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Politique

On oublie pas, on pardonne pas

Zineb, tuée par la police il y a un an : manifestons pour réclamer justice et vérité !

Le 1er décembre 2018, Zineb Redouane reçoit une grenade lacrymogène en plein visage alors qu'elle fermait les volets de son appartement, situé au 4èeme étage. Sous son balcon, passait la manifestation pour le logement digne, en soutien aux victimes de la rue d'Aubagne. Elle meurt 24h plus tard, à l’hôpital.

lundi 25 novembre

Crédit photo : Martin Noda / Photothèque Rouge

Alors que le triste anniversaire de sa mort approche, les rues de Marseille qui depuis un an sont recouvertes d’hommages à Zineb, devenue symbole de la répression policière, la marche en son honneur se prépare. Le samedi 30 novembre, les gilets jaunes de Marseille ont lancé un appel national en hommage à Zineb (Appel national pour Zineb 1 an après Marseille Acte 55).

La mort de Zineb s’inscrit dans un contexte d’impunité policière ahurissante. Aucune justice n’a été obtenue pour Zineb, Castaner à nié à plusieurs reprises la responsabilité de la police. Il déclarait pour tenter de légitimer une police qui mutile et tue « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux ». Plusieurs faits prouvent le contraire, comme nous l’avons dénoncé à maintes reprises. Lorsque Zineb a été touchée par la grenade, elle était au téléphone avec sa fille Milfet et criait, désemparée : « Il m’a visée ! » En effet, le témoignage bouleversant de sa fille rend compte de la violence de l’acte des policiers.

6 mois après sa mort, Le Média révèle une autopsie qui démontre la cause de sa mort : le coup de grenade lacrymogène. Contrairement à la première autopsie réalisée par le service de médecine légale de la Timone à Marseille – qui entretenait un flou volontaire autour des causes de la mort de Zineb en mettant en avant ses antécédents médicaux – cette deuxième autopsie est concluante. Cette version, qui va à l’encontre de la version officielle et des déclarations de Castaner, vient reconfirmer la responsabilité de la police dans la mort de Zineb.

Le comité Vérité et justice pour Zineb, animé notamment par sa fille Milfet, se bat depuis un an pour obtenir vérité. Milfet avait également exprimé son soutien à la famille Adama par ces mots poignants : « Nous sommes tous Adama, nous sommes tous Zineb Redouane, parce qu’une injustice faite à un seul d’entre nous est une menace faite à tous... et un crime qui reste impuni est une permission pour d’autres crimes ».

Depuis le 1er décembre 2018, l’impunité de la police n’a pas faibli. Pire encore, on félicite les policiers, et en Juin dernier, le chef des CRS qui ont tiré sur Zineb Redouane est médaillé par le ministre de l’Intérieur. Les policiers eux, continuent de mutiler. Encore samedi dernier, un gilet jaune, Manu, a perdu un œil. Pour Adama, Steve, et Zineb, pour une liste malheureusement trop longue, le combat continue, contre une police qui mutile et une justice qui ferme les yeux. Un appel à témoignage a d’ailleurs été lancé par Médiapart afin d’avancer dans l’enquête.

Samedi 30, faisons de la mobilisation des gilets jaunes un hommage à Zineb, et à toutes les victimes des violences de la police. Car il n’est plus possible que la police mutile, tue et éborgne sans cesse et sans justice. Comme le scandent les gilets jaunes tous les samedis : La police fait son travail, « ça crève les yeux ! »




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