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En soutien aux 8 salariés de Goodyear

[Vidéo] Laura Pfeiffer, inspectrice du travail : « Plus les luttes seront réprimées, plus nous devons lutter »

L’inspectrice du travail Laura Pfeiffer, qui fait face à la violence patronale et à un acharnement judiciaire depuis bientôt 3 ans, est venue apporter son soutien aux salariés de Goodyear et à tous les syndicalistes victimes de répression, lors du rassemblement qui s’est tenu jeudi 4 février à Paris. Flora Carpentier

lundi 8 février 2016

L’inspectrice du travail Laura Pfeiffer, qui fait face à la violence patronale et à un acharnement judiciaire depuis bientôt 3 ans, est venue apporter son soutien aux salariés de Goodyear et à tous les syndicalistes victimes de répression, lors du rassemblement qui s’est tenu jeudi 4 février à Paris. Laura Pfeiffer a étécondamnée le 4 décembre dernier à 3500 euros d’amende avec sursis pour « violation du secret professionnel » et « recel » de documents confidentiels, alors qu’elle était chargée de contrôler l’entreprise Tefal de Rumilly. Son crime ? Avoir rendu public, à l’aide d’un informaticien aujourd’hui licencié, des mails internes à l’entreprise montrant que la direction avait cherché à entraver son travail. Alors que cette grave accusation n’est pas sans conséquences pour la vie professionnelle de Laura Pfeiffer, cette inspectrice du travail qui se situe résolument du côté des travailleurs a fait appel de sa condamnation et n’entend pas baisser les bras.

Ce jeudi, elle a témoigné de sa consternation face aux « attaques subies par les salariés et les syndiqués, qui se multiplient et s’intensifient sur tout le territoire national ». « Comment peut-on condamner non pas les dirigeants mafieux initiant de tels plans sociaux mais les salariés qui tentent de lutter pour sauvegarder leur emploi contre la machine capitaliste en train de les broyer ? », s’interrogeait-elle. « Comment peut-on établir le parallèle scandaleux entre un arrachage de chemise et l’éradication de centaines d’emplois ? Nier la violence patronale, la violence capitaliste, ne souligner et réprimer que la lutte syndicale revient à supprimer toute justice sociale dans ce pays. »

Elle a conclu son intervention par un appel à descendre dans la rue : « Pendant mon procès, l’avocat de la société Téfal a qualifié les syndicats de porteurs de pancartes. Alors j’appelle aujourd’hui de mes vœux tous les porteurs de pancarte à se mobiliser. Sans faille, sans peur. Si la corruption et les intérêts privés semblent l’avoir emporté sur la loyauté et l’intérêt général, pour autant nous ne devons pas baisser les bras, nous ne devons pas nous laisser intimider. Plus les luttes seront réprimées, plus nous nous devons de lutter ».




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