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Du Pain et des Roses

Tentative de féminicide

Violences patriarcales. Une femme prostituée égorgée au Bois de Vincennes

Dans la nuit du 8 au 9 juin, une femme exerçant dans le bois de Vincennes a été trouvée au petit matin par ses amies, égorgée dans sa camionnette. Transférée à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, son pronostic vital est engagé. Une tentative de féminicide liée à la loi de 2016 contre la prostitution qui pénalise les clients, aggrave la précarité et la stigmatisation des prostitué.es.

vendredi 10 juin

Dans la nuit de mercredi à jeudi, à 4h30 du matin une femme de 29 ans à été trouvée égorgée par ses amies dans la camionnette où elle exerce au bois de Vincennes.Transférée en état d’urgence absolue à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, le pronostic vital de la jeune femme est engagé.

Contrairement à ce qu’écrit le Parisien, qui reprend dans son article les éléments de langage de la police selon laquelle « les professionnelles du sexe sont des proies faciles », comme si l’exposition de ces femmes aux violences était intrinsèque à leur activité (la vente de services sexuels) et les rendraient en partie responsables de leurs agressions. Il s’agit d’une tentative de féminicide, perpétrée sur une femme parce qu’elle est une femme et qu’elle se trouvait à la merci d’un client estimant que le corps de ces femmes sont entièrement à leur disposition et méprisables pour l’activité qu’elle exercent.

Cette situation est accentuée par la loi « prostitution » de 2016 qui, en pénalisant les clients, pousse les prostituées à exercer dans des lieux isolés pour ne pas faire fuir les clients craignant d’être verbalisés, tout en diminuant le nombre de ces derniers, ce qui rend plus difficiles ensuite d’être en mesure d’imposer le préservatif ou de refuser un client.

Cette loi est dénoncée, sans relâche, par des associations, et d’autant plus lorsque surviennent ces terribles agressions ou des meurtres comme cela a été le cas pour Vanesa Campos et de Jessyca Sarmienton, deux femmes trans tuées respectivement en 2018 et 2020 au bois de Boulogne.

Ce nouveau drame prouve une fois encore que la loi répressive de 2016 qui pénalise les clients et conditionne le versement d’une allocation de 330 € par mois à l’arrêt total de l’activité n’offre aucune issue à celles qui vendent des services sexuels pour survivre et les met en danger.



Mots-clés

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