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Notre classe

Carnet de voyage

Visite de Madygraf, usine sous contrôle ouvrier dans la banlieue nord de Buenos Aires

Au coeur de la principale zone industrielle de l'Argentine, une usine de l'industrie graphique sort du lot. Depuis 2014, moment où le patron de la multinationale Donneley a décidé de mettre la clé sous la porte, les ouvriers ont décidé d'occuper le lieu de travail et mettre en route la production sous leur propre contrôle et gestion. Aujourd'hui, en période de crise capitaliste, Madygraf, ex-Donneley, est devenu exemple pour montrer que le monde tourne grâce à notre travail et qu'en fin de compte, on n'a pas besoin de patrons pour produire les richesses.

mercredi 2 octobre

Après quelques jours à Buenos Aires, sous fond de crise économique et des difficultés pour de nombreuses familles ouvrières à boucler les fins de mois, on a fait la visite de MADYGRAF, ex-Donneley, usine de l’industrie graphique sous contrôle ouvrier depuis 2014, située dans la banlieue nord de Buenos Aires.

Donneley est une multinationale avec plus 600 usines partout dans le monde, dont 300 aux États-Unis. Un jour les ouvriers sont arrivés et l’usine était fermée... Du jour au lendemain, plus de 200 familles se retrouvent sur le carreau, dans l’incertitude la plus totale... Mais l’organisation préalable, à la base, des travailleurs, les acquis obtenus pendant des années de lutte, contre le patron mais aussi contre les directions syndicales vendues, et les expériences d’autres luttes dans la région et ailleurs, comme celle de Zanon, avaient quelque part préparé les ouvriers à l’épreuve difficile de la fermeture de l’usine.

La décision était prise dès le lendemain : usine qui ferme, usine qui doit être occupée par ses travailleurs et mise à produire sous leur propre contrôle !

Avec le temps, l’expérience, les ouvriers et ouvrières de MADYGRAF ont mis en place la première garderie ("juegoteca") de l’industrie graphique à l’intérieur d’une usine, pour garder les enfants des ouvriers pendant qu’ils travaillent, et une ’commission femmes’ qui a été un pilier de la lutte, en jouant un rôle fondamental dans l’organisation de la caisse de grève et du soutien à la lutte. Ils ont également construit un club ouvrier dans l’enceinte de l’usine, au cœur de la principale zone industrielle du pays, la zone nord de Buenos Aires. Un club ouvrier qui ouvre ses portes pour tous les travailleurs, avec ou sans emploi, tous les jeunes des quartiers populaires autour de l’usine, tous les étudiants et des travailleurs d’autres secteurs... Ils organisent des festivals de musique, des lieux de rencontres et échanges, des débats sur l’histoire du mouvement ouvrier, du mouvement des femmes, des ateliers pour apprendre un métier aux travailleurs sans emploi, des championnats de foot avec des travailleurs de plus d’une vingtaine d’usines de la zone industrielle... MADYGRAF est en train de devenir un véritable centre névralgique d’organisation et de lutte de la classe !

Aujourd’hui, MADYGRAF est un exemple, en période de crise économique et d’attaques des capitalistes. Un exemple pour montrer que le monde tourne grâce à notre travail et qu’en fin de compte, on n’a pas besoin de patrons pour produire les richesses !

Il y aurait mille anecdotes et expériences à raconter, mais il va falloir faire le détour et venir visiter l’usine pour tout connaître ! C’est l’occasion de les soutenir et de partager un moment avec les camarades sur place qui font très gentiment la visite de toute l’usine entre "maté", sourires et anecdotes... Merci à Pollo, Peke, Sandro, Loco, Robi et tous les autres qui nous ont accompagné ! On vous laisse quelques photos pour vous donner envie de venir...




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