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Politique

La bourgeoisie décomplexée

Yachting club à Marseille : « il y en a marre des arabes, je serai le premier à faire des ratonnades »

Lors d'une réunion organisée par la Métropole marseillaise, le 22 février dernier, un président de club nautique a tenu tenu des propos racistes et menacé de mener des actions violentes.

mercredi 28 avril

Crédits photos : NICOLAS TUCAT / AFP

Au cours d’une réunion organisée par la Métropole de Marseille, le 22 février dernier, Christian Tommasini président du Yachting club de la pointe Rouge (YCPR) a tenu ouvertement des propos racistes et des menaces d’actions violentes. Ces propos dévoilés par Marsactu qui a publié ce mardi un enregistrement audio de la réunion, ont légitimement provoqué un tollé sur la toile. Ce qui choque d’autant plus, c’est l’indifférence de l’auditoire et l’absence de réaction. Didier Reault, vice-président LR de la métropole en charge du littoral, a préféré plaisanter, et ce sans surprise, lorsqu’on se rappelle qu’il avait lui-même déjà été condamné pour ses prises de position contre les Roms en 2014. Sophie Roques, adjointe au maire et élu socialiste n’a pas non plus tenu à réagir, interrogée par la Provence, elle explique avoir été « abasourdie et choquée », mais n’avait pas souhaité communiqué la teneur des propos exprimés, avant la diffusion donc de l’enregistrement audio ce mardi.

Racisme décomplexé

« Alors je ne suis pas raciste, mais maintenant il y en a marre des Arabes, commence-t-il. Tu ne peux plus rien faire sans qu’un Arabe ne vienne te faire chier. Puis, plus tard : « Ils profitent de la demi-heure de parking gratuite… en plus, que des melons, que des Arabes. Pas un blond, un blanc, un qui est bien comme il faut, non, que des Arabes ». La rhétorique est ici classique, elle reprend le topos de l’extrême-droite qui présente l’étranger et en premier lieu, « l’arabe » comme un ennemi, sinon un profiteur venu en France pour vivre sur ses richesses.

« Quand il faudra faire des ratonnades, je serai le premier »

Christian Tommasini poursuit :« Je m’en fous ! Le jour où il faudra s’armer, je serai le premier à aller faire de la ratonnade.. Après l’expression d’un racisme à vomir, le bourgeois s’inspire des pires pratiques de l’extrême-droite et fait planer la menace d’actions violentes contre des « arabes ».

Des propos qui résonnent amèrement avec l’actualité, quand des généraux en retraite ont publié dans Valeur Actuelles à l’occasion du soixantième anniversaire du putsch avorté d’Alger le 21 avril 1961, une tribune appelant à une insurrection et une intervention de l’armée contre les quartiers populaires et contre les immigrés.

Alors que ses propos vont être saisis par la justice et que le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire pour "provocation publique à la haine ou à la violence", Christian Tommasini a regretté ce qu’il considère être un procès d’intention. : « ça n’a pas lieu d’être une affaire politique. Je ne suis marqué ni à gauche, ni à droite, ni à l’extrême droite. On est dans un pays où on ne peut plus rien dire. Mais je le redis, mes paroles ont dépassé ma pensée. ». Pourtant profitant d’un racisme de plus en plus décomplexé et du climat réactionnaire instillé depuis des mois par le gouvernement l’extrême-droite, elle, passe à l’action. Comme en témoignent, ces dernières semaines, la multiplications des attaques islamophobes : incendie criminel d’une mosquée à Nantes, menaces de mort contre la journaliste Nadiya Lazzouni, tags islamophobes sur un lieu de culte à Rennes, ...

Les Christian Tommasini sont nos ennemis de classe, contre une bourgeoise qui cultive la division de notre classe avec le racisme en toile de fond, il nous faudra répondre par la radicalité ouvrière et révolutionnaire aux côtés de tous les exploités et opprimés.




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