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Politique

Affaire Quattenens

Violences sexistes : Céline Quatennens dénonce des « violences physiques » depuis « plusieurs années »

Jugeant « mensongers » les propos tenus par le député LFI, son ex-conjointe a pris la parole ce mercredi matin pour « rééquilibrer les choses » et dénonce dans un communiqué des « colères », des « crises » et des « violences physiques et morales » de sa part depuis « plusieurs années ». Un témoignage qui met en porte-à-faux la France Insoumise.

mercredi 23 novembre

Photo : AFP

« Il m’est désagréable que mon mari minimise les faits publiquement en jetant le discrédit sur ma personne ». Ce mercredi, Céline Quatennens a dénoncé à l’AFP les « colères » et les « violences physiques et morales » de son ex-conjoint, le député de la France Insoumise Adrien Quatennens. Dans un communiqué, elle déclare notamment : « Cela fait plusieurs années que je subis ses colères, ses crises, des violences physiques et morales. ». Et de préciser : « Au cours de ces dernières années, j’ai voulu le divorce à trois reprises, à chaque fois sous la pression je suis revenue en arrière ».

Début septembre, Céline Quatennens avait déposé une main courante concernant le député dans le cadre de leur divorce comme l’avait révélé le Canard Enchaîné. Adrien Quatennen avait reconnu alors des violences à l’encontre de son épouse, évoquant notamment « des disputes », précisant lui avoir « saisi le poignet » au cours de l’une d’elles et admettant aussi lui avoir « donné une gifle » « dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle ».

Les déclarations de ce mercredi viennent remettre en cause le contenu de ce communiqué. Céline Quatennens décrit en ce sens « une version très personnelle » et explique vouloir « rééquilibrer les choses », désignant les « déclarations de M. Quatennens arguant médiatiquement “d’une seule gifle dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle" comme mensongères.

 
Alors que ces dernières semaines, la France Insoumise cherchait à organiser le retour de Adrien Quatennens à l’Assemblée, le témoignage de l’ex-conjointe du député insoumis vient ébranler le discours tenu jusqu’ici par l’organisation. Depuis les révélations du député, celle-ci a en effet choisi de s’en tenir aux déclarations du député et à la justice, sans ouvrir d’enquête interne sur l’affaire.

Alors que Adrien Quatennens comparaîtra en décembre dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), la prise de parole de Céline Quatennens ne manque pas d’interroger cette gestion de l’affaire au sein de l’organisation. En ce sens, après la publication du communiqué, Clémentine Autain a déclaré souhaiter que le groupe LFI « d’une manière ou d’une autre, puisse entendre Céline Quatennens si elle l’accepte », à propos notamment de la décision concernant la réintégration du député. Une idée qui ne semblait pas, jusqu’ici, à l’ordre du jour.

Du côté de la NUPES, dans un tweet, le secrétaire général du PS Olivier Faure a expliqué face aux déclarations : « notre responsabilité est d’en conclure que le retour d’Adrien Quatennens sur nos bancs est désormais impossible. » Dans le même sens, du côté des Verts, Sandrine Rousseau a expliqué : « Adrien Quatennens ne peut plus siéger à l’Assemblée nationale ».

Dans un communiqué de son avocate, Adrien Quatennens a de son côté « démenti catégoriquement les accusations portées à son encontre. » Jean-Luc Mélenchon, qui avait affiché un soutien sans faille au député, se positionnant en ami du couple, décrivant les violences comme la simple résultante d’un « divorce conflictuel » et dénonçant un « lynchage » en allant jusqu’à parler de « gifles politiques » de la part des médias, ne s’est pour le moment pas exprimé.