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Politique

Tempête en macronie

Villani candidat à Paris. Des municipales sous le signe de la dissidence chez LREM ?

C'était dans l'air, c'est désormais officiel. Malgré la décision de la commission nationale d'investiture LREM aux élections municipales, Cédric Villani sera quand même candidat face à Benjamin Griveaux. Et le scénario parisien pourrait se produire dans plusieurs grandes villes de l'hexagone.

mercredi 4 septembre

L’annonce de la candidature de Cédric Villani aux élections municipales de 2020 à Paris ce mercredi 4 septembre n’est, à la fois, pas une surprise et un véritable coup de tonnerre. Alors que la commission nationale d’investiture de La République en Marche avait choisi Benjamin Griveaux, le député de l’Essonne a donc pris la voie de la dissidence, provoquant des remous au sein de la majorité présidentielle… et révélant aux yeux de tous les éléments de crise qui traversent LREM à l’aube de l’acte 2 du quinquennat.

Marseille, Lyon, Nice… Ces villes où le vent de la dissidence menace LREM

Les injonctions à l’unité n’auront donc pas suffit, et se pose maintenant la question de la réponse face à cette candidature dissidente du côté de LREM, véritable camouflet pour la commission nationale. Pour Benjamin Griveaux, « ce n’est pas à [LREM] de l’exclure, mais à lui de savoir s’il reste et s’il est en ligne avec les valeurs que nous portons ». Une forme d’ « en même temps » qui témoigne de l’impasse dans laquelle se trouve LREM : nécessité de serrer les rangs tout en évitant la « contagion » du scénario parisien.

Car il est clair que la candidature Villani à Paris ouvre une boite de pandore, alors que dans nombre des principales villes de l’hexagone, les bisbilles autour des candidatures LREM se multiplient ces dernières semaines. A Lyon, Marseille, Nice, Besançon ou bien encore à Lille, c’est bel et bien le spectre de la division qui plane au-dessus du parti présidentiel.

D’autant plus que les motivations mises en avant par Villani pour justifier sa candidature font écho à des lignes de fractures au sein de la majorité. « J’ai pu mesurer les limites du fonctionnement d’appareils politiques que nous dénoncions il y a si peu » a-t-il ainsi assené, affirmant vouloir être « le premier maire véritablement écologiste de la capitale », ce qui sonne comme un véritable affront pour Macron lui-même, en plein opération de com’ sur le terrain écologique. Alors que plusieurs personnalités se sont affichées au côté de Villani ce mercredi, et que les deux premières années du quinquennat ont été ponctuées par plusieurs défections, dont la plus spectaculaire été sans doute le départ de Nicolas Hulot du ministère de l’Écologie, c’est aussi un début de polarisation interne qui est en train de se matérialiser à l’occasion de ces élections municipales.

Municipales 2020 : un enjeu stratégique pour Macron

On peut dire que la situation actuelle est plus que préoccupante pour Emmanuel Macron. Car au-delà du fait de voir poindre le scénario d’une amplification des divisions pouvant conduire jusqu’à des phénomènes de scission au sein de la majorité, les élections municipales sont centrales pour la suite du quinquennat. Parti monté et pensé à l’occasion des présidentielles de 2017 et en vue du sacre de Macron, LREM n’aura pas réussi à « compenser » son manque d’implantation locale dans l’hexagone par l’absorption de cadres et poids lourds issus de la droite et de la gauche.

En ce sens, les dates du 15 au 22 mars 2020 sont cochées depuis longtemps sur le calendrier de Macron. Une opportunité pour le président de « tisser la toile » et bénéficier d’une marge de manœuvre plus ample pour aller au bout du processus du changement de méthode de cette fin 2019, en disposant d’une implantation locale plus élargie pour relayer la politique du gouvernement.

C’est dire l’enjeu qui entoure l’affaire de la dissidence de Villani, et des potentielles autres situations de division au sein de l’appareil LREM en vue de cette échéance électorale. Une situation à haut risque pour le gouvernement, qui pourrait ouvrir une crise de toute autre ampleur au sein du parti présidentiel en cas de défaite cuisante, notamment dans les très grands centres urbains.

Crédit photo : AFP/Cédric Villani




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