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Politique

Villeneuve-la-Garenne. Un homme grièvement blessé, fauché par la portière d’une voiture de police

A Villeneuve-la-Garenne, un motard a été gravement blessé à la jambe cette nuit après avoir été heurté par une voiture de police. Selon un témoin interrogé par le journaliste Taha Bouhaf, les policiers auraient ouvert « exprès » la portière de leur voiture pour provoquer l'accident.

dimanche 19 avril

Un homme a été grièvement blessé heurté par la portière d’une voiture de police samedi soir, aux alentours de 22h à Villeneuve-La-Garenne (92) sur l’avenue de Verdun. L’homme âgé de 30 ans et circulant sur une mini-moto cross, a été percuté par portière d’une voiture banalisée de la BAC des Hauts-de-Seine. En chutant, il aurait violemment heurté un poteau métallique sur le trottoir, se fracturant le fémur et se blessant très gravement à la jambe.

Choqués par ces violences policières, les passants se sont rassemblés pour filmer la scène qui s’en est suivi, montrant le jeune homme agonisant de douleur et la portière de la voiture en cause. Des forces de police supplémentaire ont été déployées dans la nuit, intimidant les habitants du quartier, comme le montrent les images diffusées sur la page Facebook du Comité Justice et Vérité pour Adama.

Un témoin interrogé par le journaliste Taha Bouhaf raconte : « la police l’attendait au feu rouge. Comme c’était une voiture banalisée, il ne pouvait pas voir que c’était une voiture de police. Il roulait à fond et allait les dépasser, et au moment où il est arrivé au niveau de la voiture pour passer sur le côté, ils ont ouvert la portière d’un coup ».

Le jeune homme est unanime : les policiers « étaient conscients qu’il roulait vite, et ont ouvert la porte. (...) C’est fait exprès, (...) c’était voulu. »

« Dans des vidéos tournées plus tard dans la soirée sur les lieux de l’accident, des jeunes hommes reprochent au policier qui, selon eux, a ouvert la portière, de « sentir l’alcool » et donc d’être en état d’ébriété » rapporte Libération.

Une version que la Préfecture de Police a démenti sans surprise en affirmant que le motard aurait « foncé et manqué de renverser le chef de bord descendu pour le contrôler. » Suite à cette version policière, plusieurs enquêtes ont été ouvertes dont une contre le motard pour « rodéo sauvage et mise en danger de la vie d’autrui », et une autre envers les passants qui se sont rassemblés pour filmer la scène, pour « outrage, menaces et insultes envers les forces de l’ordre » selon Le Parisien.
Comme par habitude, l’appareil judiciaire passe sous silence la version des témoins qui incriminent la police dans cette affaire, et tente de criminaliser la victime dont la famille a annoncé vouloir porter plainte, ainsi que les passants qui ont filmé la scène. L’affaire a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et une vague de dénonciation notamment sur Twitter, où de nombreuses personnes ont diffusés des images et témoignages d’autres cas de violences policières.

Après Ramatoulaye tasée par la police devant son petit frère à Aubervilliers, après un tir de LBD fracturant le crâne d’une fille de 5 ans à Chanteloup-les-Vignes, ou encore le décès de Mohamed Gabsi après son interpellation à Béziers, ce nouveau cas de violence policière s’inscrit dans la gestion répressive de la crise sanitaire par le gouvernement avec la mise en place d’un confinement brutal. D’une part obligés de continuer à travailler dans les hôpitaux et supermarchés en pleine épidémie sans protections efficaces, d’autre part réprimés par la police dans les quartiers, les habitants des quartiers populaires sont doublement touchés par la crise actuelle. Il s’agit donc de dénoncer clairement les attaques antidémocratiques et antisociales du gouvernement mises en place dans le sillage de l’état d’urgence sanitaire, qui précarise et réprime ceux-là même qu’il envoie au front contre l’épidémie. Plus que jamais, il nous faut exiger justice et vérité pour toutes les victimes de violences policières.

Si tu fais face à la répression policière ou judiciaire, au quotidien du confinement, au travail, envoie nous ton témoignage écrit, vidéo, audio ou photo, par mail à : [email protected]




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Violences policières   /    Politique