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Politique

Témoignage

Vidéo. Pitié-Salpêtrière : la BAC s’introduit dans une résidence étudiante et matraque un étudiant

Le 1er mai, un étudiant qui habite dans la résidence étudiante de la Pitié-Salpêtrière a filmé les forces de police dans la cour de l'hôpital. Les manifestants étaient venus s'y réfugier pour se protéger des gaz lacrymogènes. Des membres de la BAC décident alors de prendre en chasse, et violentent, un jeune homme qui réside dans les locaux étudiants, où la scène a été filmée. Nous relayons ci-dessous son témoignage.

vendredi 3 mai


Pitié-Salpêtrière : la BAC s'introduit dans une résidence étudiante et matraque un étudiant - YouTube

Témoignage :

« La BAC commence à charger en bas de ma résidence étudiante. Je prends mon téléphone pour filmer car je vois à leurs regards que les flics s’apprêtent à être violents. Tout le monde s’enfuit en les voyant arriver, mais ils réussissent à attraper un jeune qui avait la malchance d’être au mauvais endroit au mauvais moment (comme moi) ou bien d’être noir. Il n’a même pas traversé de barrage, il ne s’est juste pas écarté à temps au moment où les flics chargeaient (les flics sont arrivés en moto et sont descendus direct de leurs motos pour charger, c’est allé vite). Je pense qu’ils l’ont pris pour un manifestant.
Mon logement est à l’intérieur de la cour de l’hôpital de la pitié-Salpêtrière (c’est gigantesque, il y a aussi une fac, etc) et il y a une grille qui empêchait les manifestants de rentrer. Il y avait un max de lacrymogènes dans la rue et les manifestants ont forcé la grille de la cour de l’hôpital (ils ne savaient pas que c’était un hôpital, c’est moi qui leur ai dit après) pour pouvoir fuir les lacrymogènes parce que sinon ils étaient coincés.

Je suis pas resté dehors longtemps mais je peux dire que les lacrymos étaient violents (j’ai pas pu ouvrir la fenêtre pendant 15 minutes même après être rentré chez moi). Il y avait un seul gars de la sécurité de l’hôpital qui était là. Même si les manifestants étaient calmes, il flippait de perdre le contrôle vu qu’il y avait des dizaines de manifestants (et potentiellement des dizaines de milliers si tout le monde venait à rentrer) devant lui qui était seul. Alors il a appelé sa hiérarchie pour avoir du renfort. J’imagine qu’ensuite, sa hiérarchie a appelé les flics ou le ministère et que ceux-ci ont envoyé la BAC pour virer tout le monde.

La BAC a pas cherché à comprendre qui avait fait quoi, ils ont foncé dans le tas, et un jeune ne s’est pas écarté assez vite (logique puisqu’il était devant chez lui, il allait pas sortir de la cour, il avait déjà été obligé de faire tout le tour pour pouvoir rentrer) et du coup un flic l’a chopé. Il s’est enfui pour rentrer dans la résidence (chez lui) et les flics l’ont poursuivi. Le jeune entre alors dans ma résidence pour se réfugier et se protéger de la violence policière, mais les gars de la BAC réussissent à entrer aussi et ils le matraquent puis essayent de l’embarquer. Il parvient à s’enfuir en montant les escaliers de la résidence à toute vitesse et, après m’être fait interroger par la BAC et avoir pris l’ascenseur, je le recroise à l’étage où j’habite. Je lui propose donc d’entrer chez moi le temps que la BAC s’en aille car il n’ose pas redescendre pour rejoindre son appartement.

J’ai eu très peur quand les flics nous fonçaient dessus. Mais je me dis que ce n’était pas grand chose, si on compare à toutes les personnes qui finissent défigurées ou avec une main en moins, simplement parce qu’elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. »




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