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Politique

« Filmer la police, nous diffuserons » un compte twitter belge propose de contourner la loi « sécurité globale »

Ce mercredi 4 novembre a commencé l’examen en procédure accélérée de la loi “sécurité globale” par l’Assemblé Nationale. Une proposition présentée par des députés macronistes, visant à interdire la diffusion d'images de violences policières et restreindre le droit de manifester. Face à l’offensive, des solutions alternatives émergent sur les réseaux sociaux.

samedi 7 novembre

Une proposition de loi pro-police et liberticide

La loi relative à la sécurité globale agite depuis plusieurs jours les journaux, politiques et débats. Au cœur de l’actualité politique, la proposition est en effet très inquiétante quant au futur de nos droits et libertés. C’est dans un contexte ultra sécuritaire que sont en ce moment votées des propositions visant à interdire la captation et diffusion d’images des forces de police mais aussi l’autorisation systématique de la surveillance par drone et la reconnaissance faciale des manifestants.

Une loi manifestement pro-police, qui la protégera de la dernière preuve possible, l’image. C’est un changement de modèle important, l’information jusqu’alors arsenal des citoyens est mise aux mains des forces de répression dont on peut d’ores et déjà imaginer l’utilisation et l’interprétation qui en sera faite. Si aujourd’hui de nombreuses voix s’élèvent dans le monde la justice et dans les ONG, le gouvernement et la majorité de l’assemblée semblent n’avoir cure de nos droits les plus fondamentaux au regard d’un contexte d’attentats terroristes parfaitement instrumentalisés et récupérés par le discours réactionnaire. 

 La défenseur des droits, Claire Hédon s’est elle aussi positionnée comme « particulièrement préoccupée » quant au caractère dangereux d’une telle loi sur un régime démocratique, d’une telle mesure qui fait peser des « risques considérables sur la liberté d’informer et le droit à la vie à privée  ».

Quelles alternatives pour les manifestants ? Quelles alternatives pour les victimes de violence policières ? Quelles solutions pour les prochaines familles de victime ? Les prochains Adama ? A l’inverse, les prochains Benalla ? 

Gerald Darmanin l’avait annoncé : « J’avais fait une promesse, celle de ne plus pouvoir diffuser l’image des policiers et des gendarmes sur les réseaux sociaux. Cette promesse sera tenue, puisque la loi prévoit l’interdiction de la diffusion de ces images  ». L’interprétation de la loi est donc sans équivoque lorsque la députée à l’origine de la loin Alice Thourot esquisse des excuses de situations particulières « il ne s’agit pas d’empêcher les journalistes de faire leur travail, de prendre des images. Ce sont des cas très particuliers que l’on vise.  » Des cas particuliers qui concerneraient donc tous les policiers dans l’exercice de leurs fonctions. Au-delà d’un paradoxe pour une police qui se dit irréprochable et qui devrait par conséquent, ne pas s’effrayer de la captation d’image si celles-ci ne reflétaient que des forces de l’ordre exemplaires ; il semblerait que bientôt plus aucune preuve ne sera possible pour discuter de la question.

Une offensive anti-démocratique historique que plus de 600.000 personnes ont choisi de dénoncer en signant la pétition pour le “Refus de la loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières”.

Le droit à l’information continuera de s’exercer, solidarité sur les réseaux sociaux.

Un compte twitter belge, LeurVraiVisage, propose une solution alternative à l’interdiction de la diffusion des images. Sous l’annonce “Filmez la police, nous diffuserons”, ils se décrivent : “Un compte belge pour afficher la police française. Pour dénoncer et contourner la loi interdisant de diffuser l’action des policiers. DM Ouverts”.

La solution, bien que de dernier recours, démontre bien que face à une législation dangereuse quant à la liberté d’information, des alternatives naissent déjà face à une telle répression. Si la loi française interdit la diffusion d’image en France, nos voisins belges sont prêts à s’en charger, c’est donc sous couvert d’anonymat et ainsi de poursuites pénales que tout à chacun pourra partager ses vidéos qui seront alors diffusées de l’autre côté de la frontière et, malgré un régime de plus en plus autoritaire, toujours visibles en France. 

Il en vient donc de la solidarité de chacun dans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, de s’unir pour dénoncer cette offensive antidémocratique et nous organiser contre la répression en marche. 




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