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Politique

Protéger et re légitimer l'institution policière

Violences policières : A la rescousse des policiers Castaner veut des procédures simplifiées pour « outrage, violence et menace »

Après être revenu sur l’étranglement, Castaner veut « protéger » encore plus les policiers en simplifiant les procédures pour outrage, violence et menace à leur encontre, et les équiper de caméras pétions afin de les protéger contre ceux qui les dénigreraient. Cela dans le contexte de dénonciation des violences policières et du racisme d’État.

jeudi 18 juin

Crédit photo : Eric Feferberg / AFP

Entre les manifestations contre les violences policières et le racisme d’État, les répressions des manifestations, et la mobilisation des policiers, Castaner a choisi sans surprise de venir au secours des forces de répression.

Devant le Sénat ce mercredi, Christophe Castaner a décidé de dénoncer, sans les nommer, ceux qui s’attaquent aux fameux pacte républicain et de fait ses défenseurs les policiers et gendarmes. « Ils sont les gardiens de la paix ils sont les gardiens de ce que nous avons de plus précieux le pacte républicain […]. Il y a aujourd’hui des jeux politiques menés par certains agitateurs qui visent à casser le pacte républicain. Et pour agresser notre pacte républicain que font ils ? Ils s’en prennent aux gardiens du pacte républicain ».

Le ministre de l’Intérieur souhaite équiper « de façon massive les forces de sécurité intérieure de caméras piéton efficaces » non pas pour "contrôler" les violences policières mais « pour faire en sorte qu’ils soient protégés dans le jeu des images qu’on leur oppose si souvent. ». Car oui dans le monde de Castaner, il n’y a pas de violences policières.

Au contraire ce sont eux qui subiraient les violences. « Trop souvent [...] ils font face à des provocations, à des insinuations, à des menaces à des injures et à des mises en cause incessantes. » C’est pourquoi, il faut continuer à les armer « Nous avons bien évidemment le besoin, la nécessité et l’obligation de les défendre de façon systématique. Nous le faisons, en les ’réarmant’, avec un budget qui a augmenté d’un milliard d’euros pour les forces de sécurité depuis le début de ce quinquennat. ». Mais cela ne suffit pas à Castaner pour réhabiliter la police et calmer la grogne.

Il souhaite créer un « groupe de travail » afin qu’il « soit mis en œuvre pour que systématiquement quand les forces de l’ordre sont victimes d’outrages, de violences, de menaces, ils aient une procédure simplifiée ». En plus de les armer toujours plus, Castaner explique qu’il faut les protéger plus « nous devons le faire juridiquement ».

Comme s’ils n’étaient pas déjà protégés juridiquement. Il faut savoir que selon le droit français, la parole d’un policier, étant dépositaire de l’autorité publique, vaut toujours foi jusqu’à preuve du contraire. Concrètement, lorsque l’on est poursuivi pour outrage par exemple, c’est à la défense de prouver en fournissant des preuves qu’il n’y a pas eu outrage.

Ce n’est pas pour rien que le gouvernement souhaite renforcer la législature afin de protéger les forces de répression. Elles sont décriées de toute part, entre les manifestations monstres contre les violences policières et le racisme d’État, les manifestations du personnel de santé durement réprimées, le gouvernement ne peut pas se permettre de laisser la crise dans la police s’inscrire dans la durée. D’autant plus lorsque l’on sait que la crise économique qui fait suite à la pandémie de Coronavirus va impacter durement la société. Il faut s’attendre à de nombreux licenciements comme il a déjà été annoncé dans certains secteurs notamment dans l’aéronautique mais également de nouvelles luttes. On a pu le voir la jeunesse a été très mobilisée pour réclamer la vérité et la justice pour Adama. Le gouvernement va sûrement passer à l’offensive pour préserver les profits ce qui accentuera la grogne sociale. Le gouvernement souhaite que son bras armé soit près à rentrer dans cette nouvelle période avec sa violence habituelle.




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