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Politique

[Vidéo] Retour sur l’assemblée générale de Révolution permanente. Une expérience à réitérer !

Ce samedi 30 avril, nous avons voulu expérimenter avec nos lecteurs, collaborateurs, contributeurs, une assemblée générale afin de tirer ensemble des bilans des deux derniers mois de mobilisation contre la « loi travail et son monde », et d’en envisager la suite. La tenue de cette assemblée est le résultat de plusieurs mois de suivi de l’information, de l’actualité en France et à l’international, et surtout du suivi de la lutte contre cette loi et plus largement de notre lutte en tant que militant.es contre ce gouvernement capitaliste qui ne sert nullement les intérêts de notre classe. Cette réunion est notamment partie du fait que Révolution permanente a enregistré plus de 500 000 visites pour le mois d’avril, et de l’accueil très positif que nous avons reçu à Nuit debout à République où se tient un stand depuis une semaine.

lundi 2 mai 2016

Etaient réunis à la tribune différents protagonistes de la lutte et militants qui soutiennent et œuvrent à l’édition quotidienne de Révolution permanente : Vincent Duse, secrétaire CGT et travailleur à PSA Mulhouse, Elsa du comité de mobilisation de l’université Paris 1, Emmanuel Barot professeur à l’université Mirail Toulouse et co-initiateur de la tribune « Un pouvoir qui matraque la jeunesse… », Capucine, lycéenne, ainsi que Daniela Cobet, membre du comité de rédaction de Révolution permanente et du comité exécutif du NPA. Dans la salle, nous étions un peu moins d’une centaine, donnant place à de nombreux participants d’intervenir, témoigner et échanger sur les perspectives à venir, la société que nous voulons construire et de comment y parvenir. La tribune ainsi que de nombreux intervenants ont (ré)affirmé que c’est avec une volonté politique commune, la grève générale et une stratégie marxiste révolutionnaire que nous ferons de nos utopies, de nos rêves, une réalité.


Elsa de Paris 1 est revenue sur deux mois de luttes sur les facs mobilisées (Paris 1, Paris 8, Rennes 2, Toulouse…). Elle a commencé par souligner l’importance des cadres d’auto-organisation sans lesquels beaucoup de dates de mobilisation ne seraient pas sorties. Surtout, les étudiant.es aux côtés des lycéen.nes ont été jusque-là et sont encore l’avant-garde du mouvement contre la loi« travail » ; reste à franchir l’étape de la massification. Une avant-garde aussi, car dès le début les étudiant.es ont affirmé envers et contre tout leur rejet du capitalisme, leur refus de négocier avec le gouvernement, et leur volonté de faire le lien avec les travailleurs.es. Ils et elles savent que rien ne se fera sans les travailleurs.es, d’où l’interpellation des syndicats sur la question de la grève générale (revendication portée par la Coordination nationale étudiante). Pour autant, la question de la stratégie pour atteindre cet objectif interroge et divise, car beaucoup d’étudiant.es mais aussi de travailleurs.es désertent les cadres d’auto-organisation. Une chose est sûre, la rentrée est attendue avec impatience avec la volonté ferme de continuer à investir et à construire ces cadres d’auto-organisation des étudiant.es que sont les AG et les coordinations régionales et nationales. Dès le début de la reprise des cours, sur toutes les universités et écoles, doivent à nouveau se tenir des assemblées générales, la réunion des comités de mobilisation, pour construire un véritable rapport de force avec le gouvernement !

Vincent Duse, travailleur à PSA Mulhouse, a ensuite pris le micro et a exposé la complexité de ce qui se joue du côté des travailleurs.es. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il a rappelé que la détermination et la combativité ne manquent pas au sein des travailleurs.es. Pourtant, il nous faut avoir conscience de la force que nous avons en face de nous, celle de la bourgeoisie qui est prête à tout pour diviser, décourager, réprimer, stigmatiser la classe ouvrière. Ainsi les travailleurs.es et travailleurs.es syndiqué.es sont confronté.es depuis plusieurs années à des attaques patronales visant à les séparer, à les empêcher de se réunir pour éviter qu’ils ne s’organisent. De l’autre côté, les organisations syndicales et toute une partie de l’extrême gauche restent frileuses et freinent des quatre fers alors même qu’il faut « battre le fer quand il encore chaud ». En effet, il y a dans le combat qui émerge actuellement des militant.es qui prennent confiance, sont prêt.es à mener la lutte et dont émergera très certainement une nouvelle génération de révolutionnaires !


C’est ensuite au tour de Capucine, lycéenne en lutte, qui représente bien toute la radicalité qui s’exprime chez les lycéen.nes mobilisé.es contre la loi El Khomri mais réclamant surtout un changement de société. Ils et elles ont été confronté.es fortement à la répression et se forment dans la lutte. Capucine rappelle également l’isolement de l’avant-garde lycéenne pour le moment et notamment l’absence de jonction avec les lycées de banlieue parisienne dont le gouvernement craint fortement qu’ils rentrent dans le mouvement. Elle aussi ne pense pas que la stratégie « minorisante » de quelques-uns soit la bonne : ce qu’il faut ce n’est pas brûler une poubelle, une banque ou un commissariat, c’est réfléchir ensemble à une stratégie politique qui permettra de déstabiliser le pouvoir, de le renverser mais aussi de penser à la suite. C’est avec le sourire qu’elle a nous a invités à réfléchir à comment ne pas brûler seulement un commissariat, mais à comment les brûler tous !


Quand les pauvres refusent de rester à leur place, refusent de se faire matraquer, c’est à ce moment-là que se dévoile toute la violence de notre société. Voilà ce qui est en train de d’éclater au grand jour depuis quelques semaines, explique Emmanuel Barot, professeur à l’université du Mirail, à l’initiative de la tribune « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable ». Il a rappelé que la répression est un sujet politique central car la police est le bras armé du patronat et de l’État, lutter contre la répression ce n’est pas seulement se protéger en manifestation, c’est comprendre qu’elle est celle de l’état d’urgence combinée à la violence de la loi travail. Ayant participé plusieurs fois à la Nuit debout à Toulouse, il a affirmé que ce mouvement exprime et pourrait conduire à ce que l’idée selon laquelle le capitalisme est indépassable s’affaiblisse. À nous d’en inventer la suite.


Enfin, Daniela Cobet, membre du comité de rédaction de Révolution permanente et du comité exécutif du NPA, a clos l’ensemble de ces interventions accueillies avec grand intérêt par un discours traduisant la détermination avec laquelle les militant.es comptent aller jusqu’au bout de la lutte. Ce qui se dresse désormais devant nous est la question de la grève générale, presque naïvement nous pourrions dire qu’il ne manque qu’elle. Si elle commence à fleurir dans toutes les bouches, il nous faut avoir conscience que c’est cette perspective dont la bourgeoisie s’inquiète aujourd’hui, avec raison. Cette dernière s’inquiète de l’anticapitalisme qui gagne du terrain dans les esprits comme elle s’inquiète de la possible jonction entre travailleurs.es et étudiant.es. « La grève générale pose le problème de savoir qui dirige le pays » : des milliers de militant.es en font aujourd’hui l’expérience. Ainsi, ce qui pose question aujourd’hui est de savoir comment construire la grève générale, puis comment passer de la grève générale à l’insurrection. À l’heure qu’il est, ce qui coince est la question de l’organisation. Il existe une grande défiance de la part de la jeunesse et dans la population à l’endroit des partis politiques, des organisations syndicales, des institutions, et cela à juste titre. Ce ressentiment est justifié. Il n’en reste pas moins que seule l’auto-organisation de tous les travailleurs.es fera le poids face à la bourgeoisie.


Ce sont ensuite les personnes présentes qui ont pris la parole. Ce sont des réflexions, des témoignages qui se sont succédé et ont permis d’explorer la question de la mise en œuvre de la grève générale, de partager des expériences concrètes de répression policière ces dernières semaines, de répression syndicale, et de constater la montée de la conscience de classe dans la société.

Le projet de Révolution permanente est de commencer à faire bouger les lignes à l’extrême gauche, et en particulier dans le NPA, en démontrant qu’on peut mener une politique révolutionnaire avec créativité. Alors que Révolution permanente a assuré un suivi quotidien de la mobilisation, ce samedi, cette assemblée générale était une première que nous souhaiterions voir se répéter, afin d’être un cadre afin que chacun témoigne, prenne la parole et que collectivement nous discutions de la meilleure politique à mener.

Nous pensons que de telles réunions sont donc à réitérer dans un avenir proche afin de construire « l’après », car le retrait de la loi« travail » ne serait qu’un début. Nous vous invitons à collaborer, travailler, avec Révolution permanente afin qu’il devienne un outil de construction pour l’extrême gauche et l’organisation concrète de notre classe !




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