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Politique

Il déteste les pauvres et les travailleurs

« Vous avez trop de grèves ». Après les familles précaires, Macron s’attaque au personnel des écoles

Par une nouvelle sortie pleine de mépris de classe Macron a cherché à faire peser la responsabilité des dysfonctionnements des établissements scolaires sur les personnels municipaux pour mieux justifier leur mise au pas et avec, de nouvelles mesures néo-libérales de casse des services publics.

samedi 4 septembre

Photo : AFP

Cette semaine, Emmanuel Macron était en tournée à Marseille, l’occasion de lancer officieusement sa campagne pour la présidentielle et de présenter son « projet » pour la ville, « Marseille en grand ». Après des sorties sur l’aspect sécuritaire Macron a très vite abordé d’autres thématiques, et notamment l’éducation.

C’est à ce sujet qu’il a cherché à expliquer les dysfonctionnements dans les écoles de Marseille par le fait que la municipalité avait « trop de grèves » et « un problème avec [ses] personnels municipaux ». Comme si le problème ne résidait pas dans le manque de moyens - « 174 écoles de la ville sont considérées dans un état de délabrement tel que l’apprentissage y est devenu impossible » a déclaré Macron lui-même - mais dans le fait que les personnels fassent grèves et osent se battre pour leurs conditions de travail et pour exiger… plus de moyens pour l’école. Macron fait ainsi référence aux grèves de ces agents souvent précaires travaillant en sous-effectif dans les cantines et qui ont fait grève pour leurs conditions de travail et ce alors que la crise sanitaire révélait le manque criant de moyen et les conditions d’accueil lamentables des élèves.

Fustiger ceux qui se battent pour de meilleures conditions de travail lui permet de déresponsabiliser l’État quant à la situation qu’il a lui-même créé, à savoir, un service public scolaire à bout de souffle. Alors qu’aucune somme précise n’a été attribuée pour les écoles de Marseille, cette sortie culpabilisant les personnels permet à Macron d’expliquer par la suite que « ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de courage »… Cherchant à justifier que rien ne sera fait pour les écoles hormis davantage de mesures néo-libérales, précarisant davantage les conditions de travail et donc les conditions d’accueil des élèves et leur conditions d’apprentissage.

En effet, une telle sortie sert à justifier les mesures que Macron a annoncé et qu’il souhaite expérimenter à Marseille en ce qui concerne l’autonomie des directeurs d’école en matière de recrutement et d’encadrement des personnels. Une mesure qui annonce ainsi la mise au pas des agents du secteurs et des enseignants et qui vise une fois encore à faire peser la responsabilité des dysfonctionnements de l’école sur celles et ceux qui en réalité la font tourner au quotidien.

Après avoir culpabilisé les pauvres et les familles précaires Macron veut culpabiliser les personnels qui se battent pour leurs conditions de travail et pour que les enfants de ces mêmes familles puissent être accueillis dans des conditions dignes. Or c’est bien cette voix qu’il va falloir poursuivre, celle de ces « tatas » des cantines des écoles marseillaises qui se sont mises en grève.




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