de licenciements et 8 600 € de dommages et intérêts.

Cependant, il est important de rappeler que le climat de répression patronale reste omniprésent. Pendant toute la crise sanitaire, dans laquelle les travailleurs étaient en première ligne, le gouvernement faisait des cadeaux au patronat prétendant sauver l’économie, notamment sous forme d’aides financières qui devaient permettre de sauvegarder les emplois. Or, cela n’a pas empêché maintes entreprises de lancer des plans de licenciements collectifs. Le journal La Tribune évoque une hausse de 33,6 % du nombre de PSE au quatrième trimestre de 2020.

Ces cas et campagnes massifs de licenciements nous montrent que nous ne pouvons rien attendre de l’État et du patronat, qui après avoir mis les travailleurs en première ligne pendant la crise sanitaire, licencie en guise de remerciement. C’est en indépendance de classe et par la lutte que nous parviendrons à créer un rapport de force nécessaire pour imposer l’interdiction des licenciements ou encore le partage du temps de travail entre toutes et tous avec maintien de salaire, afin que plus jamais ce ne soit aux travailleurs de payer les crises.




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