^

Politique

Justice pour Zineb Redouane

Zineb Redouane. Contre l’évidence, Castaner dément à nouveau la responsabilité de la police

Sur le plateau de BFM, Christophe Castaner dédouane les forces de police d'avoir tué Zineb Redouane. Selon lui, elle serait décédée d'un choc opératoire, démentant la responsabilité du tir de la grenade lacrymogène, alors même qu'il s'agit du résultat de la dernière autopsie.

jeudi 29 août

"Qu’on accuse pas la police d’avoir tué quelqu’un. [...] Ça n’est pas le cas" déclare le chef des forces de répression, Christophe Castaner au micro de BFMTV ce mercredi pour répondre à la question de Bourdin. Sans attendre les conclusions de l’enquête, il affirme que la police n’est pas responsable dans la mort de Zineb Redouane, cette femme qui fut visée par un tir policier à Marseille alors qu’elle était à sa fenêtre.

« L’enquête indique qu’elle meurt d’un choc opératoire, […] Je ne dis pas que c’est pas grave. C’est grave. Elle est morte. Mais qu’on n’accuse pas la police d’avoir tué quelqu’un, d’avoir assassiné quelqu’un. Ça n’est pas le cas ».

Castaner reprend ici les propos du procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, que ce dernier avait prononcé immédiatement après les faits, s’appuyant sur les conclusions de la première autopsie, qui avait été réalisée à Marseille et qui entretenait volontairement un flou sur les causes de la mort de Zineb, mettant en avant ses antécédents médicaux. Mais depuis, une seconde autopsie a été réalisée à Alger, publiée par Le Média, qui attribue « de façon certaine la mort de Mme Redouane au traumatisme crânien qu’elle a subi. Donc au tir policier ».

Étouffer l’affaire au plus vite

Les résultats de cette autopsie viennent contredire les déclarations de Xavier Tarabeux, ainsi que celles de Christophe Castaner qui, depuis la mort de Zineb s’efforce de dédouaner les forces de répression de la mort de cette femme octogénaire : Castaner avait déjà nié sa mort le 19 mars sur France Inter "Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux.". Encore aujourd’hui, ces propos sur le plateau de Bourdin sont une manoeuvre de plus pour sauver l’image d’un État et d’une police déjà bien écornée. Le masque est tombé depuis longtemps, celui qui voulait faire croire que la police était « garante de l’ordre » et l’État « neutre » : après des mois de mobilisation, où sur les réseaux sociaux se multipliaient les images de blessés et mutilés, les Gilets Jaunes le rappelaient bien en chantant chaque samedi « La police fait son travail, ça crève les yeux ». Pour criminaliser les Gilets Jaunes, l’État n’a pas hésité, comme ce mercredi matin avec Castaner, à lancer des fake news, comme pour l’affaire Pitié-Salpêtrière, ou encore les conclusions verrouillées autour de l’enquête sur la disparition et la mort de Steve.

Mais les éléments révélés aux yeux de tout le monde avec la dernière autopsie, la version officielle concernant la mort de Zineb est écornée. Aujourd’hui, l’information judiciaire sur sa mort a été dépaysée, entre les mains d’un juge lyonnais, et est toujours en cours. Sur le plateau de BFM, Castaner ajoute, après avoir dédouané la police de la mort de Zineb, qu’il va falloir « revoir [leur] façon de faire », tout en attendant l’issue de l’enquête. Des propos insultants pour Zineb et ses proches, ainsi que tous ceux qui ont été mutilés pendant le mouvement des Gilets Jaunes, comme quand Macron affirme qu’il n’y a eu aucune « violence irréparable », et que « le pire a été évité par le professionnalisme des forces de l’ordre ». Un professionnalisme qui pourtant mutile, éborgne et tue, anecdotique et apparemment « réparable » pour le chef du gouvernement.




Mots-clés

Zineb Redouane    /    Christophe Castaner   /    Violences policières   /    Politique