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Répression

Vitry : 300 personnes en soutien à Yassine, gréviste menacé de révocation par la RATP

Ce matin à partir de 4h30, 300 personnes étaient réunies pour soutenir Yassine. Ni la pluie ni la forte présence policière n’ont démobilisé les soutiens, qui comptaient avec la présence très remarquée de Philippe Martinez qui se rendait pour la première fois sur un piquet depuis le début du mouvement.

samedi 28 décembre 2019

Ce matin à 4h30, de nombreux soutiens étaient réunis à l’appel de l’UD CGT du Val-de-Marne et de la CGT RATP Bus pour soutenir Yassine, gréviste du dépôt de Vitry et militant à la CGT qui fait l’objet d’une menace de sanctions disciplinaires de la part de la RATP. Cette dernière lui reproche notamment d’avoir entravé la circulation des bus et d’avoir insulté des agents non-grévistes : des prétextes fallacieux qui cachent mal une véritable répression de tous ceux qui mènent la contestation contre le projet de réforme des retraites.

Vers 4h50, alors que les nombreux soutiens – grévistes d’autres dépôts, syndicalistes de différents secteurs, militants CGT, étudiants – continuent à arriver et à se rassembler devant la sortie du dépôt dans une ambiance calme mais déterminée, la police intervient pour repousser le rassemblement, accusé de bloquer la sortie des bus. C’est ainsi sous une forte présence et pression policière, face à un rassemblement qui se déroulait dans le calme, qu’aura lieu le rassemblement de soutien, entouré par de nombreux CRS casqués.

Un rassemblement de soutien en présence de Philippe Martinez

Après la légère cohue générée par la pression policière, les prises de paroles du rassemblement commencent. Un responsable de l’UD CGT du 94 introduit le rassemblement avant de laisser la parole à Alex et Patrick, agents RATP du dépôt Vitry, qui reviennent sur la situation de la grève. « On savait que les vacances scolaires ce serait, pour reprendre un terme de cyclisme, l’étape de montagne » rappelle Patrick, soulignant les difficultés qu’a pu traverser la grève et l’importance de viser son élargissement pour espérer que le mouvement soit vainqueur.

« On n’est pas dans une période de trêve, les fêtes de fin d’année on les a passé ici sur le piquet » enchaîne Alex en remerciant les soutiens qui continuent d’accompagner le mouvement. « Sur la répression on est passés à une vitesse supérieure. Le gouvernement se sert de l’entreprise pour démoraliser les grévistes. » continue-t-il avant de laisser la parole à Yassine.

« On m’accuse de blocages de centre bus et d’insultes proférées à l’encontre de machinistes non-grévistes. Ça ne s’est jamais passé, on a simplement exercé notre droit. (…) On essaye de casser du gréviste, de créer de la peur. Sauf que moi et tous mes camarades il n’y a personne qui nous fait peur. » explique le gréviste de Vitry, menacé de révocation par l’entreprise et convoqué à un entretien disciplinaire le 13 janvier. Son intervention reçoit une salve d’applaudissements chaleureux, Yassine est le premier agent de la RATP à subir une telle répression depuis le début du mouvement.

Finalement, c’est au tour de Philippe Martinez de prendre la parole. Au 22ème jour de la grève reconductible, le secrétaire général de la CGT se rend ce vendredi pour la première fois sur un piquet de grève pour dénoncer la répression. « On est pas en vacances, on est déterminés » commence par noter le secrétaire général de la CGT, comme pour répondre à tous ceux qui ont constaté la trêve de fait, en terme de journée nationale interprofessionnelle qui a été renvoyée à la date très éloignée du 9 janvier. Une situation de trêve à laquelle la base a d’ailleurs répondu cette semaine de la plus belle des manières : par l’auto-organisation d’une journée d’action et d’une manifestation toutes deux très réussies.

Philippe Martinez continue en rappelant le soutien majoritaire dont bénéficie le mouvement avant de dénoncer la répression. « On a un Premier Ministre qui dit "je veux pas la confrontation, c’est pas la guerre’’ et puis on est accueillis par des matraques. » résume le leader de la CGT. Une situation dont la répression de Yassine est une expression : « quand on n’arrive pas à convaincre avec les mots on sanctionne, donc je veux apporter tout mon soutien à Yassine » affirme Martinez qui s’engage à être présent le 13 janvier avant de conclure en rappelant que la mobilisation reste élevée : « On lâche rien et on continue ».

Des questions restées ouvertes : quel plan de bataille pour la suite ?

Au moment de conclure, un dirigeant de l’UD CGT 94 reprend le micro afin d’appeler à mener des actions pour développer les caisses de grève. Évoquant la perspective du 9 janvier qui « a intérêt à être d’un haut niveau, ultra-puissant, parce que ça va être le rendez-vous du rebondissement du mouvement social ». « C’est trop tard » réagissent des grévistes dans la foule. Une jeune femme tente d’interpeller : « On est en grève depuis le 5 décembre », « Réveillez-vous, appelez à la grève générale » reprend un autre gréviste. Les protestations sont rapidement tues : « pas de faux débat entre nous » explique le syndicaliste avant de clore la discussion.

Ce rassemblement contre le premier gréviste du mouvement menacé de révocation a été un grand succès. En ce sens, ce premier rassemblement aura permis d’initier un premier élan de solidarité qui doit être amplifié pour s’opposer à toute sanction disciplinaire. Pour cela, soyons nombreux le 13 janvier prochain pour soutenir Yassine avant son conseil de discipline.

Crédits-photo : France Info




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