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Vidal impose des nouvelles mesures sélectives pour les Masters

Le ministère de l’enseignement supérieur a annoncé des nouvelles conditions à l’entrée des Master et durcit les possibilités de recours pour les étudiants qui n’auront pas de place en master. Une nouvelle couche de sélection à peine dissimulé qui ne va qu’accroître les inégalités au sein de l’université.

lundi 17 mai

Crédits photo : AFP

Le site officiel du Ministère de l’Enseignement supérieur a publié des modifications quant à l’accès au Master. Si le décret n’est pas encore paru, des changements sont à redouter dès cette année pour les étudiants qui postulent en master. Déjà, depuis la réforme de 2016, la sélection en master s’est vue intensifiée du fait de l’instauration d’une sélection commençant dès le M1 au lieu du M2. C’est également dans le cadre de cette réforme qu’un droit à la poursuite d’études a été créé. Dans le cas où un étudiant ne serait accepté dans aucun master alors ‘il aurait validé sa licence, il est possible d’engager une démarche de poursuite d’études auprès des services rectoraux. Cette loi issue du gouvernement Hollande-Valls en pleine mobilisation contre la loi travail fait partie intégrante d’un processus de dégradation des conditions d’étude et d’isolement des résistances à l’université entamé depuis de nombreuses années. De plus, ce « droit à la poursuite d’études » mis en avant par l’ancien gouvernement est si fragile qu’il ne résiste pas à une analyse qui tient compte des conditions d’existence des étudiants, de plus en plus précarisés. Faire des démarches supplémentaires en cas de refus défavorise d’ores et déjà les étudiants qui « profitent » de l’arrêt estival des cours pour travailler à plein temps afin de préparer l’année suivante.

Désormais les étudiants qui ne sont admis dans aucune formation de master doivent, en plus des conditions de sélection déjà en vigueur, remplir des conditions supplémentaires comme le fait d’avoir effectué au moins cinq candidatures en première année de master, auprès d’au moins deux établissements d’enseignement supérieur.

Le député Philippe Berta (Modem), corapporteur d’une mission sur la loi de 2016, cité par Les Echos plaide pour des aménagements dont on n’a pas encore le détail mais qui annoncent plus de sélection en master. Il affirme vouloir s’inspirer de Parcoursup pour les délais et pour favoriser la libération de places. Le député avance Parcoursup comme une réforme positive et ainsi assume pleinement de prôner la sélection injuste inhérentes à cette plate-forme. Cela confirme également le fait que Parcoursup n’était que l’avant-goût des logiques de sélection et de mise en concurrence qui ont cours dans l’enseignement supérieur. Rappelons que Parcoursup, lors de la fin de la sélection en juin dernier, c’étaient 54 000 candidats qui s’étaient retrouvés sans affectation.

Cette réforme est justifiée par une obtention plus large du baccalauréat l’année dernière par les élèves de terminale dans le cadre de la pandémie et par conséquent de filières plus remplies en L1 et de manière générale à l’Université. Mais justement cette logique montre à quel point Parcoursup est un outil de sélection majeur pour "faire le tri" entre les élèves. Le bac n’ayant pas joué son rôle de "sélection naturelle", Parcoursup jour le rôle d’un second round de sélection, puis la sélection à l’entrée du Master termine de compenser et d’exclure de l’université une une grande partie des étudiants. En effet, cette réforme en ancrant toujours davantage la sélection sociale au sein de l’enseignement supérieur cible directement les étudiants des classes populaires qui sont contraints de chercher un emploi dans un contexte de chômage grandissant.