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« Zéro sanction pour Yassine ! » : Forte mobilisation contre la répression syndicale à la RATP à Malakoff

Ce mardi Yassine Jioua, machiniste au centre-bus RATP de Malakoff et syndicaliste CGT, était convoqué en disciplinaire par la direction. L'intersyndicale locale CGT-FO-SAT dénonce un cas de répression syndicale. Une cinquantaine de soutiens étaient présents. Parmi eux, Anasse Kazib, cheminot candidat à la présidentielle.

mercredi 2 mars

Une cinquantaine de soutiens étaient présents ce mardi après-midi devant les locaux du centre-bus RATP de Malakoff pour dénoncer la répression syndicale qui cible Yassine Jioua, conducteur de bus et militant CGT RATP. Parmi eux, des agents RATP militants CGT, Force Ouvrière, SAT ou Solidaires, ainsi qu’une délégation de cheminots SNCF syndiqués SudRail et CGT Cheminots.

S’il était convoqué ce mardi à un entretien disciplinaire pouvant aller jusqu’à la révocation, c’est parce que la direction de la RATP l’accuse d’avoir « tenu des échanges sur les groupes WhatsApp et Facebook qui portent atteinte à l’honneur et à la considération d’un responsable de ligne » (à la RATP, le responsable de ligne est en quelque sorte un manager pour les conducteurs de bus). Pourtant le syndicaliste affirme, capture d’écran à l’appui, qu’il n’a proféré aucune insulte et n’a cité aucun nom dans le message que la direction lui reproche d’avoir envoyé.

Devant ses soutiens, il explique : « Je suis convoqué pour un message WhatsApp privé, dans lequel j’ai dénoncé le fait qu’un collègue s’est vu refusé un congé sans solde pour s’occuper de sa fille en rééducation suite à une chute du 1er étage ». Pour Yassine, c’est clair, il s’agit de répression syndicale. « Quand le patron s’attaque à un syndicaliste, le message qu’il veut envoyer c’est "fermez tous vos gueules ! " Mais s’ils comptaient m’intimider, c’est raté. Je ne m’arrêterai pas, jamais de la vie je ne baisserai la tête ».

Ahmed Berrahal, élu CSSCT et militant CGT RATP lui aussi réprimé par la direction, est là pour le soutenir. C’est lui qui l’assiste face à la direction lors du conseil disciplinaire. Lorsque la cinquantaine de soutiens envahit le bureau où devait se tenir l’entretien, il interpelle la direction : « On sait quelle est la stratégie de la RATP. Vous prenez des trucs bidons et vous en faites une histoire. Alors que quand j’ai alerté pour des cas de violences sexistes et sexuelles vous avez tourné la tête ! »

Des soutiens de plusieurs dépôts de bus sont présents cet après-midi à Malakoff : Flandres, Charlesbourg, Fontenay-aux-Roses, Montrouge, Croix-Nivert, Asnières-sur-Seine, Pleyel, Saint-Denis, Aubervilliers, Belliard, Pavillons-sous-Bois, Nanterre, Ivry-sur-Seine, Thiais et d’autres. Pendant la grève contre la réforme des retraites, Patrick Moussin, militant CGT au dépôt de Vitry-sur-Seine, avait lui aussi été convoqué pour un entretien disciplinaire. Avec Alexandre El Gamal, autre figure de la grève contre la réforme des retraites réprimée par la RATP, ou encore Hani Labidi, secrétaire général du syndicat FO RATP RDS, ils ont fait le déplacement pour soutenir Yassine. Face au Responsable d’Exploitation et à la Responsable des Ressources Humaines, il retourne l’accusation, et dénonce : « la violence des attaques contre les travailleurs de la RATP avec la privatisation ».

Clément, syndicaliste SudRail et cheminot au technicentre SNCF voisin à Châtillon, raconte comment il a fait la rencontre de Yassine et tissé des liens avec de nombreux agents RATP : « En 2019 on était ensemble, on a fait 2 mois de grève ensemble contre la réforme des retraites. Je sais que dernièrement il y a eu beaucoup d’attaques contre les militants syndicaux de la RATP, contre Alexandre El Gamal, Ahmed Berrahal, Hani Labidi… Nous on a toujours été là pour les défendre ». Venu avec des collègues de la SNCF dont Agathe, déléguée CGT Cheminots, le jeune militant plaide pour l’unité des travailleurs la plus large possible face à la répression, peu importe l’entreprise ou l’étiquette syndicale : « Il faut qu’on montre que la solidarité ouvrière n’a pas de frontière. On revendique zéro sanction pour Yassine, et s’ils attaquent, on n’hésitera pas à mobiliser notre Technicentre. Car Yassine c’est notre camarade ! »

Enfin, soutien de poids, Anasse Kazib est présent pour soutenir Yassine. Le cheminot est le seul candidat à la présidentielle à avoir fait le déplacement. Il dénonce : « La direction de la RATP convoque un militant syndical pour un message privé sur WhatsApp. Mais en réalité, c’est le militant combatif qui a fait 65 jours de grève reconductible qu’elle cherche à attaquer. Elle aimerait aussi commencer à couper des têtes avant la grève du 25 mars prochain [contre la privatisation et pour les salaires, ndlr]. Mais il n’y a qu’une seule chose que les patrons comprennent, c’est le rapport de force ! »

Pour mettre la pression et exiger zéro sanction contre Yassine, de nombreux collègues se sont mis en grève 59 minutes ce mardi. Malgré le peu de temps pour préparer l’échéance (Yassine a reçu la convocation une semaine avant l’entretien), l’appel a été bien suivi. Une manière de désorganiser le service et d’envoyer un message clair alors que la direction a maintenant un mois pour rendre sa décision : les agents ne se laisseront pas faire, attaquer un militant syndical c’est attaquer tout le dépôt de bus de Malakoff !



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