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Notre classe

Voilà le plan de relance de Macron : Renault supprime 15.000 emplois

La colère est grande chez les ouvriers de Renault après l’annonce de la suppression de 15.000 emplois dans le monde dont 4600 en France et la fermeture du site de Choisy-le-Roi. Avec la bénédiction des aides gouvernementales, Renault procède à un premier massacre de l’emploi post-Covid.

vendredi 29 mai

L’annonce faite ce vendredi, ne laisse aucun doute concernant la dureté du « plan de compétitivité » et de suppressions de postes chez Renault. Ce sont 15.000 emplois qui vont être détruits à échelle du groupe dont 4.600 en France. Au-delà de ces chiffres déjà insupportables, la suppression d’un emploi du groupe engendre la suppression de plusieurs autres dans la filière automobile. Un massacre chez les prestataires comme dans l’ensemble de la sous-traitance . Avec un groupe qui a un effectif de 48.000 personnes et 10.000 intérimaires en France, il s’agit d’une immense attaque contre notre classe peu importe le statut ou le poste tenu de l’ouvrier au cadre tout le monde sera touché et c’est bien ensemble qu’il faudra riposter .

Un plan d’économie de 2 milliards et de la souffrance à tous les étages pour les salariés

Ce plan n’est absolument pas le premier de la sorte. D’ailleurs le groupe Renault a joué un rôle précurseur dans les « plans de compétitivité », c’est chez Renault que ce genre de plans a vu le jour. Le groupe PSA a emboîté le pas avec son lot de suppression de postes, le Lean management et la flexibilité à outrance. Le travail obligatoire du samedi, moins payé qu’ un jour de semaine ordinaire en est un rappel régulier. Tout cela au nom du sauvetage des profits du constructeur en 2013. En dix ans moins 12 % d’effectif. Et cela ne suffit toujours pas.
Aujourd’hui comme le dit Clotilde Delbos la directrice Général par intérim du groupe Renault « nous voulons faire moins de volume et plus de rentabilité ». Moins de volume chez les patrons, ça ne veut pas dire baisser les cadences, mais dégraisser les effectifs, en définitive, travailler plus sur les postes, travailler avec moins de monde et faire des gains de productivité sur chaque poste de travail , avec toute les conséquences dramatiques pour les salariés. Une remise en cause des acquis en termes d’horaires et de rémunération, une baisse du coup du travail par salarié... Pour ceux qui vont rester . En réalité tout le monde est attaqué par le plan.

1,2 milliards pour la mise en œuvre du plan de réduction des effectifs

Supprimer tous ces emplois, coûte la moitié de la somme qui doit être économisée ! Entre les départs volontaires, tout comme la mise en en place des chantiers pour assurer la compétitivité de tous les sites du groupe et utiliser les moyens de production des usines à 100 % et pas à 60 % comme le laisse entendre le président de Renault Jean-Dominique Sénard. Cela implique une augmentation des cadences. Les salariés qui ne pourront pas suivre la cadence devront partir. Il n’y aura pas de départ volontaire mais des ouvriers poussés vers la sortie, c’est de cette manière que le groupe PSA a baissé tous ses effectifs de plus de 25 000 personnes. L’ingénierie va payer également le prix fort , en particulier le site de Guyancourt avec la suppression de 1500 postes ! Les prestataires commencent à être remerciés, ils passent de 9 à 4 ! Ce qui signifie une réduction massive sinon totale de l’emploi dans les boîtes concernées.

Premier recul à la Fonderie de Bretagne, mais rien n’est gagné : la mobilisation plus que jamais de mise !

Le groupe a dû reculer sur l’annonce de la fermeture des Fonderies de Bretagne. Il n’empêche que le site de Choisy-le-Roi va fermer ses portes. Le groupe n’arrête pas de répéter par ailleurs que ce ne sont que les conséquences du ralentissement du marché automobile, sensible avant même la crise du Covid. La situation économique mondiale étant tout sauf stable et prévisible, de futures attaques, selon la réaction et le rapport de force imposé par les ouvriers ne sont pas exclues. C’est pourquoi la mobilisation et la coordination de l’ensemble de la filière est absolument essentiel. D’autant que l’on voit le patronat jouer la division, comme le dénoncent les salariés de Maubeuge, mis en concurrence avec leurs camarades de Douai.

Disons-le le groupe Renault n’est pas au fond du trou, avec les 25 milliards réalisés en 10 ans et les 10 milliards de trésorerie, le bilan n’est pas sur le point d’être déposé. Par contre pour l’ensemble de la classe ouvrière qui va faire les frais des plans des capitalistes, nous avons à construire de cadres d’auto-organisation pour passer à l’offensive des constructeurs aux sous-traitants et même au-delà puisque les plans d’austérité vont frapper tout le secteur et c’est ensemble qu’il faudra frapper. Les travailleurs de Maubeuge l’ont compris en se mettant en lutte. Les richesses ce ne sont pas les patrons qui les créent mais l’ensemble des salariés en CDI ou précaires, qui ne veulent pas perdre leur emploi, et faire vivre leur famille.

Nous ne paierons pas leurs crise. Aucune usine ne doit fermer et aucune suppression d’emploi n’est acceptable. Pour cela, la lutte ne pourra pas se mener usine par usine, ni même à échelle simplement du groupe. Laisser passer des licenciements, même si ce n’est pas dans son atelier, pas dans son service, pas dans son usine ou pas dans son entreprise, c’est préparer la casse de ses propres conditions de travail et les prochains licenciements. Tous les travailleurs de l’automobile doivent lutter côte à côté, se coordonner. En France, mais aussi à l’internationale, à l’image des ouvriers de Nissan en grève depuis plusieurs semaines dans l’Etat espagnol !




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